Effeuille mes rêves

Colère noire

Je suis folle de rage.

Je trouve que Facebook est un super site. Vraiment. Le truc du réseau social, c’est une idée géniale, ça offre plein de nouvelles possibilités et y’a même deux ou trois avantages qui m’intéressent. Comme pouvoir retrouver des amis d’enfance par exemple.
Oui mais voilà pour des raisons personnelles, j’ai décidé que je ne m’y inscrirai pas. Jamais. Je ne veux pas. J’expliquerai peut-être pourquoi plus tard, mais tout ce qu’il y a à savoir c’est que j’ai des arguments - pas forcément bons ou mauvais, cependant j’en ai et j’y tiens. Je ne dis pas que ce choix est meilleur qu’un autre. Je ne prétends pas être "au-dessus de la masse" avec cette décision.
J’utilise simplement mon libre-arbitre comme d’autres ont utilisé le leur pour s’inscrire : c’est exactement la même chose.

Sauf que voilà : à cause de ma fac, je vais être obligée de le faire. Et ça me met dans une colère noire.

Bon allez, histoire d’appeler un chat un chat je vais expliquer pourquoi je ne veux pas. C’est sûrement une cause stupide tout comme la plupart des choses que j’écris et dis sont stupides et d’ailleurs c’est précisément que réside le problème !
En fait, j’évite ce site pour me protéger.
De deux choses. L’une étant que si je m’inscrivais sur Facebook, j’en viendrais fatalement à publier des statuts, des commentaires, p’tètre même des photos, bref : j’utiliserais Facebook quoi. Le souci, c’est que je me connais. Tout ce que j’écrirais je trouverais ensuite ça nul, débile, sans intérêt ; j’invente rien parce que ça me le fait déjà avec ce journal (mais au moins je suis protégée par l’anonymat) et que je dois me retenir très fort de ne pas tout effacer chaque jour. Face à mon avatar virtuel, le miroir de mon image sociale renvoyée par Internet, j’en viendrais peu à peu à me détester encore plus que ça n’est déjà le cas. C’est… je sais pas comment dire ça. C’est obligé. Je le sais. Je n’ai pas besoin de tester pour vérifier, c’est un de ces trucs intuitifs de survie. Tout comme je sais qu’alors je replongerais dans la sphère de l’automutilation - je sais même qu’alors j’irai beaucoup plus loin que ça. La seconde c’est les photos : je me voue un auto-culte de haine et ce mépris est exacerbé quand je me vois en photo. Je ne supporte pas ça. Alors déjà que me savoir "fichée" (je ne me rappelle plus le vrai terme) sur certaines qui circulent sur le FB de mes potes me rend malade, si jamais je pouvais les voir tous les jours… je serais capable de faire une grosse grosse grosse connerie.

Voilà. On est vraiment là au coeur de mon intimité, je vous livre tout mon dégoût de moi, et ça me fait presque mal de lâcher tout ça sur Internet mais j’ai besoin de le faire - je crois que je vais péter quelque chose si je ne me confie pas.

C’est pas nouveau : j’ai des problèmes avec mon image.
Je suis en psychothérapie depuis plus d’un an à cause de ça (d’ailleurs ça commence à faire long, et je désespère un peu...). Sous antidépresseurs aussi. Je me hais avec une telle puissance que les mots pour l’exprimer ne sortent pas car ils sont trop douloureux. Je ne sais pas si ceux qui liront ces mots auront conscience de ce qu’est la véritable torture mentale. M’enfin bref, je peux pas détailler ça, j’ai été la plus explicite possible déjà. Je pense même que c’est plus fort que haïr un ennemi, car moi je me connais par coeur, il n’y a aucun doute quant à mes faiblesses, mes failles, mes intentions réelles.

Bref.

Et toutes les infos de la fac passent par FB maintenant.
Je ne peux rien faire contre ça. J’ai demandé à des copines de me prévenir quand il y aurait des notifications mais elles oublient tout le temps que je n’y suis pas donc au final je rate parfois de grosses infos importantes et j’ai failli une ou deux fois me mettre dans le pétrin à cause de ça.

Donc je crois que je suis arrivée au point de non-retour. Et de l’inscription.

J’vais encore résister un peu parce que ça me fait réellement mal de devoir capituler comme ça. De devoir aller à l’encontre de mes convictions. Mais je sais qu’au bout d’un moment il faudra que je cède. Ça me met hors de moi d’être obligée de faire certains trucs juste parce que la société l’ordonne.

Bon, en plus, le cours que je révise là… C’est le bordel. Il ne correspond pas aux questions que j’ai trouvé dans les annales alors je ne sais pas comment je vais me débrouiller pour le valider.
Je panique un peu. Si j’ai trop de rattrapages cet été, il sera impossible d’aller travailler à Disney. Quoiqu’il faudrait déjà que je me renseigne, ce que je n’ai toujours pas fait…

Mis à part ça, j’ai passé un super Noël.
Traditionnel. Enfin, "traditionnel"... Selon NOS traditions en fait. Et Noël chez moi c’est coupé en deux parties, vu que mes parents sont divorcés, donc c’est deux fois le même plaisir et ça c’est vraiment… biouuu (admirez la richesse de mon vocabulaire...) !

J’ai prêté ma voiture à mon frère tout à l’heure. Il était tellement angoissé par l’état des vitres qu’il a décidé tout seul de me les nettoyer : yeeeeeeeeeeesss !!
C’est vrai qu’elle est vraiment crade ma voiture. Mais c’est comme ça que je l’aime. On trouve des trucs non identifiés sous les sièges. Si on pose la main quelque part dans le coffre, on en ressort les doigts tout poisseux d’une substance noirâtre inconnue et qui pue. Y’a des cheveux partout. Des miettes. De la farine aussi (oui, oui, c’est bien de la farine hein).
Bref, je la kiffe !