Effeuille mes rêves

Cette chose innommable

C’est quoi ce son odorant ?? ?

Si doux ? Venu d’un autre temps ? Est-ce du poison ?? ! Est-ce la fin qui vient tâter le terrain ?

Mon terrain vague sur lequel plus rien ne poussait.

Quels sont ces souvenirs au pelage soyeux ? Ces loirs lovés dans le creux de mon cou ? Heureux ? Ils ronronnent ! Ils me tiennent si chaud… Vais-je brûler sous le feu de leur caprice ardent ?
Ils devraient partir.
Mais est-ce ce que je veux vraiment ? On peut vivre, on peut accepter la douleur, quand ils s’en vont ? Ils n’étaient pas là hier. Ils n’étaient pas là les treize dernières années. On ne peut les retenir de force, alors à quoi bon. Mais est-il seulement envisageable de se relever malgré le vide, corrosif, qu’ils laissent derrière ?

Et pourquoi… Pourquoi ont-ils subitement décider de revenir ? Pourquoi aujourd’hui ?

Suis-je souffrante ?

Quelle est cette ride du cœur qui s’impose à moi ?

Un pli. Une écorchure. Il y a eu pire ! Mais ce n’est pas… enfin je veux dire… j’aime bien. On aime bien ces fauves qui pourraient pourtant nous déchiqueter d’un coup de dent. On perd connaissance ou on est hypnotisé par la vue du sang. Moi j’aime bien ce qui ressemble… à un soubresaut de sourire.

Le diable sourit avant de t’entraîner en enfer. Il n’a été conçu que pour nous écraser sous son instinct en pierre. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi le plafond semble-t-il soudainement s’agrandir ?

Ma peau se glace.
Y aurait-il un embryon d’avenir ?

Ah oui. Je me souviens. J’ai déjà connu. Ce sentiment. C’est un sentiment. Merveilleux. Un relent venu du plus profond de moi. Je ne t’ai pas inventé. Je ne peux pas te contrôler. Comme les restes d’une carcasse de bateau. Sur le sable velouteux. Rejetés. Des années plus tard, par la mer émancipée.

C’est tellement incroyable que je n’y avais pas vraiment pensé.

Cette chose innommable. C’est la liberté.