Effeuille mes rêves

Cet écrit n'est intéressant qu'à partir de la phrase en gras

J’ai encore fait un cauchemar.

'Fin non, c’est pas du tout un cauchemar, en fait, c’est juste un rêve qui m’embête. Un sujet dont j’veux pas rêver parce que… bah ça me met mal à l’aise.
Bon j’peux le dire je suppose après tout on s’en fout je suis anonyme : c’était un rêve sexy, comme on dit.
J’ai juste pas envie de rêver de ça. J’l’ai dit ça me met mal à l’aise, le sujet me met grave mal à l’aise surtout dans la réalité bien sûr (pendant le rêve en lui-même à la limite voilà quoi) alors que je sais que ça devrait pas.

Je sais que c’est quelque chose de bien et tout et tout mais voilà je fais un gros blocage.
J’me souviens avoir pété un câble intérieurement quand le psychiatre m’en avait parlé. J’pense même pouvoir dire que c’est plus ou moins à cause de ça que je ne veux plus le revoir. Parce qu’il m’en avait parlé comme si j’étais obligée d’aimer ça. Alors que ça me fout la trouille. Et du coup, ces deux idées incompatibles en moi ont créé un nouveau p.tain de blocage. J’me vois pas aller jusque là avec personne un jour. J’vais être ridicule. J’vais jamais savoir quoi faire.

'Fin bref, c’est très gênant d’en parler.

Hier j’en ai discuté un peu avec ma mère (parce que je suis rentrée chez moi, oui, mais à ma grande surprise toujours en larmes, inconsolable, et je sais plus pourquoi mais on a dérivé là-dessus).
Bah j’ai carrément fait voeu de chasteté au bout d’un moment. Ça faisait un moment que j’y pensais en plus. Bah voilà, c’est fait. Ça l’a bien fait rire, vous imaginez. Elle m’a répondu ce que n’importe qui me répondrait dans ce cas : "Tu verras quand ça t’arrivera, tu diras plus ça, c’est agréable, blablabla". Mais je n’y crois pas. Je ne crois pas qu’un homme m’aimera pour de vrai un jour. Je sais que c’est con, mais je le sens dans mes tripes et mes intuitions comme ça elles se gourent rarement.

Et c’est pas la peine de me dire le contraire, je ne pourrai y croire que si ça arrive. Ce dont je doute fort.

Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux qui lisent ces écrits.

Je sais que je suis très très chiante à parler comme je le fais, à râler, à me plaindre, à ne pas parvenir à kiffer la vie alors que y’a plein de belles choses sur Terre, et je tiens à mettre quelque chose au clair : non, je ne le fais pas exprès par joie de me complaire dans le malheur. C’est pas du tout ça.

Comme l’a dit B. sur mon forum, j’ai tout tenté pour m’en tirer. Tout. Et j’en suis où j’en suis aujourd’hui. Je ne m’en plains pas, c’est comme ça et je l’accepte. Mais je me dis que peut-être maintenant le temps n’est plus à l’effort, peut-être que je suis vraiment essoufflée et que je ferais mieux de faire une pause.
De me laisser vivre ma vie comme elle est, en essayant d’en savourer ce que je peux en retirer. Peut-être même que j’arriverai ainsi plus loin que ce que je peux imaginer aujourd’hui.

Contrairement à avant où quand je faisais une crise de larmes/nerfs/existentielle, l’espoir revenait vite quelques jours plus tard, aujourd’hui je suis vide.
Y’a plus d’espoir inutile. Ça ne m’a servi à rien. Je ne suis même pas pessimiste, là, j’essaie juste de voir la vérité et d’être lucide.

Donc voilà, j’vais essayer de m’en tenir à ça et on verra ce qu’il se passe.

Fini les prières et les voeux. Si "quelque chose" avait existé, "il" les aurait exaucées depuis longtemps ou au moins les aurait écoutées. Ça n’a pas été le cas. J’me suis sentie abandonnée et je ne veux plus vivre ça.

Mon père est quand même formidable.

J’ai oublié de le dire plus tôt, mais le soir où j’ai explosé, il est venu me rendre une visite express. Il m’a apporté un dessert à la framboise pour me réconforter. Il m’a dit qu’il était conscient de ne pas avoir les mots pour m’aider mais qu’il serait toujours là.

Je fonds à chaque fois qu’il fait ce genre de truc.

Et hier, il a encore prouvé qu’il pense à moi et a un coeur en or.

Il travaille avec la mère de Cléo et sachant que celle-ci a terminé ses partiels et est en ville actuellement il s’est arrangé pour suggérer (à sa mère) qu’éventuellement on pourrait se voir ce week-end.
Et Cléo m’a contactée hier soir. Et on sort tout à l’heure.

Ça va me faire du bien. Pour une fois, je n’ai pas hésité une seule seconde à dire oui. Elle va me changer les idées, j’en suis ravie d’avance !

Ah il faudra que je passe chez le fleuriste dans la journée aussi.
Je veux faire un p’tit cadeau à ma prof de chant. Mais je ne savais pas quoi lui offrir à part quelques fleurs (j’avais pensé à des Kinder Surprise mais euh...). Je veux lui dire à travers ce geste que ces cours comptent beaucoup pour moi et me font beaucoup de bien, la remercier pour cela.