Effeuille mes rêves

Adapta-quoi ?

C’est quoi la vraie vie ? La réalité ?

Je me sens mais hyper mal aujourd’hui. Hier j’ai pas eu une minute à moi, mais j’ai pensé à ce que j’aimerais écrire maintenant que je suis revenue et je philosophais sur tous les "Comment écrire la joie ?" et ses variations… pis aujourd’hui BAM.

Je refuse de croire une seconde de plus ce que je croyais avant. Que j’étais "destinée" à souffrir, c’est-à-dire que dès que ça irait dans ma tête, dans ma vie, il faudrait un voire des mauvais évènement(s) pour contrebalancer le fait que je commençais à approcher le bonheur.
C’est ce qu’il se passe en ce moment. Mais je ne veux pas croire que c’est une fatalité. Un mauvais cycle, c’est tout. Et je suis bien déterminée à le briser.

Leeeeeeeee souci, c’est que je ne sais pas comment. Et que j’ai des problèmes de santé - OUAIS - et ça dure depuis des années et c’est seulement AUJOURD’HUI que j’en prends une p.tain de conscience !  !  !
Ce n’est pas que je niais auparavant. C’est juste que je ne voulais pas qu’on croit que je me plaignais pour un rien. Que je me cachais derrière trois symptômes gentillets. Ça me rappelle quelque chose, ce discours, tiens. Mais oui ! C’est exactement ce que Sonny me disait, plus ou moins directement. Ce qui est pire. C’était dit avec subtilité, donc c’est entré par la porte "inconscient", sans que je puisse filtrer, réfléchir, nuancer.

Je ne dis pas que c’est sa faute. Pas du tout. Elle y peut rien si j’ai un mental… comme ça. Mais elle ne m’a pas aidée. Elle n’avait pas à le faire, d’ailleurs, elle était aussi paumée que moi et il est normal qu’elle ait encore moins compris que moi qu’il y avait un truc qui clochait.
Ce n’est pas sa faute. Mais elle n’arrêtait pas de… d’appuyer là où ça faisait mal. Et quand ça faisait mal, et que je le disais, elle s’en fichait. Elle faisait semblant d’écouter ce que je lui disais, mais à ses yeux on aurait dit que je n’étais qu’une pleurnicheuse. Elle ne disait pas ça. Elle faisait seulement semblant d’écouter. Mais il y a eu des petits indices disséminés qui m’ont conduite à dire ça.

(Et pourtant je suis du genre à trouver mille et une excuses sur le moment et à ensuite, des semaines/mois/années plus tard, comprendre qu’en fait ce n’était pas moi qui avais tort).

Tout ça pour dire que mon corps me lâche aujourd’hui.

Voilà.

Je ne suis pas vraiment malade physiquement, mais j’ai eu des symptômes alarmants. J’ai dû quitter le cours pour aller chez le médecin.
Il m’a dit que je suis née très sensible/sensitive, et que c’est quelque qui va me suivre toute ma vie - comme la couleur de mes yeux. C’est comme ça. Et je l’accepte.

Mais j’ai peur.

Parce que je me suis rendue compte, l’autre jour, que je n’avais personne à l’école qui comprenait.

C’est en discutant avec une prof que ça m’est apparu. J’étudie dans le "paramédical" je le rappelle - c’est-à-dire un métier autour de la santé, et de la façon dont je code ça ici, ça peut être n’importe lequel sauf médecin-médecin quoi. Et donc dans la discussion, elle m’a demandé si je prenais des médocs et pourquoi. Je lui ai dis.

Et la tête qu’elle a fait… Surtout quand elle a entendu le reste, les questions que j’élude ou je dédramatise d’habitude. Les pulsions de suicide. Et encore, j’ai pas tout dit. Suis restée extrêmement prudente et superficielle.

Mais c’est justement là le problème. Je ne parle jamais à personne. Je ne peux pas… Les gens de mon âge ne comprennent pas la notion de maladie mentale.
Et je ne l’ai pas souvent écrit ici, mais il n’y a pas que la dépression qui me hante. Je n’ai pas d’autre pathologie à proprement parler, mais c’est une histoire de "terrain", de possibilités…

Bref. Ma maladie c’est la dépression, mais elle est… différente d’une dépression pure, c’est ce que j’essaie d’expliquer. Je ne suis pas dangereuse, hormis pour moi-même.
Et donc je ne discute de ça qu’avec moi-même. Le psychiatre connait la base… pas les détails. Ce n’est pas que je ne veux pas lui dire, c’est juste que je n’y arrive pas. J’essaie de noter ce que je ressens/pense parfois… mais mes mains se tétanisent alors.

Bon, il y a pire comme situation aussi ! J’ai conscience d’avoir beaucoup de chance malgré tout.

Cependant, quand c’est là, c’est impossible à ignorer. Et quand je me retrouve en cours, en position de faiblesse certains jours, je n’ai personne qui peut me donner un tout petit sourire qui dirait "je sais ; ne t’en fais pas".

La prof m’avait dit d’en parler aux autres profs. Y’a des jours où j’en crève d’envie, j’avoue. Mais je n’ose pas. Parce que y’a les Autres (à la Lost:lesdisparus) dans ma classe, qui comprendraient encore moins que mes potes s’ils entendaient - et aussi je ne supporte pas l’idée des ragots, qu’on dise que j’en parle à tout le monde parce que "j’aime me faire plaindre".

Et puis j’en ai entendu tout à l’heure certains qui se moquaient d’une personne interrogée… sur son physique. Ça m’a dégoûtée.

Voilà, c’est un ptit morceau de ma psycho actuelle. Bien perturbée donc. Mais ça va, je vais rester chez moi, je vais me reposer.
J’aimerais en parler aux directeurs aussi, que je sache que je peux faire ce genre de chose sans problème ensuite quand j’en ai besoin. Mais j’ai changé d’école comme je l’ai déjà dit. Et les nouveaux directeurs… sont très agressifs pour le moment.

La réalité me fait peur parfois. La mienne en tout cas. Tout me paraît bloqué… pourtant j’ai conscience que J’AI changé, et ce toute seule et en faisant des efforts - SEULE.
Mais ça ne va pas assez loin. Ça a la forme d’une pyramide : j’ai changé la base, ça a remonté et donné quelques autres bienfaits qui certains jours transforment la moitié inférieure de la pyramide… mais le sommet est le plus important. Et je le sens qui m’est inaccessible. Pour de longues, douloureuses, et interminables années encore.

Et ça, ça me tue. De ça, j’aimerais en parler avec des gens d’expérience, qui comprennent le monde. Des sages. Mais y’en a pas autour de moi.