Effeuille mes rêves

Avertissement : je sors de ma séance de psy

Je les imagine rire.

Eux. Le futur de l’humanité. Ceux qui suivront.

Dans très très longtemps.

Ceux qui n’auront connu la guerre et la misère que par ce qu’on leur aura transmis / raconté du passé. Ils riront car ils n’y croiront pas, à cette obsession pour la destruction. Notre obsession. Qui paraît génétique tant elle ronge tout un chacun.

Ce sera irréel, pour eux. Le futur.

"Mais non, nos ancêtres n’ont pas pu être aussi cons !".

Ils voyaient. Ils réfléchissaient. Après tout, ce sont nos ancêtres. Nous naissons d’une part certaine d’eux. Si nous pouvons voir que tous ces petits gestes mesquins du quotidien tuent aussi sûrement que tout le reste, ils le peuvent aussi.
La haine. La violence. Le jugement. La rancune. L’envie. La colère auto-entretenue. Les moqueries. Les jugements. Cette obstination à ne pas se prendre en main (par la main), intellectuellement parlant, pour se guider vers la meilleure version de soi possible. Aujourd’hui. Il n’y a qu’aujourd’hui qu’on peut faire les choses bien.

Pas parfaits, certes, c’est ainsi que nous avons tous été créés. Mais cet acharnement à colporter des ragots sur autrui… À jauger d’un œil mauvais ce qui a été dit ou fait, sans laisser la place à la personne de montrer le fond de sa pensée. De son être. Personne ne fait le mal pour faire le mal.

Personne n’est à 100% saint ou démon. Chacun peut stimuler son bon fond.

Ils ne peuvent pas avoir été aussi aveugles ? !

On a le devoir de s’occuper de soi. De se soigner, de s’épanouir. Mais on peut le faire sans écraser qui que ce soit.

Ils avaient des philosophes ! Au tout début, ils avaient même des idéologies toutes prêtes qui ont été crées pour juguler les noires pulsions de l’homme. Qu’il a à la base, donc qu’on ne peut pas lui reprocher. Mais ils avaient des gens qui leur expliquaient clairement pourquoi tuer était stupide. À l’encontre du culte naturel de la vie. Des gens qui ont inventé des histoires transmises à travers les générations dans ce but. Juste pour signaler que ce n’est pas normal de violer son enfant. Ou qui que ce soit d’autre. Que blesser son prochain n’a aucun sens. Ni utilité. Même d’un point de vue purement égoïste, le bien est toujours plus profitable. Ils devaient le savoir.

Mais non.
Ils ne changeaient pas.

Pas à suffisamment grande échelle, en tout cas.

Pour une personne qui choisit le bien, choisit de faire de son mieux et se bat pour faire preuve d’un cheminement de pensées éclairé et compatissant, neuf autres cédèrent à la facilité et à la voie du mal.

Je parle ici de tous petits, minuscules, infimes, gestes du quotidien. Sourire quand on entre dans un magasin. Sincèrement. Dire un "bonjour" qui souhaite un "bon" "jour", et non pas une formule de politesse obligatoire. Respecter un collègue qui a une opinion différente. Argumenter. Échanger. Comprendre. Mais ne jamais descendre.

Et la population est en expansion. Constante.
Chaque génération se trouve piégée par les hameçons infectés de la mode qui revient. Encore et encore. Toujours. Sous une forme, et une autre.
Ma psychiatre m’a dit… Elle m’a dit beaucoup de choses qui m’ont remuée. Et par écrit, tout cela risque d’être mal interprété. Alors puisque j’ai choisi, puisque vous choisissez de me lire, nous avons un contrat l’un envers l’autre : je suis honnête, mais je ne serai pas jugée.

Ce que j’écris est une fenêtre sur mon cerveau. Qui est aussi conditionné que les autres. Subjectif. Et il a ses propres croyances.
Alors si ce que j’écris vous énerve ou révolte, c’est que je me suis mal faite comprendre. C’est tout. Je ne prends parti pour rien du tout. Rien de ce que je ne partage ici ne devrait faire croître le moindre ressentiment.

S’il y avait vraiment un diable… c’est cette forme qu’il prendrait. La mode.

La mode de ce problème sociétal que l’on répète encore et encore. Parce qu’il est à la mode de s’en préoccuper. Il a en réalité toujours existé. Mais aujourd’hui on a décidé d’en parler.
Et ma psychiatre m’a expliqué que cela se faisait spontanément. Parce qu'"on" a besoin d’appartenir à un groupe. De se serrer les coudes. De se tenir chaud.

Mais pourquoi seulement en hiver ? Pourquoi pas toute l’année ?

Ce conditionnement de l’esprit. Par la persuasion. La mode. Les modes. Ce sur quoi on nous force à focaliser notre attention. Et ce serait vachement malin de la part du diable.

Pourquoi est-ce que je ne croyais pas ma mère quand elle me disait qu’être authentique, fidèle à moi-même qu’elles qu’en soit les conséquences, me rendrait toujours service ? Elle a l’expérience. Elle l’a toujours eue. Et elle l’aura toujours sur moi.
"Elle ne comprend pas. Les choses sont différentes, aujourd’hui. Tout le monde a un téléphone portable, donc tout le monde communique tout le temps avec tout le monde. Elle n’avait pas ça, donc ce qu’elle a vécu n’a rien à voir". Un exemple parmi d’autres.

Oh comme ton erreur est cruelle… mais universelle, mon ami(e). Mon ancienne Moi. Ma Moi toujours actuelle.

La planète est en surpopulation. La planète étouffe. Mais nous ne sommes pas la dernière espèce "dite" la "plus" évoluée. D’autres viendront.

Et elles riront de nous.

Ils rient de nous actuellement. Les humains tous évolués. Ou autres, pourquoi pas, mais considérons ici que l’humanité va vraiment évoluer.

Ceux qui garderont pour toute trace de leur passé (honteux) nos témoignages. Nos livres. Nos films. Nos histoires et surtout les résidus de notre pensée.
Que l’on transmet. À chaque personne avec qui l’on discute.

J’ai honte de faire partie de l’humanité qui n’a pas encore évolué. Je m’inclus dedans, évidemment. Je fais des erreurs ; l’erreur la plus nocive étant celle de ne pas apprendre de ses égarements.

Je ne vois pas. Chers enfants de nous. Je crois savoir mais je ne vois pas ce que je pourrais faire de mieux.

Tout ne sera peut-être jamais rose : mais à quoi bon cancaner ? À quoi bon dominer son prochain ? Entrer en compétition ? La survie ? Mais il y a énormément d’autres manières de survivre.
Le docteur m’a parlé de champs. Est-ce qu’il vient naturellement à l’idée de cultiver un champ à deux ? Ou est-ce que l’un essaie toujours de piquer celui de l’autre ?

Le monde de l’industrie. Je vais entrer dans la vie adulte. J’y suis déjà. Je n’y échapperai pas. Manger pour ne pas se faire manger. Toujours. Sans réfléchir ne serait-ce qu’une seconde.

Si c’est vrai pour moi, c’est vrai pour celui d’en face.