Effeuille mes rêves

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novembre 2015

De la pâte à modeler

Bien sûr, il ne s'est rien passé d'extraordinaire. Enfin pas d'extraordinaire surnaturel. Pas d'illumination existentielle. Pas de visions sur le secret du bonheur, de trucs comme ça, de l'amour de la vie de la mort des cacahuètes etc etc. Pas de découverte bouleversante. Pas de rencontre inattendue. J'ai fait six heures de train pour traîner une trentaine d'heures avec une bonne amie qui vit loin. Parce qu'une occasion s'est présentée. Les billets de train étaient à un prix idéal. J'y suis allée. Même si j'ai dû racler le fond de mon compte en banque pour ça. Même si je (...)

Personnalité anthropomorphique dans le désert

J'incarne la perplexité aujourd'hui. On pourrait en faire un portrait anthropomorphique : la Perplexité. Grands yeux écarquillés mais vides. Bouche ronde mais qui ne sourit pas. Absence de toute énergie vitale. Je ne sais pas. Je ne comprends pas. Je suis à côté de la plaque. Mon front se ride à force de froncer automatiquement les sourcils. Mes lèvres s'affaissent car elles ont perdu toute mimique exprimant de la joie. Je ne comprends pas. J'accepte mon destin d'être la fille bizarre qui préfère ses bouquins à toute marque de sociabilité. Ça : je m'en accommode. Je m'isole. (...)

Fondue de neurones

Nous sommes 7 milliards 340 991 336 sur Terre actuellement. Si je contrôle et filtre tout ce que je confie à mon journal en ligne, je lui raconte quand même énormément de choses qui me tiennent à cœur. Ce qui suit en fait partie. Je ne sais pas si je vais réussir à le verbaliser explicitement, cela dit. Mais j'essaie. Une nouvelle fois. Ce que je tente de faire sortir aujourd'hui et de capturer dans ce journal est une pensée-sensation. Il s'agit d'une entité petite mais articulée qui est logée dans un creux de ma cervelle depuis longtemps. Elle se recroqueville quand des (...)

Comment j'ai manqué les années 2010

J'ai l'impression d'avoir raté un épisode. Je ne suis pas toujours fière de ce que j'écris ici. Mais j'essaie d'être la plus honnête possible. Seul ce qui trahit mon anonymat est travesti. J'ai commencé à ouvrir les yeux quand la mode des selfies est arrivée. [Digression légère :] Un détail que je n'ai encore - il me semble - jamais précisé est que je suis très premier degré. "J'aime l'humour" (entre guillemets parce que : qui n'aime pas ça... ?), c'est-à-dire que j'ai de l'humour. Un minimum. Même s'il est a - comme pour chacun - ses particularités. Cela signifie (...)

Cette chose innommable

C'est quoi ce son odorant ??? Si doux ? Venu d'un autre temps ? Est-ce du poison ??! Est-ce la fin qui vient tâter le terrain ? Mon terrain vague sur lequel plus rien ne poussait. Quels sont ces souvenirs au pelage soyeux ? Ces loirs lovés dans le creux de mon cou ? Heureux ? Ils ronronnent ! Ils me tiennent si chaud... Vais-je brûler sous le feu de leur caprice ardent ? Ils devraient partir. Mais est-ce ce que je veux vraiment ? On peut vivre, on peut accepter la douleur, quand ils s'en vont ? Ils n'étaient pas là hier. Ils n'étaient pas là les treize dernières années. On ne peut (...)

Valse

Je suppose que dans l'absolu, pour être heureux, il faut apprendre à vivre pour soi. Ne dépendre de personne. Avoir des gens autour de soi. Mais ne pas attendre quoi que ce soit de spécifique d'eux. Si on l'attend, c'est qu'ils ne le donnent pas spontanément. D'autres le feront. Si l'on ne ferme pas son cœur. Haha, oui, hier aussi j'ai pété un câble. Si on était dans un film, je me mettrais à danser en tournant et riant joyeusement. Pourvu que ça dure. Je danse très très mal. À tel point que le Comité de la Préservation du Minimum d'Estime de Soi (= ma conscience) (...)

Les armes sont vendues. À tous ceux qui veulent en acheter. Sans souci de l'usage qu'ils veulent en faire.

Je n'avais rien écrit ici sur Charlie Hebdo. J'avais préféré faire ces deuils en silence. Deuil de la liberté, deuil pour les innocents qui ont été tués et qui auraient pu être moi ou mes proches, deuil pour le bon-sens qu'une partie de l'humanité a perdu. Etc. Beaucoup de deuils à faire. Pour chacun. Pour certains encore plus, et c'est pourquoi je n'ai cessé de penser à eux. Dans le silence. Je ne dirais rien de plus que ce qui a été dit. Est-ce que mon indignation, ma peine, ou mon horreur va rendre les victimes à leurs famille et amis et arranger les choses ? Non. Alors (...)

Avertissement : je sors de ma séance de psy

Je les imagine rire. Eux. Le futur de l'humanité. Ceux qui suivront. Dans très très longtemps. Ceux qui n'auront connu la guerre et la misère que par ce qu'on leur aura transmis / raconté du passé. Ils riront car ils n'y croiront pas, à cette obsession pour la destruction. Notre obsession. Qui paraît génétique tant elle ronge tout un chacun. Ce sera irréel, pour eux. Le futur. "Mais non, nos ancêtres n'ont pas pu être aussi cons !". Ils voyaient. Ils réfléchissaient. Après tout, ce sont nos ancêtres. Nous naissons d'une part certaine d'eux. Si nous pouvons voir que (...)

Que fait un immortel pour tuer le temps ?

Il y a quand même une question qui me perturbe. Enfin... Plus que les autres. Toutes ces questions qui vont et viennent dans ma tête, font des nids, vivent leur vie. Sans payer le loyer. Mais j'ai besoin de retour. Des fois, je me dis que j'ai des pensées complètement idiotes. Que si je suis la seule dans mon entourage à me les poser, c'est qu'il doit y avoir une bonne raison. Une raison explicite. Qui ne s'accorde pas avec la notion de santé. Donc je vais tout poser ici, et éventuellement en discuter avec ma psy la prochaine fois. Parce que les amis... euh, non. Ce n'est pas la (...)

Rupture

Une passade qui a été très brève. Un essai. Pour me prouver à moi-même... des choses que je ne saurais toujours pas expliquer. J'sais pas trop pourquoi j'ai fait ça. Pour me positionner par rapport à qui je suis, peut-être ? Essayer de fuir cette solitude que je chérie beaucoup trop. À ce qu'il paraît. On a immédiatement rompu. Je crois que c'est pour le mieux. Il est temps de passer à autre chose. De redevenir moi. Cet été j'avais décidé de regarder des films français, pour ma culture. (Oui... Ce n'est que de ça dont je parle depuis le début. J'ai voulu me faire (...)

Reboostée

Je. Viens. De. Comprendre. Un. Truc. Cette vie que je dénigre. Que je qualifie d'inintéressante. MA vie. Celle vers laquelle je suis irrésistiblement attirée même sans le vouloir. Celle vers laquelle je me tourne quels que soient les évènements. J'ai dit qu'elle était vide. Mais - étrangement - je me suis rendue compte que je ne soufflais pas un instant. Quand je n'ai pas cours/IP (IP = Immersion Professionnelle), en semaine, je me lève tôt pour travailler. Le week-end, j'ai cessé de perdre mon temps en grasse matinée et je travaille. Tout a un sens. Je suis un chemin (...)