Effeuille mes rêves

Chameau de Gobi

J’ai besoin d’organiser mes pensées.

Je suis dans la résistance, toujours la résistance. Toujours quelque chose contre lequel je dois me battre parce que ça me met mal à l’aise - au minimum. Constamment. Toute la journée, chaque jour qui se lève. C’est épuisant, vraiment.
Du coup, j’ai séché alors que j’aurais pu me forcer ce matin. C’est bête, je regrette un peu. Mais le prof a commencé à interroger… ça m’a fait perdre tous mes moyens. Je me sens tellement vulnérable. Faible. Fragile.

Et j’en ai marre de me forcer pour tout. Vraiment tout.

Y’a un mec dehors qui fait des bruits de chameau… Rien à voir je sais mais c’est drôle - et sacrément bien imité même si je ne suis pas sûre que ça soit le but.
Ou alors j’entends des voix de chameau ? Et ça représente quoi le chameau ? La traversée du désert. L’eau dans les bosses pour tenir sur le long terme. L’image c’est toujours la même : la lutte.

Je suis à deux doigts de tout abandonner. De rentrer dans ma Ville, de prendre ma voiture, et de tracer jusqu’à trouver un pont sous lequel me laisser dépérir.
Mais en même temps la fin des études est proche. En même temps, c’est une étape importante - d’où son intensité - de la vie et je me dois de la vivre à fond si je ne veux pas de regret. Et en même temps, je suis au bout du bout alors je dois rationner mes efforts, revoir mes priorités…

C’est compliqué.

Je recommence sporadiquement à avoir des accès de "je ne supporte plus rien". C’est terrible. D’où mon besoin de m’échapper un peu ce matin...
Je n’ai pas envie de rester à plat comme ça, il faut que je me ressaisisse ! Il y a une époque pas si lointaine, je me levais chaque matin en étant persuadée de trouver une bonne surprise au moins dans la journée. J’aimerais le refaire. J’ai déjà essayer ces derniers jours mais va savoir pourquoi ça ne marche pas. Il faut que ça marche. Oh non… Forcer les choses est voué à l’échec. Il faut se résigner à avoir les jours qui viennent. Sans ou avec surprise, mais rien d’inéluctable. Quoi que l’inéluctable est bien présent : le vide est toujours là lui. Toujours fidèle au rendez-vous.

Non. Il faut que je me reprenne. C’est exactement ce genre de pensées qui font que j’entretiens ma dépression. Si je ne guéris pas, ce n’est pas totalement dû au hasard ou à la malchance non plus.
Le bonheur c’est un chemin qu’on emprunte. Alors je vais terminer cet écrit, le publier, et passer une bonne fin de journée. Je vais aller en cours, faire du sport, et dormir, et demain rebelote. Les faits sont posés, mes journées sont ce qu’elles sont, mais il ne tient qu’à moi de les saupoudrer de joie, etc.

Allez, Aloha. On y croit. Tu es peut-être un chameau dépenaillé mais t’es un chameau avec le sourire !