Effeuille mes rêves

Les démons de ma vie

La dernière fois, j’ai finalement séché le cours de l’aprèm. Le matin s’était trop mal passé (intérieurement, je veux dire, rien ni personne ne m’a contrariée, c’était… un problème de dans ma tête) et je me sentais incapable d’assumer le reste de la journée.
Je suis rentrée chez mon père en pleurs.

Nouvel arrêt du médecin pendant les trois jours qui restaient et on s’est fait un petit voyage pour tenter de chasser mes démons intérieurs.
Ça n’a pas marché. Je ne vais pas mieux, mais ce n’est pas pire non plus. Dès demain, j’essaie de reprendre une vie "normale" et je vais en cours tout le temps. Je dois juste me prendre un peu moins la tête parce que dès que je réfléchis trop, j’explose, et je deviens incontrôlable et inapte à me rendre en cours.

Courage, Aloha, courage.

J’ai l’impression d’être comme dans un nuage de brouillard noir. De temps en temps, y’a un démon - une pensée noire - qui m’attaque et j’essaie tant bien que mal de la repousser ; mais je n’arrive pas à conjuguer ma vie d’étudiante à cette lutte perpétuelle pour ma santé mentale.

Remettre de l’ordre là où le chaos a détruit des pans entiers de mon existence est un combat que je me dois de mener déjà épuisée. Mais il faut le faire ! J’ose espérer que bientôt, des fleurs pousseront sur le champ de bataille où j’ai tant perdu déjà.
J’ose espérer que je vais guérir vite. J’ose encore espérer, oui… à chaque fois cela m’a fait mal, d’espérer, mais je continue encore et encore à le faire, à me relever.

Tomber neuf fois et se relever dix, hein ? C’est ça, l’adage. Ben je vais faire ce que je peux.

J’ai la tête aussi cuite qu’une cocotte-minute prête à exploser. Mes yeux se ferment tout seuls alors que je dois commencer mes révisions. Mais je me bats, je me bats, je me bats.
Ma tête va exploser tellement ça me fait mal de penser. Je suppose que c’est un des effets secondaires des cachets contre la maladie. Mais bon, cool, respire un grand coup ma fille, tu peux le faire !

Je ne vais sûrement pas travailler plus d’une heure, mais au moins j’aurais fait quelque chose. Et c’est le plus important.
Malgré toute la merde qui me tombe dessus, je n’abandonne pas mes études. Je m’accroche à mes lectures. J’écris pour évacuer la douleur. Je survis et prends mon mal en patience jusqu’au jour où j’arriverai enfin à crier : "Je VIS ! Je suis vivante !".