Effeuille mes rêves

Réveil infernal

Des pensées tournent et retournent dans ma tête.
C’est un véritable enfer permanent.
Je ne peux rien faire, et je n’ai envie de rien. Je hais les dimanches, j’en ai déjà parlé. Mais celui-ci est particulièrement agaçant.

J’vais commencer par raconter mon drôle de rêve, peut-être à cause de qui tout a commencé.
Voilà donc au début j’étais avec tout un tas de gens, uniquement des gens de diverses classes que j’ai connus au cours de mon parcours scolaire. Nous étions pourchassés par des monstres que nous ne voyions pas. Ce genre de rêve est classique, chez moi, et une fois de plus c’est moi qui dirigeais le groupe pour les sauver de tous les dangers environnants. Rêve intéressant, mais c’est la routine, en fait.
Je mets donc en place une série de stratagèmes inventifs pour fuir avec tout le monde, avec quand même l’objectif numéro un de sauver mon frère coûte que coûte, avant les autres si la situation l’exigeait, car il était présent lui aussi.
...
La scène suivante, je suis seule avec mon frère. La chasse est devenue individuelle, un chasseur pour un chassé. Chacun pour sa pomme. J’ai un peu d’avance sur mon propre chasseur alors j’élabore dans ma tête une idée de plan et j’emmène mon frère chez nos grands-parents.
Ils sont à table en train de manger. Je leur demande de rajouter trois couverts et ils le font, pile avant que le chasseur arrive. Là, je prends un accent corse/marseillais et je me mets à dire n’importe quoi (genre : ô petit, tu déranges pendant le souper, s’pèce de fada ! c’est pas poli, tu sais). Je lui fais croire que mes grands-parents sont de la mafia corse et ceux-ci comprennent mon manège et entrent dans mon jeu (ils disent n’importe quoi à leur tour, parlant de météo, de The Artist, de politique, d’oiseaux et de choucroute, toujours avec ce mix d’accents caricaturés).
Le but est de ne pas laisser le tueur parler ou dégainer son arme : on le fait asseoir à table et mon grand-père le distrait tandis que ma grand-mère et moi on va discrètement dans la cuisine chercher un truc pour se défendre. Je lui demande si elle n’a pas de quoi fabriquer une mini bombe, elle me regarde avec un air de "nanmého et puis quoi encore !" et sort un outil de bricolage (une grosse pince) que je prends, puisqu’il n’y a que ça.
Je l’offre au chasseur et lui fais croire que c’est une preuve de grande estime envers un guerrier, et un immeeeeense honneur pour lui de le recevoir.
Puis tout en continuant de le baratiner en "corsaillais", ma grand-mère lui sort : "Ô, je te propose une trêve, tê. Cette partie de la maison (la salle à manger) est neutre, et tout le reste est privé, à la famille. TU NE VOUDRAIS PAS TE METTRE TOUTE LA CORSE A DOS, HEIN ? Bien".
Il accepte. Je m’éclipse dans la salle de bain pendant qu’ils finissent le repas, tranquille. Je veux en fait me brosser les dents parce que d’autres traqués viennent se réfugiés dans la partie dite maintenant privée de la maison, je sais que Jareth va arriver et je veux être propre pour lui (je ne suis pas particulièrement fière de cette partie du rêve).
Au final, je me réveille avant de le voir. Et puis voilà.

Après ce rêve disons-le un peu débile, y’a des tas et des tas de pensées qui se sont mises à fourmiller dans ma tête.
Si bien qu’à 6h du mat', je n’ai pas pu retrouver le sommeil.
J’ai tourné en rond dans ma chambre pendant deux heures avant de descendre au salon pour voir autre chose que les quatre murs qui étaient en train de me rendre folle. J’ai bouquiné un peu quand mon père est sorti de sa chambre et descendu à son tour, et là j’ai encore la tête pleine de pensées tournoyantes qui fourmillent et grésillent dans mon crâne. J’ai l’impression que je vais exploser.

J’ai essayé d’en coucher la plupart sur papier, mais elles sont assez insaisissables.
Mais bon, au moins, je tiens une piste à développer avec ma psychologue pour la fois prochaine. Je l’appelle dès demain pour fixer un rendez-vous au plus vite.
En espérant que ces putains de pensées qui écrasent ma personnalité décarrent une bonne fois pour toutes. Est-ce là le premier pas de ma guérison ?