Effeuille mes rêves

À la croisée de toute façon

À la croisée des chemins.

Quand les anciennes habitudes se disputent avec les nouvelles :

Avoir peur de tout ? Cultiver de l’espoir ?

Les vieux schémas de pensée toxiques se confrontent aux nouvelles idées que j’essaie de greffer sur la mécanique de ma conscience.

Analysons cette phrase. Je pèse mes mots : j’essaie de greffer du vivant, de l’adaptatif, sur des rouages rouillés qui se sont trop emballés. D’un point de vue scientifique, déjà, on peut dire que ça pue.

J’essaie de changer.

Je dis que je suis guérie mais ce n’est que de la sémantique. J’ai atteint un stade où je suis capable de m’en persuader. Mais ça m’a pris des années entières. Des rechutes par dizaines. Et la tentation vicieuse de replonger une fois de plus se frotte à moi, de temps en temps.

Mon combat n’est pas fini. Mon quotidien est plus souple, cela dit.

Je la repousse. La tentation. Je guide mes émotions du mieux que je peux. Vers le meilleur possible du moment. C’est à force d’échouer encore et encore qu’on parvient à réussir. Le temps nous nargue dans ce cas-là.
Il faut le comprendre. Lui ne peut pas changer. Lui passe, sans rien retenir. Il a de quoi être jaloux. Et donc de vouloir nous miner.

Je me heurte beaucoup trop souvent à mes habitudes surannées et périmées.
Ça me perturbe.
J’ai peur de ne pas arriver à changer complètement. Je ne parle pas d’inverser carrément ma personnalité, mais d’être un minimum sûre de moi. Pour tenir droite sans trembler. Pour être bien dans mes baskets, même si la situation externe est difficile. Pas sûre de moi à 100%, je sais que ce n’est pas ma nature. Mais je vise un bon 74% plus ou moins stable.

Quelque chose de viable.

Mais j’ai peur. Ce qui fait que je bascule assez vite du mauvais côté de mes expériences passées.

Je sens mon cerveau qui hésite. Je pars pour le stage dans deux jours. Je ne sais pas ce qui m’attend là-bas. Rien de spectaculaire, sûrement. Rien d’inquiétant. Je le sais.
Et pourtant, il y a une grosse partie de moi qui continue de douter. Malgré toutes les épreuves qu’elle a su traverser, qu’elle VOIT qu’elle a traversé. Doute et hésitations sont toujours de la partie. Épuisant.

Le stress est là. Toujours. Or, il devait disparaître. C’était ma mission de l’été : apprendre à gérer mon stress.

Je ne peux pas dire que j’ai échoué, mais ça ne va pas assez vite. C’est vrai que je suis impatiente. Et que c’est un défaut.

Mais je vais donner un exemple pour mieux visualiser ce que je suis en train de décrire.

Je parle souvent en abstrait parce que je vis les mêmes émotions pour plusieurs situations de vie. Mais du coup, ça ne doit pas être évident à imaginer. Donc voici une preuve :

Je culpabilise souvent par rapport à mon frère.

J’adore mon frère. Comme si c’était mon jumeau. D’ailleurs, quand on était enfants, je disais à tout le monde qu’on était faux-jumeaux parce que je croyais que ça signifiait "frère et sœur qui se ressemblent et s’aiment très fort".

Et je fais plein de câlins aux membres proches de ma famille.
C’est comme ça, j’en ai besoin. Je ne passe pas non plus ma vie à ça, mais je dois reconnaître que je suis très câline (ce qui n’est pas forcément une bonne chose dans mon cas).
Sauf que mon frère, ce n’est pas son truc. Il a le droit bien sûr. Mais il y a une part de moi qui le voit encore comme l’enfant de cinq ans trop adorable que je dois protéger et que j’ai envie de serrer dans mes bras. Du coup, j’insiste encore plus - c’est juste plus fort que moi - et il s’énerve (à juste titre).
C’est vrai qu’on voit rarement des frères et des sœurs très tactiles. C’est directement mal interprété (Cathel m’avait fait une remarque une fois qui m’avait énormément blessée, dont je ne me suis toujours pas remise même si ce n’était qu’une blague pour elle). C’est moi qui dois avoir un problème. Je le sais alors j’essaie de me calmer. De le laisser tranquille. Mais c’est une mauvaise manie qui revient encore et encore.

Et du coup après : je culpabilise. Je me dis que je serai toujours seule tellement je suis chiante. Parce que je suis trop neuneu/cucul comme fille. Que je n’arrive pas à réfréner mes pulsions d’emmerdeuse. Que j’ai l’expérience sentimentale d’une enfant de six ans (en ce qui concerne TOUT je veux dire : ma famille, mes amis, les gens que je rencontre… on dirait vraiment que j’ai moins de dix ans quand on me voit parler à quelqu’un).

Donc bon, voilà. Grosse confession de la journée. Un écrit qui se place dans le top trois de ce qu’un jour je vais sûrement regretter d’avoir confié à Internet. Mais tant pis.
J’essaie de m’apprécier. Sincèrement. De faire avec ce que j’ai. C’est-à-dire moi. Mais j’ai renoncé à avoir une bonne image publique.

C’est trop galère de parler de ville, ville-stage, Ville… Je vais mettre des pseudos. J’aime choisir des pseudos. Autant qu’écrire dans ce journal.

Le village dont j’ai déjà parlé dans ce journal (l'Antroom) garde son nom.
Pour rappel : c’est un village perdu dans la campagne où le père de mon père possède une vieille maison, où ils vivaient tous il y a très longtemps. J’y ai passé la moitié de mes étés pendant toute mon enfance et une bonne partie de mon adolescence. Avec Sonny.
J’en garde des souvenirs sympas, mais pour la plupart ce sont des souvenirs terribles ; ma maladie se manifestait fortement pendant ces périodes et je l’ignorais, je pensais donc que c’était moi qui étais intrinsèquement mauvaise. En plus de l’adolescence - pénible par définition -, des problèmes qui se rajoutaient, des questions existentielles qui n’arrêtaient pas de pleuvoir, des trucs ridicules que je faisais spontanément et que je regrettais ensuite… Une bouillie infâme de remords.

La Ville, ma Ville, c’est-à-dire celle où sont installés mes parents toute l’année et où je reviens pendant les vacances s’appellera : Tortuga.

La classe.

La ville où je fais mes études, où je loge dans une chambre d’étudiant pendant la semaine quand il y a cours ou/et immersions professionnelles, est : Passamaquoddy.

Les villes où j’ai fait mes stages cet été pour le moment on s’en fout.

La ville où je pars dans deux jours, pour une durée de trois semaines, se nommera (et j’ai bien cherché pour ce pseudo-là, attention) : ToonVille.

Je me suis dit que ça allait me porter chance. Pour qu’il se passe des trucs drôles et inattendus ! Pour que je m’amuse et arrête de stresser pour rien.

Que des références significatives. Sauf pour l’Antroom. Je ne sais pas pourquoi, c’était sorti tout seul, comme ça. J’ai effacé la plupart des écrits la concernant de toute façon.