Effeuille mes rêves

Anhédonie

Ce journal en ligne va devenir mon seul repère.

Ma bouée de sauvetage.

J’ai couru dès que le dernier cours s’est terminé pour rentrer chez moi. Je me suis jetée sous la douche, en me savonnant comme si ma vie en dépendait.

Plutôt ma santé mentale en l’occurrence.

Une telle rage vient probablement de moi. Et non des autres, comme je l’écris trop souvent. Mais je ne comprends pas pourquoi je m’enflamme à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche ou me touchent. Ce n’est pas comme si je me pensais au-dessus d’eux puisque je n’ai AUCUNE estime de moi.

J’admire les gens qui sont autour de moi de vivre. De savoir vivre. D’aimer vivre. Naturellement. Donc je les respecte.

Mais il y a… Comme une ombre, un brouillard, qui me suit où que j’aille. Me murmurant des choses… noires, je crois.

C’est tellement tordu cette histoire ! Je l’ai dit précédemment : il n’y a pas dans les faits de gestes ou de propos réellement odieux.
En fait, ce sont les petites phrases qui me tuent. Elles me rong-ent. J’ai mis un tiret dans le verbe parce qu’il faut le prononcer en finissant sur un soupir - comme un râle d’agonie.
Qu’est-ce qui se passe, enfin ?!
Les mots en eux-mêmes n’ont rien de dérangeant. Leur message non plus. La plupart du temps. Mais il y a quelque chose malgré tout qui me dévore, qui m’érode, qui me détruit de l’intérieur.

Et - de désespoir - le seul plan qui me reste c’est de revenir ici pour faire le décompte du temps qui passera. Éventuellement (parce qu’avec le temps, on ne sait jamais).

122 jours.

Je sais qu’un jour, je penserai à ma vie d’étudiante en disant que "c’était le bon temps". Que je n’avais en réalité pas de quoi m’énerver. Et c’est vrai ! J’en ai conscience. Je ne devrais pas, mais je veux clôre cette partie de ma vie. Aller de l’avant. Avec l’espoir de vivre pour de bon.

J’envisage de ne pas faire le métier pour lequel je suis formée. Sincèrement. De parvenir jusqu’au diplôme (parce qu’à cinq mois du truc ce serait fou de tout lâcher), mais ensuite de m’orienter vers quelque chose de complètement différent.

Mais je rêve. Avec quelles qualifications ? Quels diplômes justement ? Quelles expériences ? Rien. Nada. Walou.

Écrire m’aide bizarrement à tenir. J’écris à Future-Moi tout autant qu’à l’exponentielle potentialité qu’est Internet. Ce n’est pas possible ce délire. Il doit quand même être réalisable d’avoir une vie à soi, remplie de ce qu’on aime, ET une vie professionnelle à côté pour gagner sa vie et avoir un certain rythme !  !  !

On peut être heureux dans les deux domaines !

Alors qu’est-ce que je foire ?

Bon. Je suis censée finir ma soirée en tête à tête avec mon mémoire. Je ne sais pas si j’aurai la force…

Journal-Intime-En-Ligne-Qui-Est-Une-Entité-Virtuelle-Donc-Mon-Injonction-N’a-Aucun-Sens. J’vais terminer l’écrit comme ça. Cette phrase est aussi dénuée de sens que non génératrice d’une compassion que je ne mérite pas. Celle-là aussi. Je ne me plains pas. Il y a forcément une solution.

&#%$@*µ

P.S : Ah et Future-Moi, sois gentille. Prends en considération ces écrits que je te laisse. Je ne suis ni Molière ni actrice d’une vie particulièrement trépidante, mais je fais ce que je peux pour ressentir ce que je veux ressentir et vivre ce que je veux vivre. Respecte-moi.