Effeuille mes rêves

Attention je râle ; mais je me repens

Il faut que je me ressaisisse.

Je viens à peine de me défaire de cette culpabilité omniprésente qui pourrissait mes vacances… que je vais devoir me remettre au boulot.

Au boulot, quoi !

Je sais que je ne suis pas la seule à travailler pendant l’été. Et j’ai une pensée pour tous ceux qui sont dans ce cas.

Mais c’est vraiment idiot. Je n’aurais eu que quelques jours de répit. Je ne me plains pas du chiffre, ça aurait suffire - et même largement - ; mais quand j’avais du temps, je me prenais automatiquement la tête pour faire le point sur ma vie. Comme toujours, en fait. Et maintenant que j’ai trouvé la réponse (je ne sais pas où j’en suis mais en fait, pas besoin de savoir, j’ai juste envie de glandouiller et j’en ai le droit), ben mon emploi du temps devient surchargé. Par des obligations, des rendez-vous, des projets, cette saleté de carte d’identité à refaire, des stages à gogo…

Je crains surtout les stages sous le soleil à 40°.

Vraiment. Déjà qu’en restant à la maison je transpire et je ne suis pas au maximum de mes capacités, j’ose pas imaginer le carnage si on me lâche dehors pour aller à l’école à pied aux heures où le soleil cogne le plus puis qu’on me demande de faire comme si de rien n’était et d’être parfaite parce que les directeurs n’acceptent pas la moindre incartade.
Alors que je suis déshydratée. Et qu’on n’a pas le droit de boire. Alors que je suis angoissée. Et qu’on n’a pas le droit de le montrer. Que je veux bosser mais qu’on n’a pas le droit de bosser ce qu’on veut non plus. Alors que je ne sais pas tout et que ça m'oppresse. Ça me rend dingue.

Et puis j’ai un mémoire à commencer. Type mémoire de recherche. Je suis bien embêtée parce que je n’ai même pas mon sujet. J’y avais réfléchi pendant l’année mais ce que j’avais trouvé ne me convient plus. En fait, je n’ai même pas mon THÈME. Alors ma problématique…

Bref, il faut que je m’y mette.

Ça me fait vraiment bizarre. Ça y est, c’est mon tour de rédiger un mémoire. Le truc d’étudiant par excellence. Le truc auquel je pensais ne jamais arriver. Le truc auquel je penserai vaguement quand tout ça sera derrière moi (comme pour le bac) alors que sur le coup c’est tellement toute ma vie !
J’ai vraiment envie de faire quelque chose de bien. Non, en fait ce n’est pas vrai. Je veux faire quelque chose de GÉNIAL.

Mais le génie, ça demande un travail colossal. Surtout pour moi, qui n’en suis pas un.

Déjà aujourd’hui j’ai mis deux heures à faire des recherches pour essayer de tâter le terrain. Je voudrais faire un truc un peu psy alors j’ai préparé des questions pour ma psychiatre que je vois demain. Peut-être qu’elle pourra m’aider - non pas à tout trouver mais au moins - à débroussailler.
Mais je ne pense pas qu’elle pourra me dépanner des masses. La dernière fois, elle avait eu du mal à me renseigner. Ce n’est pas sa faute : elle est docteur, pas omnisciente.

Ça me fait quand même pas mal cogiter le fait que je doive toujours me donner à fond.

J’ai l’impression que ça ne sert à rien. Cette histoire de mémoire, par exemple. J’ai cherché mon sujet avec autant de barrières que les autres, mais au final bien évidemment mon sujet ne me plaît plus. Et ensuite, d’autres barrières - que les autres n’ont pas - se rajoutent encore et encore. Bien évidemment il faut tout recommencer. Bien évidemment, je ne peux pas profiter de mes vacances comme quelqu’un de normal ; non, moi il faut que je trime.

Toujours trimer. Et ce, toujours plus dur que les autres.
Chaque année, je prends du temps pendant les vacances pour réviser mais je suis incapable de retenir les informations. Ça me met dans une rage folle. Même si ça peut paraître absurde.

En fait non, ce qui est absurde c’est de passer ma vie à travailler mais de ne pas absorber la moindre goutte de savoir.

