Effeuille mes rêves

Ça

Suis dans un état de rage pas croyable.

J’en peux plus de cette situation. J’en peux plus de ne rien pouvoir expliquer à personne ! J’ai besoin de PARLER à quelqu’un.

Vraiment parler, je veux dire. D’avoir quelqu’un en chair et en os devant moi, quelqu’un qui pourrait me prendre dans ses bras pour que ça ailler mieux, et à qui je puisse tout tout tout balancer sans jamais me refréner comme je le fais actuellement.
"Ça" continue à me ronger. Malgré tous mes efforts. Je n’en peux plus. J’en tremble. Dès que le cours a été fini, je suis sortie presque en courant. Ça me tue. Réellement. Ça me tue.

Paradoxalement, je commence à en "parler" dans le sens où je préviens les gens. Les grandes lignes, même pas. Y’aurait TANT à dire. Comment ça m’a façonnée et ça continue à me ronger au quotidien. C’est une chose de le résumer ainsi, une autre - très différente - de le vivre.
Tous ces petits détails de la vie que je ne peux pas vivre comme tout le monde.

Je ne reproche rien à personne, personne ne peut imaginer ça d’emblée. De toute façon, je n’arrive pas à TOUT dire d’un coup. Je sais que les gens au bout d’un moment n’encaissent plus et décrochent. Ou minimisent.
Alors toujours, toujours, je fais attention à ce que je dis, à comment je le dis, etc. Mais même ceux à qui je me suis le plus confiée… ils ne comprennent pas. C’est dans ces moments que je le conçois - douloureusement.

Même les profs, le psychiatre, les psychologues… Je n’arrive pas à leur dire. Profs parce que je suis hantée par l’idée qu’ils ont d’autres choses à s’occuper (ne serait-ce que des autres élèves, je ne veux pas - comme Ivy le faisait - me mettre en avant par ce biais, malsain). Psys parce que je n’arrive physiquement pas à tout sortir d’un coup.
Il n’y a que des jours comme aujourd’hui où j’en serais capable. Mais. Mais forcément, je ne peux pas exiger une séance immédiatement. Et puis ce sont des professionnels… pas des gens de mon entourage. C’est à mon entourage que j’aimerais parler.

Ma mère comprend, je pense… Mais "ça" lui a déjà tellement gâché la vie que je refuse de rajouter quoi que ce soit. C’est juste devenu physique là aussi comme réaction.

Je vais m’isoler dès que passera la seconde qui officialisera mes vacances. Je ne veux plus voir personne, ça fait trop mal, j’ai déjà trop essayé de leur raconter.
Je ne sortirai qu’avec ma famille. Me forcer à voir du monde ne me fera aucun bien, je me connais maintenant.

Le pire, c’est cette formule de politesse : "ça va ?". La réponse est un NON tellement tonitruant que l’établissement s’effondrerait si je le lâchais.
Je suis incapable de dire "oui" pour la forme. Trop peu de force pour me cacher complètement. Alors je hausse les épaules. Mais les gens croient que si je continue à sourire, c’est que ce n’est pas si grave. Ils ne pourraient pas se tromper plus : je suis dans l’une des pires phases de ma maladie.