Effeuille mes rêves

Ce qui m'échappe

En fait, peut-être que j’avais arrêté d’écrire (je parle de fictions) tout simplement parce que… je n’en avais plus envie ?

C’est pas possible pour moi de ressentir quelque chose de simple, faut toujours qu’il y ait des nuances, des détours, toute sorte de fioritures.

Je me suis replongée dans mes vieilles histoires depuis quelques jours. Avec un peu de persévérance, j’ai réussi à en finir une. Mais je reste frustrée parce que ce que je ressentais avant quand j’écrivais, maintenant, ça n’est plus du tout ça. Avant je ressentais ce que je créais. Maintenant, ça n’est juste qu’une histoire abstraite. Je n’ai plus les émotions - et forcément ça se ressent dans mon "travail", je percute moins comme je voudrais.

Je suis toujours aussi paumée et ça m’énerve.

C’était une passion, avant, même si je ne le savais pas. Je ne sais pas comment je me suis débrouillée, mais j’ai réussi à perdre ça. Et aujourd’hui, ben des passions, il ne m’en reste plus… Y’a la lecture, oui, mais celle-là aussi j’ai peur de la perdre. Et puis c’est la seule, pas de quoi remplir une vie.

La seule chose sur laquelle je peux encore écrire avec des émotions, c’est sur mes émotions du quotidien justement. Sûrement pour ça que je m’accroche à JI.

Mais j’en ai MARRE de parler de ma dépression, je l’ai assez dit. De plus, je fais tout n’importe comment. Je n’ai aucune éducation littéraire. Comme si j’étais tombée dans un trou noir il y a quelques années et que j’en émergeais seulement maintenant. Décalée de tout. Hors course.

Je ne comprends parfois rien à la vie. Je veux dire par là qu’un matin, j’ouvre les yeux, et puis je me rends compte que tout est complètement absurde.
Les autres semblent tout avoir et connaître un bonheur qui me sera à jamais inaccessible. En venant ici, j’ai appris que ça n’était pas forcément tout à fait vrai, qu’on cache seulement tous nos impressions profondes en société. Mais quand même : y’a quelque chose qui m’échappe, quelque chose dont j’ai cruellement besoin.

Je vois pas pourquoi je parle de tout ça, puisque je ne n’arrive pas à attraper ce qui m’échappe. Ce qui m’écharpe.

Tout est si loin de moi… Je dis pas ça pour me la péter à la manière d’un poète, je dis ça parce que ça me TUE d’échapper à tout ce bonheur. De ne pas parvenir à donner la direction que je veux à ma vie.

Je n’ai plus les émotions pour savoir ce que je veux.

J’ai eu une période comme ça, il y a quelques temps… On m’avait conseillée, je ne sais plus ce qu’on m’avait dit cependant. C’était parti, légèrement, c’est revenu.

Est-ce que je devrais voir une psy ?

Ça me rend FOLLE de ne rien contrôler comme ça. De perdre mon temps, perdre ma vie. De ne rien pouvoir faire pour y échapper.