Effeuille mes rêves

02 janvier, matin

J’me tâte à travailler aujourd’hui.

Après tout, c’est le dernier jour des vacances ! Je risque de pas avoir le moral si je reviens à l’école avec la tête déjà prête à exploser, c’pas bon ça.
Bah. Et puis je suis plus à un jour près ! Allez, je me laisse aller à faire ce que j’ai envie ! J’ai… oh, j’ai ce stupide tableau de truc qui me fait de l’oeil, quand même. Bon. J’y accorderai peut-être quelques minutes d’attention cet après-midi. Peut-être.

Je rentre ce soir au Terrier. Il faudra que j’y passe le balai, et que je fasse les courses demain.
Ma journée de cours sera pas trop mal d’ailleurs, demain. J’ai bien regardé mon emploi du temps, et je sais que ces trois premiers mois ont été de la rigolade comparé à ce qui m’attend à partir de maintenant ! J’ose espérer que les choses se passeront mieux que l’année dernière ; déjà, je n’ai plus cette angoisse dévorante qui me tient au corps quand je vais en cours. Je suis parfois inquiète, mais je ne suis plus consumée par la peur, c’est un bon point !
Alors on verra pour le reste.

Bon, et je me suis aperçue que deux des cadeaux de Noël que j’avais commandés sur Internet ne sont toujours pas arrivés.
Comment j’ai fait pour ne pas m’en rendre compte avant ?
Je suis mal à l’aise, du coup. Je suis censée faire quoi ? Engueuler l’expéditeur ou la Poste ? Dans les deux cas, je sais absolument pas comment m’y prendre ! "Bonjour, ça fait trois semaines que j’attends mes paquets et je me réveille aujourd’hui en tiltant qu’ils ne sont toujours pas arrivés ! Alors… euh… je suis pas contente !".

Pas très convaincant.

Il faut aussi que j’envoie une carte de voeux à mon grand-père paternel, celui que Sonny et moi avons en commun.
L’ambiance dans la famille est bizarre, parce qu’il est toujours (inutilement) fâché contre elle. La pauvre ; quoi qu’elle fasse, il la rabroue… J’ai essayé de le raisonner mais il est trop têtu.
Et ça fait plusieurs semaines qu’il ne répond aux appels de personne. Il part souvent en voyage, alors je ne me suis pas inquiétée, mais Sonny elle dit qu’en fait il est arrivé à l’âge où les cartes de voeux commencent à le gonfler ; et vu que dans la famille, les "mâles" (comme elle dit) ont des réactions très… catégoriques, ben il ne se prend pas la tête donc il en envoie plus.

Bon, voilà. J’écris sans m’arrêter pour oublier ma peur, en fait. Pas la peur qui gronde dans les entrailles au point de donner la nausée, mais celle plus sournoise qui se glisse dans ma tête pour me chuchoter des choses pas très gentilles.
Faut que j’apprenne à l’envoyer paître. Vite. Et que je me garde bien occupée.