Je veux dire, j’ai connu des plantages inévitables. Je sentais que tout aussi dur que je pourrais travailler, je ne pourrais pas m’empêcher de m’emmêler les pinceaux. Ça m’est arrivé pour l’un de mes trois exams super-durs dont je parlais il y a un mois. J’en ai loupé un de façon magistrale, et j’ai eu de la chance que le prof soit clément.
Mais ça va figurer dans mon dossier. Tandis que tous les sacrifices que j’ai fait, en revanche, eux, ne seront pas mentionnés. C’est comme s’ils n’existaient même pas.

Bon, je ne veux pas donner l’impression de râler (même si je commence à accepter l’idée que mon journal est aussi là pour ça, pour que je puisse me défouler).
J’ai de la chance d’avoir des vacances, et ce sont mes dernières. Avant d’être une vraie adulte, plus une étudiante. Plus une jeune adulte.
Mais l’été pour moi ça n’a jamais été l’éclate comme on le voit dans tous les films. C’est la canicule, la souffrance. (Oh oui je dramatise).

Et - génie que je suis - j’ai décidé de partir en Espagne....................................

Non mais non, je ne râle pas. Fleurs, paillettes et cotons-tiges immaculés. Je suis reconnaissante de ce que j’ai. Et j’ai dit que la nouvelle Aloha voyait le bon côté des choses.

Alors disons que je suis reconnaissante de rester active. Même si j’ai des tonnes de choses à faire de mon côté, pour moi.

Et puis moi qui admirais Sonny quand elle me racontait ses étés de folie… HahaHAAA ! Faut jamais admirer personne, ça amène trop de problèmes !
(L’ange du cynisme passe).

Bon redevenons sérieuse.

Dressons une liste de tout ce qui, dans mes vacances, me rend reconnaissante :

(Veinards, vous avez échappé à la liste "des questions que je poserais à un être immortel si j’en rencontrais un"...).

  • J’ai pu aller me baigner au moins quelques jours. J’habite à un quart d’heure en voiture de la mer. C’est une chance que pas tout le monde a donc ça mérite d’être mentionné. En plus, j’ai réussi à éviter les sauveteurs qui m’empêchent d’aller me baigner au large.

  • J’ai une alimentation pas trop en perdition alors j’ai espoir de tenir le coup sous le cagnard. De sauver de l’énergie. Untoutptitpeu. Oh, j’espère.

  • Point positif à devoir aller en stage ? Hugh… Ah si, je sais ! Je ne vais pas perdre ma dynamique d’apprentissage, et vu que y’a la pression des cours en moins… ben c’est déjà ça, et rien que ça ça peut peut-être me garantir un bon moment. Ou du moins un stage moins épuisant que pendant l’année (oui j’y crois - du moins, je veux y croire).

  • Plein de stages, ça veut dire plein de nouvelles aventures ! Plein de choses à raconter sur ce journal. Même si, maintenant que j’y pense, je ne décris que très rarement les faits dans ma vie. Paranoïa, paranoïa chérie, que serais-je sans toi ?

  • Quelque part au fond de moi, j’essaie de me souvenir que j’ai choisi ce métier donc que je dois bien l’aimer un peu. Même les jours où j’en ai marre de tout.

  • De l’action = pas de temps pour la réflexion, moi qui me prend la tête H24 ça ne peut que me faire du bien.

  • Je me suis enregistrée en train de chanter. Oui, ça n’a rien à voir. C’est une catastrophe. Mais ça m’a donné envie de reprendre des cours (sauf que cette année on aura cours aussi le samedi alors ça ne va pas être possible). Tout du moins, de faire un peu plus attention quand je braille dans ma voiture.

Oh mon Dieu, j’ai parlé du mémoire, ça a fait remonter tout un tas d’interrogations sur mon état - qui je suis où je vais comment je vais faire pour me sortir de ce foutoir - et tout me paraît insurmontable ALORS je vais rapidement publier cet écrit et me rabattre sur une série bien addictive.

Avant ça, il faut que je me rappelle quelque chose…

Ah oui.

L’art. Je ne suis pas une artiste et je ne le serai jamais, je peux faire une croix sur mes lubies de dessin, de papier plié selon des règles ancestrales, JE SUIS NULLE.