Effeuille mes rêves

Cas désespéré

Je viens de chialer pendant une demi-heure.

Mais les chialements du désespoir, vraiment. Avec de gros hoquets et tout.

"Ça" ne changera jamais. Ce que j’attends n’existera jamais pour moi. Ou alors dans de très très nombreuses années, mais quelque chose de moi sera mort d’ici là.
Alors c’est trop tard.

J’me suis rescarifiée. Enfin pas vraiment. Pas profondément (de toute façon je suis une chochotte alors c’est jamais profondément).

J’y ai vraiment cru, cette fois. Que je pourrai arranger les choses. Même avec des hauts et des bas, parce que c’est la vie. Mais non. Ce n’est pas ça la vie, ce n’est pas ce que je suis/fais actuellement.

Je sais qu’au fond je veux "sauver" les autres parce que je n’arrive pas à me sauver moi-même. Je n’irai pas en cours demain matin non plus je pense. Enfin j’en sais rien, on verra plus tard...
Je ne sais plus quoi faire. Personne à qui demander de l’aide (je parle cette fois d’aide professionnelle - les autres les pauvres quoi déjà...).

J’ai l’impression d’être damnée. Comme dans ces films où les héros doivent se battre contre les monstres ramenés à la vie par magie et qui du coup n’ont plus d’âme et sont tout pourris à l’intérieur.
Je suis le monstre, hein, forcément. Pas le héros. Les héros gagnent. Et sont heureux à la fin. Je crois aux anges, à tout ça, mais d’un autre côté… je ne les sens pas auprès de moi. Je ne sens rien à part la douleur et la monstruosité qui croît en moi. Alors c’est elle qui me résume maintenant.

Je vois le bonheur chez d'autres (pas "les" autres parce que tout le monde n’est pas heureux, je ne suis pas non plus narcissique à ce point). Je vois que ça existe. Que c’est possible.
Je vois la vie qui continue pour chacun, même après une mauvaise passe. Je vois que ça ne stagne pas.

Mais je vois aussi que chez moi c’est tout l’inverse. Qu’il n’y a jamais de fin ; encore moins de fin heureuse. Ni de début, d’ailleurs, pas de nouveau départ non plus.

D’où cette sensation. D’être le résultat d’une expérience de nécromancie. J’ai perdu mon âme, elle a été dénaturée. Et je suis là pourtant parmi les vrais humains.