Effeuille mes rêves

BJ

Je devrais être en train de faire du sport à cette heure-ci.

Mais je me suis encore réveillée à 4 ou 5h du matin, alors j’ai déjà terminé ma séance !

C’est pas le stress qui me réveille. Du tout. Je ne suis plus angoissée pour les cours difficiles - c’est quand même énorme d’écrire ça ! -, je crains toujours de me faire interroger mais… bah faut bien gérer ça aussi.

C’est délicat d’affirmer ça avec autant de force : je n’ai plus peur des cours difficiles. J’ai l’appréhension que le cours d’aujourd’hui se passe mal du coup, juste parce que j’aurais écrit que tout va bien aller.
Mais bon, ça aussi il faut que je le reconquiers. Ma liberté d’expression. Arrêter de me censurer par superstition. D’ailleurs, je me suis lancée plusieurs défis en parallèles dont l’un d’entre eux stipule que pendant un mois je ne dois ni chercher de signes partout, ni sortir mes cartes, ni faire de vœux, histoire de me désintoxiquer. Je l’ai commencé il y a quelques jours mais j’ai craqué hier donc je dois recommencer.

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, il paraît. Je me demande ce que je pourrais faire si jamais je continue à me réveiller aussi tôt. J’ai lu que Stephen King (enfin je crois que c’est lui), dans sa jeunesse, se levait tous les matins une heure plus tôt pour pouvoir écrire alors qu’il avait des journées très dures. Je ne suis pas lui bien évidemment mais je pourrais faire ça ? Quoi qu’en même temps, je n’ai pas envie de prendre l’habitude de me lever à ces heures-là. J’ai déjà été bien fatiguée hier en milieu d’après-midi, si j’accumule je ne vais plus être capable de rien.

Pour Jareth aussi, je veux changer. Je ne veux plus penser à lui. Arrêter de le regarder en cours.
Le truc, c’est que je ne peux pas me lancer de défi pour ça. Si jamais je me dis que pendant un mois je ne dois pas le regarder, en cours ça va tellement m’obséder ("Ne regarde pas, ne regarde pas, ne regarde pas...") que je sais que je vais craquer au bout de même pas une minute. Faut être plus subtil.

Ce que j’ai fait, c’est que je me suis inventé une histoire.
J’ai remodelé la réalité pour l’arranger à ma sauce. Une sauce plus ou moins mangeable qui me convienne et qui me permette de lâcher prise, de me dire : "Oui, dans ce cas-là, alors, je peux accepter qu’on ne soit ni potes, qu’on ne le sera jamais, et qu’il ne me regarde voire ne m’apprécie pas".

J’ai trouvé ça tout à l’heure, sous la douche. Je ne sais pas ce que ça vaut.

Allez. Ça va être une bonne journée, j’y CROIS.