Effeuille mes rêves

Bouuuuuuuuh...

J’ai encore séché…

Cette fois j’ai carrément pété un plomb. J’ai quitté l’école, suis même pas passée à mon studio, j’ai tracé, loin de cet endroit. Je ne savais pas où aller alors j’ai roulé jusqu’à chez mes parents. Enfin, chez mes grands-parents. Qui habitent au même endroit. Quarante minute de voiture.

Je ne savais juste pas quoi faire. Quand on m’a demandé à l’école si ça allait, j’avais juste envie de hurler "NOOOOOOOOOOOOOOOOOON AAAAAAAH NON MAIS JE NE SAIS PAS POURQUOI ???????". Mais bon. Ça aurait été gênant. Je n’ai pas fait genre ça allait… Mais je n’ai pas pu rester. P.tain je suis INCAPABLE d’expliquer pourquoi. "Ça" montait, je ne sais pas pourquoi. La douleur, le néant, la terreur, la monstruosité… Ça arrivait. J’arrivais même plus à écrire. Pas beaucoup plus à respirer - alors que le médecin m’a filé des dilatateurs de bronche.

Au début, j’avais pensé à sauter du pont. Juste ça. Mais bien sûr le temps d’y arriver j’y ai réfléchi et je me suis souvenu de pourquoi c’était une mauvaise idée.

Une idée nulle, naze, caca, pas bien, beuark. Hein. Surtout faut pas le faire.

Je ne pouvais parler à personne. J’ai fait la liste de tous les gens à qui je pouvais m’adresser, et y’en avait quelques-uns quand même, mais pour chacun ça n’était pas possible que je leur parle. Sauf pour eux. Alors voilà. Quarante minute de voiture. Instinctif.

Ça m’a un peu soulagée on va dire. Oui, au moins ça : soulagée (même si je sais que c’est momentané). Ça faisait des jours - voire des mois - que j’avais besoin de juste tout balancer. Les réponses ensuite… Elles étaient futées, mais ça n’était pas forcément ce que je recherchais.

La prochaine étape serait de le dire à un prof, j’imagine. Même si tous les arguments que j’ai avancé contre sont toujours d’actualité. Le plus gros, c’est que je sais que je vais pleurer si je le fais. Et c’est pas cool de faire ça aux gens : leur pleurer dessus et les laisser se débrouiller impuissants face à ça.
Mais bon. Juste une fois peut-être. Mais ça me fait bizarre parce que là encore je n’attends pas de réponse. J’ai juste besoin de le dire. De le DIRE : que je rechute de temps en temps. Que c’est normal. Que ce n’est pas la fin du monde. Mais que moi ça me fait mal.

Je suis allée à la plage aussi. J’avais envie de me jeter à la mer (pas de me noyer hein, juste de nager, avoir le visage tout mouillé d’eau salée, etc etc). J’aime tellement la mer.

Bon quand il a commencé à pleuvoir je suis rentrée chez moi pour de bon quand même.

Et là voilà. J’en sais toujours pas plus. En rentrant, j’ai trouvé un mot qui dit que je n’ai pas payé deux mois de loyer. Les prélèvements sont censés se faire automatiquement donc rien que d’y penser ça me gonfle. C’est vraiment pas le moment.
Y’a plus d’eau chaude depuis deux jours non plus, j’espère que demain matin ça reviendra et que c’est pas une punition parce que "je" n’ai pas payé namého !

J’ai plus vraiment envie de parler de ce qu’il s’est passé du coup. J’ai tout déballé à mes grands-parents… Même les trucs choquants. Ils m’ont encouragée à le faire hein, je suis pas arrivée avec ma grosse massue pour leur filer un horrible mal de crâne non plus.

Même l’un des gros trucs que je n’ose jamais écrire ici… Bon allez j’le fais. (Dtoutefaçonheinjvaistedire...).

Ça me tue d’être célib'. Voilà. Depuis toujours. Le Phoenix m’a écrit une analyse extraordinairement juste de mes deux derniers rêves (merci BEAUCOUP d’ailleurs, parce que franchement c’est exactement ça :) : elle en déduisait que j’avais envie d’être protégée.

Elle a raison. Je suis fatiguée, je suis à bout de bout, de me battre seule. J’ai ma famille, c’est vrai, et même si je ne le réalise pas souvent j’ai aussi des amis, mais… on dira tout ce qu’on voudra, ce n’est pas pareil.
J’ai envie de quelqu’un pour m’épauler. Pas de n’importe qui, c’est ça le truc aussi. Et puis d’ici que quelqu’un qui m’aime vraiment pour qui je suis (cassée, brisée, en miettes malgré tous mes sourires) arrive, l’humanité aura eu le temps de s’entretuer trois fois.

Je n’en parle jamais parce que je ne veux pas donner l’impression de geindre pathétiquement. Et je ne voulais pas entendre (la fausse) Sonny (dedans ma tête) me dire "Bah aussi tu sors jamais, c’est de ta faute ! Tu fais AUCUN effort !". Parce que non mais NON : je ne PEUX PAS me forcer ! Je ne peux pas "sortir".

Ça me renvoie à quel point je suis détruite de l’intérieur. J’ai quatre mille cachets à prendre le soir, et ils m’endorment alors je ne peux pas faire des soirées jusqu’à pas d’heure.
Même en me forçant, ça ne m’amuse pas. Du tout. Ça me déprime encore plus, ça réveille la bestiole noire tapie au fond de moi qui mange mon espoir, et piétine mes émotions. Ça me fait du mal, physiquement. Je ne peux simplement pas. Même une sortie toute pépère entre amis proches. Même aller au resto, une heure, ça devient l’Everest (même avec ma famille proche parfois...).

Je peux juste pas. Et je sais très bien que c’est à cause de ça que j’en suis là où je suis. Mais je jure : à l’heure d’aujourd’hui c’est impossible. Vraiment impossible.

Demain et lundi je suis en stage. Donc forcée de relever la tête et de penser à autre chose, on ne sèche pas les stages. Ensuite, j’ai un gros examen donc… obligée de continuer. J’imagine qu’après tout ça j’aurais retrouvé un certain rythme et que du coup ça ira.

Donc je ne me fais pas de souci.

Mais ça revient toujours. Cette tristesse. Ce vide. La solitude, je la vis bien. J’aime la solitude. Mais "ça", c’est autre chose. Qu’on s’entende bien là-dessus.

Bon allez j’vais aller faire du sport. Et essayer de joindre quelqu’un pour cette stupide histoire de loyer impayé.

P.S : Mon psychiatre est en conférence depuis hier au fait. Il faut VRAIMENT que je trouve un moyen de lui dire que je veux être suivie par quelqu’un d’autre !