Effeuille mes rêves

26 jours plus tôt

Coucou, Future-Moi !

J’ai pris la décision de t’écrire une nouvelle lettre. Pour m’aider à prendre mon mal en patience.
Je vis mal ce laps de temps final avant la délivrance absolue. Je nécessite plusieurs béquilles supplémentaires ; que je bricole comme je peux car les solutions ne sont pas évidentes. Cette ultime ligne droite est très très pénible à passer, en fait.
Et le plus idiot de tout est ce sentiment de culpabilité : quand tu me reliras, j’ai peur que tu ne t’en (m’en) veuille de ce manque de positivité.

Parallèlement à ça, je me aussi suis dit que ça te ferait plaisir de te voir appelée comme ça. Future-Moi. C’est toi, cette fois ! Moi qui lis ces/ses lignes. On va voir ce que ça fait.

Et puis aussi comme ça j’aurai une idée claire quant à savoir si c’est pénible à lire après-coup ou pas.

Un rapide clin d’œil à notre collaboration : certaines nuits, quand quelque chose d’important m’est arrivé, je fais des cauchemars encore plus pointus. Panique absolue ; au lieu de tranquillité logique et méritée. "Il faut absolument que j’enregistre ce qui vient d’arriver ! Si jamais je perds la sauvegarde je n’aurais pas la force de tout refaire… COMMENT FAIT-ON DÉJÀ ?".
Et même en sachant que la vie ne fonctionne pas comme ça… Mon cœur ne se calme pas tout seul.
Pourtant, quand on y est - pareillement que dans le présent -, on ne peut pas revenir en arrière de volonté ou suite à un mauvais sort et tout devoir reconstruire.

Donc, oui, le futur existe !
Prouvé. À l’instant. Un instant qui dure à la fois quelques secondes et quelques jours ; DINGUE.
Il ne subsiste que dans un présent ressuscité, mais à terme il est là et quand c’est le cas il ne part plus. Et c’est le seul qu’on a. Il ne nous laisse finalement pas tomber, c’était vrai.

Mais il faut le préparer !

Alors je t’écris pour te préparer.

Je ne sais pas dans quel état te trouvera cet écrit. Actuellement, je suis épuisée. Vraiment épuisée… Je n’ai aucune idée de comment je vais tenir.
C’est pourquoi je me suis dit que cette expérience peut être intéressante.
Mais comment savoir ce que tu voudras connaître alors ? Mon moi de maintenant sera dépassé ! Tu ne seras normalement plus persécutée par ce stress qui gonfle en moi, comme un gros crapaud pervers aux sourcils froncés, aujourd’hui et ces derniers jours. Il sera peut-être encore là - la nature au galop, tout ça -, mais tu n’en as plus BESOIN ; ça c’est indéniable.

Quoi que. Il peut se passer tellement de choses en 26 jours !  !  !

Mais en même temps, il ne peut rien se passer. Ça peut couler tout seul. Va savoir.

Alors on va entraîner un petit peu cette intuition toute rouillée.

Des deux cas de figure, je penche plutôt pour la première option. Il va se passer d’autres trucs énormes (pas de quoi impacter toute ma vie mais suffisamment pour me bouleverser une fois que je serai en vacances). Mais ça, ce sont mes pensées qui le disent. Qui essaient de deviner.
La voix de l’instinct est d’ordinaire plus profonde. Et elle s’exprimer avec ses propres mots ; j’aurais eu des espèces de mots-clés qui seraient sortis seuls. Là, comme dans tout écrit, j’ai dû choisir chacun d’entre eux.

Donc la logique (qui est bien utile elle aussi) prédit la seconde option.

C’est facile, hein, de donner les deux réponses. Quelle importance de toute façon ? Je "suis" surtout là pour te rappeler tes rêves. Qu’il ne se soit RIEN produit de gigantesque ou que ton monde soit plus ou moins momentanément retourné, on s’est faites une promesse, souviens-toi.
On a beaucoup souffert pour en arriver là. Évidemment il y a pire. Il y a bien d’autres types de souffrance dans le monde. Mais - j’ai vérifié - on ne peut RIEN y faire.
Alors, de nous deux, il n’y a que toi qui peux profiter pleinement de tout ce qui te trouvera dans 26 jours. Sois forte, s’il te plaît ! Va au bout de ta conviction ! C’est vital.

Je t’en prie, pour moi qui suis encore coincée dans cet engrenage, ne te prends pas la tête. Ne te laisse pas TE rendre malheureuse.

Tu es libre. Ne renonce jamais à cette liberté ; pour mille et une raisons que je n’arriverais pas à écrire même si je le voulais nous savons toutes deux que cette notion n’est pas apparu récemment dans notre histoire de vie. Rappelle-toi tes prédictions d’enfant. Ton calvaire adolescent. Cette sensation d’être acculée dans un coin et de devoir se laisser brûler (de l’intérieur) par des bourreaux qui ne comprennent rien.

Moi je vais essayer de lutter de mon côté. Même si je n’en peux plus. Mais moi je suis toi. Toi tu es moi. Alors y faut que. Casse pas la tête !  !  !