Effeuille mes rêves

Mal au ventre

Je vais rentrer au studio, maintenant.

C’est largement plus tôt que prévu, mais je tiens plus en place. J’arrête pas de me lever, de faire n’importe quoi, j’arrive pas à me concentrer. Peut-être - si j’ai de la chance et un cerveau un minimum intelligent - que le trajet me fera faire un break suffisant pour me pousser à m’y remettre ensuite ?

J’en doute, cependant. Je dois être vraiment débile, en fait, pour ne pas être capable du strict minimum.

Plus simplement : je me dégoûte.
C’est pas très compliqué, ce que j’ai à faire… Un peu dense, oui, mais c’est très largement faisable, je l’ai déjà dit ! ! Alors pourquoi j’y arrive pas, p.tain ? ? Qu’est-ce qui cloche chez moi ? !

J’en ai marre de me sentir toujours inférieure aux autres.
Mais dans ces cas-là, franchement, qu’est-ce que je suis censée penser d’autre ? ? Je n’arrive à rien ! Je ferais peut-être mieux de tout lâcher maintenant, ça soulagera tout le monde.
C’est tellement injuste. Je me casse la tête à faire tout bien comme il faut, mais je n’ai pas les capacités pour aller jusqu’au bout ! Pas les capacités pour réussir ! ! Voilà, c’est dit ; et en effet je crois que c’est ça. Quelque part en moi, y’a un bout de chromosome où y’a écrit "Non, non, non, Aloha. Ça sert à rien de te battre, de faire ces putains d’efforts, et de sacrifier ta vie à étudier, puisque de toute façon tu n’arriveras jamais à rien. Tu es trop nulle, tu es programmée pour ça. Voici ce que tu es : UNE LARVE. Une larve rampante qui est dégoûtante ne serait-ce qu’à regarder, et qui n’est vouée qu’à être un parasite se plaignant tout le temps".

Bon sang, je me déteste tellement…

La peur me tord le ventre.
J’ai l’impression que tout ce que je me tue à bâtir s’écroule - et rien de ce que je ferai pour éviter ça ne fonctionnera.

Je sens que je vais attraper les ciseaux, ce soir.
Je pensais qu’ils ne verraient plus jamais mon avant-bras, mais là j’en peux plus, je vais exploser. Exploser d’être aussi conne d’avoir eu la stupidité d’avoir cru en moi.