Effeuille mes rêves

Cet écrit est long et ennuyeux - mais joyeux

On est le premier décembre !  !  !

Le 1er décembre 2015.

Je l’ai dans la peau. Ça y est. Je le tiens. Le changement.

J’ai ENFIN pleine conscience d’où j’en suis. QUI je suis. Par où je viens. Dans le but d’aller où je veux aller. Je-le-tiens.

Ça mérite une chansooooooon !

Il s’appelait Philippe.
C’était un voisin qui braillait.
Mais il m’a fait piger le beau principe.
De chanter et célébrer ses succès.

On repassera pour un prix littéraire, hein. Ou plutôt on ne repassera pas. Jamais. Disqualifiée à vie.

Mais ce n’est pas grhahahahaaaaaAAAAAAHHHHHVEEEEEEEEEE !

Et je savais que ce journal avait sa raison d’être ("Oui mais c’est sa raison d’être… Saaaaa raison d’être !". Ok j’arrête).
C’est en me relisant, en sautant de période en période, que j’ai pu réaliser que j’ai réussi - à la sueur de mon front - à me prendre par la main pour m’emmener d’un point (au fond du gouffre et loin de toute main tendue) vers un autre (une prairie verteuh qui courait dans l’herbeuh).

Je me suis prouvée prouvée prouvée qu’on n’est pas responsable de TOUT dans le monde. Mais. Qu’on est en revanche responsable de QUI ON EST. De comment l’on vit avec soi-même. Comment l’on se traite.

Et c’est par ce biais-là qu’on traite les autres puis le monde selon une façon qui contribue ou pas à faire évoluer le tout.

Oui. Je me vante. Probablement. Désolée. C’est juste que je suis vraiment vraiment contente. Je vois le tableau géant de ce que je n’entrevoyais que sporadiquement, par petits bouts, de temps en temps et de manière si fragmentée que je me demandais si je ne le rêvais pas.

Ça ne veut peut-être rien dire.

Mais ce n’est pas important : j’ai réussi !  !  ! C’est ça qui l’est !

Je ne suis pas à l’abri d’un coup de tristesse. Qui a raison d’être ou pas. Mais je suis armée contre. Pour de bon. Ça m’aura pris plusieurs années (et on ne parle pas de deux ou trois, on a bien dépassé la dizaine). Ça m’aura fait me cogner contre plein de murs : mais ces BLEUS sur mon visage prouvent que j’ai testé plusieurs voies possibles, à fond, et ai expérimenté dans ma chair leur impénétrabilité.

Ooooooh mais c’est dangereux tout ça.

Attends. Chaque fois que je suis partie dans mes envolées lyriques de joie inaltérable… Je me suis cassé les dents.

Est-ce que je n’ai rien appris de mes errements ?

Non. Je t’altère. Je t’altère. Je t’altère.

Y’a des trucs qui vont pas. On s’accorde là-dessus. Il y en aura toujours. Ce n’est pas parfait, je ne suis pas parfaite, d’ailleurs je m’agace en ce moment-même, mais cette imperfection est… assumée. Enfin. Pas revendiquée. Parce qu’elle est naturelle.

Mais j’ai mis les points sur les i.

Et maintenant ?

Maintenant : je suis diplômée dans sept mois. Chaque semaine, chaque jour, il se passe énormément de choses. Alors dans sept mois : absolument TOUT est possible.
Mais objectivement hein ! Je vois ce que je faisais hier, il y a une dizaine de jours et il y a trois mois, et ça change à une vitesse... !

Je repars - non pas de zéro… Je repars. C’est tout.

Articulé n’a pas besoin de changer de vie pour aller mieux. De déménager. De ne plus voir cet environnement qu’il apprécie. Qui lui convient.

Je ne sais plus trop ce que j’ai écrit exactement sur lui, à vrai dire. Bon je vais quand même relire parce que ça ne se fait pas d’inventer des personnes et de les oublier immédiatement après.

*Relis*.

Ayé. Bah j’ai rien dit sur lui en fait. Articulé s’en va dans un autre pays pour "changer de vie".
Mais la vie, c’est LA vie. On ne la change pas puisqu’on en a qu’une. Qu’on ait choisit (ou pas d’ailleurs) d’être boulanger, infirmier, ou animateur radio… Le plaisir c’est le plaisir. Le rire, c’est le rire. La colère c’est la colère. La joie, c’est la joie.

C’est quoi la différence entre la vie où Articulé profite à 200% de sa passion pour le coloriage, des bienfaits physiques et moraux qu’elle lui apporte chaque jour, et celle où il change tous les mois de ville/région/pays pour se rebâtir un quotidien sur mesure ?

Au niveau sentimental, je parle. Spirituel, peut-être.

Son ego se dira probablement qu’il y a vu plus de choses que ces pauvres gens qui n’ont pas les moyens financiers ou autre de sortir de chez eux ne serait-ce que trois jours. Il n’aura pas tort.
Mais le bonheur est là dans tous les cas. Ce n’est pas parce qu’on est coincé dans un endroit qu’on sera malheureux, et au contraire ce n’est pas parce qu’on refuse de bouger qu’on le sera également.

Alors oui, il y a un cas où Articulé sera plus riche d’expériences "matérielles", de connaissances du monde, et je ne dénigre pas du tout ce choix. Au contraire, j’ai un immense respect pour ce genre de vie.

Mais Articulé… Enfin, moi, du coup, les personnes qui sont peut-être comme moi…

Il aime le coloriage. Articulé. (Moi pas du tout). Alors au bout d’un moment, ça va forcément revenir. Dans sa nouvelle vie. Il ne peut concrètement pas passer son temps dans un avion à dire "bah voilà, j’me pose pas, je change de vie !", sans se poser pour refaire un passeport ou - la base - travailler pour manger et économiser pour ses voyages et ses cahiers de coloriage. Ou bien il trouvera une activité qui lui confèrera au moins autant de bien-être, mais le principe reste le même.

Je me donne le mois de décembre pour prendre du recul sur ce que je veux vraiment à la fin du diplôme. Concrètement et moins concrètement. Une direction, a minima.

Un mois pour réfléchir et six mois pour… ben j’allais dire agir mais on ne fait pas plier les évènements, n’est-ce pas ? Alors disons six mois pour profiter de mes derniers instants en tant qu’étudiante.
Pas en sortant. Pas en traînant avec des gens qui me minent. Mais en étudiant. On n’arrête jamais d’étudier la vie.