Effeuille mes rêves

Comme un vendredi treize malchanceux mais sept jours trop tôt

Oh là là c’tte journée pourrie.

J’ai fait une boulette.
J’ai fait un petit détour dans le passé… et il m’a marquée au truc machin tout chaud tout rouge qu’on sort du feu - un tisonnier, merci -, sur le front, de nouveau. Très vicieusement.
J’ai payé le prix.
J’ai perdu ma dignité.
J’ai dit des mots d’amour à quelqu’un qui le mérite et face à qui je me suis tue trop longtemps.
J’ai vu l’un de mes disciples démoniaques s’élever contre la tyrannie et triompher.
J’ai vu la beauté intérieure de la-dite tyrannie.
J’ai hurlé et la Terreur a hurlé en retour.

Passons maintenant à la séquence, décodaaaaaaaage !

  • Ce matin, en "stage" (non non, ça ne va pas "stage" il faut que je trouve un autre code parce que même moi je m’emmêle les pinceaux… je dirai "en immersion professionnelle" désormais ; et stage signifiera donc un vrai stage ; ainsi la Créatrice de ce journal a parlé, ameeeeen).

    Ce matin, en immersion professionnelle, donc (je fais mes études dans le paramédical ou du moins dans l’aide au bien-être de la personne), la personne avec qui j’ai travaillé ce matin… ben ne se sentait pas bien du tout après.

    Donc immense moment de solitude. Peut-être pas grave mais je n’ai pas de moyen de savoir et ça me rend dingue de me dire que j’ai pu faire une connerie (même si je ne vais pas aller en prison pour ça, certes).

  • Le petit détour dans le passé est une allusion à ce "cher" Tercian de mes deux qui me redonne des effets secondaires.

    C’est ça ou alors j’avais faim. Étant donné que j’étais déjà très ronchon à ce moment de la matinée, je vais dire que c’est la faute du Tercian. Non sans rire, les effets secondaires recommencent… Je suis inquiète. Mais d’après ma psychiatre, le Tercian est mon dernier recourt si je ne veux pas passer par les médocs qui endorment ou trahissent ma mémoire. Alors j’ai de bonnes raisons. Et "l’incident" non grave mais vexant de ce matin a probablement bien été influencé par ça ; et ça m’énerve.

  • Ensuite j’ai pris le bus. Pour rentrer chez mes parents pour le week-end.

    Madre de Dios. Y’a pas UN moment où je ne me suis pas ridiculisée ! J’ai donné au chauffeur ma pièce de un euro, toute contente d’avoir prévu à l’avance, avant de me souvenir cruellement que c’était pas le bon tarif. Ai dû ouvrir la soute (comme une gogol parce que forcément c’est la première fois que j’ai à mettre une valise dedans, sans moniteur de colonie), ouvrir ma valise en montrant bieeeen à tout le monde quelles petites culottes je ramenais chez moi, prendre les sous, tout remettre dans la soute, et remonter payer le chauffeur (qui était passé au tutoiement tellement je devais avoir l’air pathétique).

    Mais ça c’est rien. C’est quand je suis descendue à mon arrêt (enfin pas le mien justement, mais j’étais trop nerveuse pour attendre le suivant et je n’étais PLUS à dix minutes de marche près...) et qu’il a fallu récupérer cette saleté de valise qui avait glissé à l’autre bout de la soute que y’a eu du spectacle.

    Je le sentais, que les gens de l’arrêt me regardaient. Franchement, j’ai même pas hésité. Ma dignité, je te l’ai sacrifiée sur un autel blanc tâché du sang de vierges petites chèvres innocentes : j’ai lâché un juron de cow-boy, plongé à plat ventre pour attraper la valise, suis sortie en rampant, ai remis mon sac à dos, ai tapé du talon sur le sol pour la gloire, et suis partie sous les sourires mêmes pas cachés des habitants moqueurs de ma chère et bienaimée ville.

    J’ai écrit l’autre jour que j’avais apprivoisé la Grande Ville où j’allais désormais devoir étudier. Que nenni. Elle m’impressionne encore. Cet épisode avec le bus me l’a prouvé.

    J’ai encore tellement de choses à… même plus "apprendre" à ce niveau. Je suis incapable en situation inconnue de réagir avec classe et panache. J’ai systématiquement l’air d’une neuneu. C’est plus fort que moi.

    N’empêche que maintenant que je suis sur mon journal intime, je peux le confier : j’ai kiffé ma glissade sur le ventre. Comme un gros pingouin sur la banquise.

    Mais bref, la Ville et ses tentacules d’organisations automates me font toujours un peu flipper.

    Mais bon, j’ai réussi à acheter une carte de bus. Youhou. Je n’aurai plus à montrer mes culottes.

  • Du coup, quand j’ai rejoint ma voiture, je lui ai fait un gros câlin.

    Sérieux, je lui ai dit des trucs que jamais je dirai à un être humain. Genre même si Jareth me courait après lundi, qu’il m’avouait son amour fou et éternel pour moi, et m’offrait son cœur avec un joli nœud papillon rose dessus, je ne dirais jamais à Jareth les choses que j’ai dites aujourd’hui à ma voiture.

  • Bon après je suis enfin rentrée et je me suis foutue de la gueule du chat de ma belle-mère (que mon père garde pendant les vacances). Il s’est fait narguer en beauté par un moineau qu’il a essayé d’attraper en montant très haut sur un arbre aux branches terminales très fines… pour rien, hahaha ! J’adore les oiseaux.

  • Le problème, c’est qu’ensuite, ce sournois petit tyran aux poils doux et au regard ingénu a quiché sur le sol. Et j’ai dû nettoyer.

  • Et pour décoder la dernière phrase, dans la catégorie "on s’en fout royalement", c’est juste que mon frère m’a fait peur tout à l’heure, donc j’ai crié, donc je lui ai aussi foutu la trouille sur le coup, donc il a sursauté et crié. Voilà.

Pfff, j’ai une tonne de boulot, sinon. Je préfère même pas y penser. On verra demain si le jour se lève.