Effeuille mes rêves

Le Mal

J’ai envie d’écrire, là =)

J’aimerais bien être capable d’écrire des trucs autres que des phrases mal tournées criant que je suis au fond du trou, mais c’est pas possible pour le moment.
Au moins, j’écris. C’est déjà pas mal.

J’ai très peur. J’ai rendez-vous ce soir avec le psychiatre et je ne sais pas ce qui va se passer. Je ne me sens toujours pas de retourner en cours… physiquement, je peux pas. Je sais que si je retourne dans mon studio - en émettant l’hypothèse que je survive au trajet en voiture - je ne me lèverai pas le matin.
Je n’en serai pas capable. Je n’ai plus force ni goût à rien ; donc je me contenterai d’attendre immobile que le temps passe et je jonglerai entre deux sommeils troublés.

Et franchement, c’est pas comme ça que je m’imagine guérir.

Donc je préfèrerais rester chez mes parents.
Ici non plus je n’ai plus beaucoup de forces. Ici aussi je fais des cauchemars et j’ai des attaques d’angoisses diurnes et nocturnes qui surviennent sans que je ne sache pourquoi.
Mais au moins, ici j’ai encore de l’espoir.

Parce que quand je vois ma mère, j’ai envie de me battre. De continuer à être forte pour elle.
Parce que j’aime ma famille et que je ne veux pas que le poids de ma fin leur pèse dessus. Alors je sais que je dois continuer.

Mais pendant les cours, ça me sera impossible.

Moi qui ai toujours été obsédée par mes études, je ne me présenterai pas à l’examen de lundi.
J’ai été une loque toute la semaine. Je n’ai pas révisé. Je vais essayer de bosser pour celui d’après, mais je ne promets rien car il est vraiment très difficile et même si je le révise plus ou moins depuis le début, j’ai eu tellement de rechute entre temps que tous mes efforts ultérieurs me paraissent inutiles.
En leur nom, cependant, j’essaierai de ne pas tout gâcher. De travailler le minimum, et au pire d’assumer de me planter.

J’arrive pas à formuler à quel point je me sens vide.
Vide de force, d’énergie, de personnalité, d’envies… Vide d’humanité.
Mon père essaie de comprendre, de m’aider, mais il a beaucoup de mal. Il essaie de me secouer, et ça me fait me recroqueviller encore plus sur moi-même, me fait encore plus mal ; mais il essaie de faire quelque chose pour m’aider, alors je ne lui en veux pas.

Je vois le psychiatre ce soir.
J’ai peur.

Je me répète que tout va bien se passer. Je vais essayer de travailler un peu cet après-midi. Je vais essayer de garder les yeux ouverts parce que les attaques d’angoisses m’empêchent de profiter du sommeil. Je vais essayer de vivre une journée de plus.

Toujours dans la peur.