Effeuille mes rêves

Coïncidence zarbi

Il s’est passé un truc il y a quelques jours…

J’m’étais promis de pas en parler parce que je pensais qu’il valait mieux être discrète. Que la loi du "tu-en-parles-donc-fatalement-c’est-tout-le-contraire-qui-va-se-produire" ne m’atteindrait pas ainsi.

Mais bon. Après tout… qu’est-ce qui pourrait bien arriver ou ne pas arriver ?

Pendant la semaine, il s’est passé un truc bizarre un soir.

J’avais pris ma douche et je mangeais quand on a toqué à ma porte.
Je me lève, aussi gracieuse qu’un pet de gras de poulet obèse, et je vais ouvrir en mâchant mon croûton de soupe et sans percuter que mon pyjama est composé d’un t-shirt de mec + d’un caleçon de mec qui laisse voir mes cuisses pleines de cellulite. J’avais pas mes lentilles donc c’était flou mais j’ai eu la surprise de voir un de mes voisins - assez mignon, de ce que je pouvais distinguer.

Il m’a présenté un objet qu’il avait fabriqué en m’expliquant que c’était sa passion et qu’un article allait paraître sur lui dans le journal.
Moi ça m’a prise au dépourvu, mais je l’ai écouté. J’ai même discuté avec lui - avec plaisir même : j’adore voir des gens passionnés par quelque chose, ils ont une énergie belle à voir et une étincelle dans les yeux, une raison de vivre, ce qui me manque cruellement - je souriais et posais des questions. Cependant, je ne comprenais pas vraiment ce qu’il faisait. Il était assez maladroit, au début j’ai cru qu’il avait un souci en fait. Et puis non. Alors je me suis dit qu’il essayait de vendre ses créations. Et puis non.
Quand il a eu fini de me parler de tout ça, il m’a gentiment dit qu’il ne voulait pas me déranger et que j’avais sûrement du boulot. C’était effectivement le cas (bien que je n’ai considéré à aucun moment qu’il m’ait dérangé), et même si j’avais bien aimé papoter comme ça avec un voisin, je ne voulais pas prendre de retard (en plus c’était un cours pas rigolo qu’il fallait que je révise pour le lendemain absolument).

Mais avant de le laisser partir, je n’ai pas pu m’empêcher de demander s’il allait encore présenter son travail à d’autres voisins (je me suis dit qu’il voulait juste se faire un peu de pub et que d’ailleurs ce n’était pas bête).
Mais nan.
Il m’a répondu qu’il n’était venu voir que moi. Qu’il m’avait "repérée" (c’est pas le terme employé mais l’idée est là) et qu’il avait voulu faire un peu connaissance.

Ça m’a scotchée. Mon cerveau a bugué.

Le "ah bon, t’es sûr ?" qui me brûlait les lèvres n’est heureusement pas parti.
Le "heiiiiiin ?" non plus. Même les voix dans ma tête ont observé un silence abasourdi. Ma réflexion s’est tétanisée et automatiquement on s’est souhaité bonne soirée, petit sourire, et voilà. Quand j’ai refermé la porte, elles se sont quand même réveillé : "Rêve pas trop, il a fait une grosse erreur sur ton compte : t’as rien d’intéressant".

J’ai repensé à ma psy qui m’avait dit un jour : "Vous savez, l’homme de votre vie ne va pas venir frapper à votre porte !". En plaisantant.
J’me fais pas de films en me disant que ça y est c’est l’homme de ma vie mais la coïncidence m’a quand même bien bien fait rire ! !

Après ça, je me suis souvenue que je ne connaissais ni le prénom de ce garçon ni dans quel appart' il était donc quoi qu’il en soit à moins de le recroiser je ne peux rien faire.
Du coup, comme d’habitude, j’ai tout cérébralisé. Est-ce que c’était un signe ou une occasion de me faire un pote ratée encore une fois ?

J’ai pas envie de me prendre la tête avec des "il aurait fallu que" et tout.
Si je le revois, j’irai lui parler. En attendant, voilà, c’était p’tètre un signe pour me dire que… honnêtement ? Pour me dire que si les choses doivent se faire elles se feront. J’espère que c’est ça. J’espère qu’en en parlant ici je ne casse pas quelque chose, un genre d’accord invisible…

Je cérébralise tout, je sais, désolée.

Je suis fatiguée sinon. Je n’ai plus d’énergie pour travailler mais il le faut bien : les vacances ne sont que mardi soir. J’ai réfléchi un peu à ce que j’allais devoir réviser pendant les vacs et si je veux tout bien faire il faut que je ne m’accorde aucun jour de repos. Et j’aurai un planning faisable et parfait. Complet.
Mais c’est impossible. J’ai besoin de lever le pied quelques jours. Alors je serai sûrement en retard mais après tout j’ai jamais rencontré un(e) étudiant(e) qui ne l’est pas !
Le problème c’est juste que je pense être moins fut-fut que la moyenne. Donc moins apte à faire avec le-dit retard. Mais bon.

Ah et aussi y’a Cathel qui me propose de sortir mardi entre deux cours. J’allais dire ok avec plaisir quand soudain j’ai eu un mauvais pressentiment, comme si c’était un piège.
J’vais dire oui quand même. J’espère que c’est JUSTE une mauvaise impression, juste mon cerveau qui part en vrille encore une fois, qui se triture les méninges pour rien. Parce que j’apprécierais pas ça DU TOUT.