Effeuille mes rêves

Allons

Cauchemars. Hontes quotidiennes. Désillusions. Pertes de repère. Abandons.

C’est ma vie de tous les jours, actuellement.

J’ai déjà tenté de modifier chacun de ces paramètres ; en vain.

Mais je ne me décourage pas pour autant.
Je veux une vie heureuse et je L’AI. C’est juste une histoire de perception. Je peux construire ce que j’ai envie grâce à ce merveilleux outil qu’est le mental. Mon mental. Qui n’appartient qu’à moi.

La réalité, elle fait ce qu’elle veut. Elle m’envoie les épreuves qu’elle choisit. Moi par contre je la façonne, par mon interprétation, à ma guise.

Je sais ce que je veux et que cela se réalise ou pas, la visualisation claire du concept me fait toujours avancer.

Ces moments quand t’es au bout de ta vie… Quand t’en peux plus des coups durs/bas et que tu te dis qu’avec tout ce que tu t’es pris tu mérites un peu de repos...
Mais les clins d’oeil ironiques et les bassesses continuent. Alors que tu sais être au bout et supplies qu’on te laisse tranquille.
C’est normal. C’est sain. La vie n’est pas cruelle, elle ne peut tout simplement pas s’arrêter. Se mettre sur pause. Mais les ressources dont on dispose pour la gérer sont - sans être infinies - gigantesques. J’ai tellement de chances d’être là où j’en suis. Même si à chaque fois que je me rends en immersion professionnelle, je sais que je vais me prendre une claque. Je les accueille avec le sourire. J’ai pigé CE concept.

Quand un prof demande qui veut passer une immersion professionnelle en conditions d’examen, je me propose volontaire avec enthousiasme.

"MOI ! Allez, je veux prendre ma tannée du jour !!"

Et c’est ce qui se passe. Les catastrophes s’enchaînent. Les mauvais résultats pleuvent et les reproches sans que qui que ce soit ne daigne prendre en compte le contexte s’abattent sur mes sourires.

Chaque explication sonne comme une justification pathétique, alors je n’en donne plus.

J’ai bien compris qu’ils s’en foutent que je sois dans cet état. Que je demande clairement de l’aide. Que les signes de gravité soient de plus en plus envahissants.

Des fois, je me dis que je devrais me jeter sous un bus uniquement pour leur prouver.

Mais non. Ce serait les laisser gagner. Ils feraient tous semblant de compatir, puis oublieraient.
Et moi ? Retour à la case départ. Toutes ces leçons chèrement acquises seront oubliées et il faudra recommencer sans ces paramètres auxquels je tiens, comme mes idées et rares connaissances par exemple.

Non, ils ne gagneront pas. Je vais terminer cette année et obtenir mon diplôme même si je ne sais pas comment.

Je vais partir loin de toute cette misère. Les gens qui crachent tout le temps, ceux qui te fument à la figure, ceux qui te font culpabiliser pour arriver à leur fin, ceux qui te regardent comme une marchandise, ceux qui n’hésitent pas à choisir le vinaigre au miel.

Tous. Ils peuvent tous faire ce qu’ils veulent, je vais m’en sortir.
Je n’ai rien de particulier. Je suis toujours cette fille paumée qui ne sait faire que rêver et ne possède aucun talent, don, ou aucune qualité spécifique. Une humaine banale.

Mais malgré mon absence d’estime de moi, je vais m’en sortir. Malgré tout ce qui ne va pas, je vais souligner ce qui va.

Ce n’est qu’une question de point de vue. Quelle que soit l’ampleur de la difficulté de la situation.
À l’intérieur, il y a toujours moi. Alors autant faire AVEC moi. Même si je ne m’aimais pas ni ne me connaissais vraiment. Même si je pense souvent être un détritus.

Les belles choses de la vie existent même quand on a la sensation de vouloir autre chose encore. Même quand on n’arrive pas à se rappeler pourquoi certaines personnes, voire soi-même dans le passé, s’extasient devant de petites choses insignifiantes ni où est et ce qu’est réellement le bonheur.

Même quand on est persuadé qu’il y a autre chose à attendre de la vie.

Possible. Mais je n’attends plus rien. L’amour ? Un bonus, tout au plus. Cette félicité chantante dans mes veines à laquelle j’aspire n’est qu’un extra. Ou je trouve quelqu’un d’intelligent qui me plaît ou je ne le trouve pas, mais je ne perdrai plus mon temps à croire qu’on doit être deux pour être complet. Les amis ? Un entourage-reflet de qui je suis vraiment ? S’ils y sont tant mieux sinon tant pis, je peux continuer à chercher et avancer sans crainte puisque de toute façon au final je serai toujours face à moi-même. C’est différent de l’égoïsme. C’est d’une logique implacable. Aider, soutenir et apprécier sincèrement quand j’en ai l’opportunité : oui, toujours.

Mais me laisser définir par l’extérieur ? Non.

J’ai probablement l’air d’une exaltée quand j’écris ainsi. Cet état d’esprit ne durera pas, bien entendu.
Mais je suis lucide. Je vois le bon ET le moins bon ; il ne s’agit pas de cette fausse lucidité qu’on croit avoir quand on se rend compte que ça va vraiment mal et qu’on a été idiot d’être enthousiasmé par quoi que ce soit jusqu’à présent.

Le truc, c’est qu’on ne sait rien. C’est l’une des seules et rares constantes.
Alors pourquoi le malheur serait une priorité sur l’espoir ? On fait avec ce qu’on a alors autant faire au mieux. C’est tout. Pas besoin que ça soit parfait ou magique.

Je ne sais pas si je "les" hais vraiment. Tout ça n’est qu’un moteur alimentant mon combat.
La volonté de bien vieillir. De garder espoir dans les gens et les choses. Parce qu’on ne vieillit pas réellement : on évolue.

Et à la fin, lors de La révélation finale, on est surpris et on éclate de rire.

Mais on ne choisit pas cette fin.