Effeuille mes rêves

Décidément : non

Je ne m’en sortirai jamais.

Je suis à bout… ça peut sembler anodin à lire, comme ça, vu que je le répète au moins une fois par semaine ; mais il n’y a pas de mots pour décrire à quel point je suis au fond du trou.
Pour deux bons jours en début de semaine, j’ai passé les trois suivants à n’aspirer qu’à une seule chose : que tout s’éteigne autour de moi, et qu’on me puisse me laisser mourir en paix.

À chaque fois que j’écris que je suis à bout, je traduis ce que je ressens pendant l’instant présent, bien sûr, mais en plus je me ramasse les charges de détresse de toutes les autres fois où j’ai tapé ces mots sur mon ordi...
J’ai l’impression de les avoir inscrits ici 999 fois. Maintenant, ça fait donc la 1000ème. Youpi. J’ai gagné un prix ; laissez-moi crever.

J’en peux plus, vraiment. J’ai encore séché. Quelques personnes se soucient de moi, à l’école, et ça me touche profondément, mais je ne peux pas m’empêcher de leur cacher à quel point je vais mal.
Ils pensent que je suis juste fatiguée. Ce qui n’est pas faux : je suis au bout du rouleau. Mais il n’y a pas que ça, il y a le monstre noir dans ma tête qui dévore tout ce qu’il reste de moi… Et je ne peux rien faire contre lui, personne ne peut.
J’arrête pas de pleurer depuis midi. Et quand je n’ai plus de force pour pleurer, je gémis. De douleur. De douleur mentale...
Je sais que celui ou celle qui n’a jamais vécu ce dont je parle ne peut pas comprendre.
Et je me rends compte que peu de gens de mon âge l’ont vécu… c’est pour ça qu’aujourd’hui, je peux être sûre presque à 100% que personne ne me reconnaîtra ici. J’ai voulu effacer mes écrits, tout à l’heure, comme d’habitude ; mais je ne l’ai pas fait. Ça ne m’a pas semblé en valoir la peine.

Je me suis sentie si humilée ce matin, pendant le cours…

Je crois que je n’irai pas au prochain. Trop d’émotion refoulée, qu’il est facile de cacher par un sourire et des mimiques joyeuses sur le coup, mais ensuite...
Je me suis griffée, et si j’avais encore la force de bouger je le referai encore et encore et encore. Je ne mérite pas de vivre. Je ne suis qu’une grosse masse de nullité gélatineuse, et je suis si fatiguée, si fatiguée de faire semblant de m’accrocher…

J’ai commencé à prier depuis quelques temps.
C’était honnêtement mon dernier espoir. Je peux en parler, maintenant, puisque de toute façon j’ai bien vu que rien ne se passait. Mon dernier espoir s’est éteint, il est mort avec ces mots lancés dans les airs que personne n’a entendu.

Mes cris d’appel à l’aide que personne n’entendra jamais.

J’aurais tellement aimé qu’il y ait un Dieu pour me sauver… mais faut que je me rende à l’évidence : s’il avait voulu m’aider, s’il était vraiment un Dieu d’amour et qu’il faisait attention à ses sujets, il aurait fait quelque chose pour me donner le courage de continuer à avancer.
Là je n’ai rien mis à part cette mascarade creuse, vide de sens. Ma vie. Si on peut oser appeller ça ainsi. Je vais aller me coucher dans mon lit, et attendre les ténèbres. Ça ne sera sûrement que le sommeil - ou un demi-sommeil - mais c’est mieux que ce géant de désespoir qui tue mes pensées en ce moment.

J’en peux plus… Pitié…