Effeuille mes rêves

Comme une enfant

Ugh.

J’ai mangé des bonbons. Trop de bonbons. Pendant que je regardais un film. Et je suis malade maintenant.

C’est juste génial. Je dis ça sans ironie. Je ne regrette rien !

Mais je réfléchis toujours autant. Comment me construire ?

Comment est-ce qu’on devient une personne à part, avec des hobbies, des projets, etc ?

Je me doute qu’avant de faire des rencontres intéressantes, il faut que je devienne moi-même une personne intéressante. Remplie. Qui vit pour et par elle-même.

Alors qu’est-ce qui me définit ? Quelle marque ai-je laissé dans ce journal, malgré moi, sans m’en apercevoir ?

Je sais que je ne devrais pas me prendre autant la tête, mais les stages ont réveillé mon stress. Je suis toujours aussi maladroite dans mes rapports avec les autres. Mais VRAIMENT maladroite. Au point où ça craint. Dans mes paroles, mes gestes… Le Schtroumpf Maladroit à côté de moi c’est un aristocrate (j’ai pas de meilleure référence sous la main).

Parce que dans ma profession, c’est plutôt un trait de caractère boulet. Les immersions professionnelles se sont aussi bien passées jusqu’à présent, mais j’avoue que je m’y rends toujours avec angoisse.

Sans exagérer : je vois que les gens le voient. Avec le recul, c’est marrant ; mais sur le coup…

Demain : autre stage. D’où mon besoin de venir ici, expulser un peu.

Je me demande ce que je pourrais faire de plus pour aller mieux. Je maintiens que je suis heureuse (j’ai suffisamment travaillé pour l’être !). Mais j’ai peur de passer à côté de quelque chose. Un trésor caché au fond de ma jeunesse. L’insouciance peut-être.
C’est clair que parfois j’aimerais être un peu plus insouciante ! Laisser un peu plus couler les choses.

Enfin bref c’est la vie. Et le taux de sucre élevé que je dois avoir dans le sang aussi. Ne doit pas arranger les choses.

Petit exercice d’association d’idées :

Profondeur => Eau-céan (oui je me fais des jeux de mots / réflexions pourris en boucle dans mon cerveau...) => Immensité => Infini => Univers => Chips => Marketing => École de commerce => Sonny => Angoisse => Anonymat découvert => Dispute => Bonbons à l’orange (beurk) => Stage.

En fin de compte, même pendant des exercices pseudo-récréatifs/créatifs, je rumine pas mal. Je devrais peut-être le noter quelque part. Pour ma psy.

T’sais quoi j’ai carrément pensé à donner l’adresse de ce journal à ma psy. Narcissique que je suis. Non mais je me suis dit qu’elle pourrait voir certaines de mes réactions à chaud, même si je n’explique pas tout, et que ça pourrait être intéressant du coup.
Mais bon ce serait bizarre. Pour elle comme pour moi. Y’a des jours où je me blottis confortablement dans l’anonymat que JI m’offre, mais il y a des jours où j’avoue que ce silence face à mes émotions à fleur de peau m’effraie. Il y a une potentialité que des milliers de gens me lisent. Bon, d’accord, je sais que ça n’est absolument pas le cas. Mais imagine, Future-Moi qui relira ces lignes. Parmi ces gens, il peut y en avoir des extraordinaires, à qui je me serais confiée sans même le savoir, sans les avoir connus alors que eux m’ont un peu connue. Il pourrait y avoir le ou la meilleure amie que je recherche idéalement. Ou quelqu’un que je croise tous les jours, pourquoi pas !

Bon et là c’est le moment où je pars en vrille.

Quelqu’un qui travaille au gouvernement pourrait me lire. Je ne parle pas forcément d’un ministre ou du président, mais je ne sais pas moi un garde du corps ?
Un coup d’œil sur mes écrits grâce à son téléphone, entre deux coups d’œil attentifs sur son employeur. Quelqu’un qui se trouve actuellement à l’Élysée pourrait être en train de lire ces lignes ! Ou une star. Han t’imagines ? J’ose même pas citer de nom. Tiens, un des humoristes que j’ai vu en spectacle pourrait lire que j’y suis allée et se dire "oh mon Dieu cette folle était tout près de moi, on était dans la même pièce...".

Ou sinon : le demi-frère caché de la belle-mère à la sœur de ma grande-tante dont je n’ai jamais entendu parler dans la famille parce qu’il a fugué il y a des années. Pourrait en secret suivre mes aventures sans savoir qu’on est de la même famille.

Ou encore disons un milliardaire alité chez lui pour cause de burn-out qui recherche des réponses à la vie en lisant partiellement celle des autres sur Internet.
C’est pas si dingue que ça, je le fais. Bon, il/elle ne trouvera rien de bien utile ici. Mais quand même !

OH. Ou alors un détective privé. Attends, laisse tomber les clichés, je vais faire mieux : un détective privé qui enquêterait en réalité sur JARETH et qui aurait compris qui je suis dans la vraie vie (quel visage dans sa classe je suis) et qui me pisterait par acquis de conscience au cas où un jour je révèle un détail sur Jareth qui pourrait l’aider à révéler à ses patrons qu’il est :

    1. Le fils du parrain de la mafia française.

    2. Un agent secret qui aurait changé d’identité car il aurait drainé l’argent du gouvernement pour faire ses études là où je suis.

    3. L’héritier du dernier roi de France qui a régné (un détective royaliste, ça peut exister).

    4. Le prince d’un tout petit pays tropical oublié des cartes, francophone, en fuite.

    5. Hannah Montana. Ok pas drôle je sèche.