Effeuille mes rêves

Chihuahua

J’ai le système nerveux d’un chihuahua.

Parfois, en cours, je me mets à trembler sans raison. En général, c’est parce que j’ai eu une bonne angoisse avant et que mon corps relâche la pression ensuite de cette façon.
Mais c’est épuisant.
Surtout que des angoisses, j’en ai souvent, pas que en cours. Les plus petites décisions, des petits détails simplement virtuels parfois, me font… Je ne sais pas comment le dire. Dans ma tête, je deviens un petit animal apeuré et je fuis. Je ne peux pas fuir mon propre corps alors je me mets à trembler. Comme si ça allait secouer cette dichotomie et m’en débarrasser. Sauf que je suis toujours divisée, à l’intérieur, entre deux : sérieux/folie, rester/partir, se taire/hurler… Toujours j’oscille.

Et ça m’épuise. Je suis fatiguée malgré la petite semaine que j’ai eu. Je suis 24h/24 tendue. Ce n’est pas juste une façon de parler, musculairement je le sens. On le sent quand on me touche. Quand on me voit, aussi, c’est flagrant.

Faudrait que je fasse un break aujourd’hui. J’ai envie mais je ne sais pas si je vais oser. Oui allez soyons fous.

Je connais bien bien à peu près un tiers de ma promo. Je me suis battue pour ça. Je suis sortie de mon cocon, et ça a pas été facile, mais avec eux je suis à l’aise et ça m’aide à respirer. J’ai peur des deux tiers restants, comme s’ils allaient m’attaquer. Des fois, quand on me regarde, je me mets à paniquer. Sans raison. Même quand il s’agit juste d’un regard perdu dans le vide. J’ai envie de crier "Je ne suis personne, je suis invisible, tu ne peux pas, tu ne DOIS pas me voir !".

L’idée d’être interrogée en cours devant tout le monde me pousse à chaque fois à deux doigts du malaise. Tu m’étonnes que je tremble après, en fait.

Le plus dingue, c’est qu’il faut vraiment regarder de près pour s’en rendre compte. Je cache bien mon jeu, il paraît, sauf à ceux qui savent déjà.

Bien évidemment, j’essaie de me contrôler, mais c’est juste plus fort que moi. C’est pour ça que j’ai besoin d’évacuer la tension ce week-end. Et ce malgré l’examen colossal qui m’attend.