Effeuille mes rêves

Cri de haine

Je la hais. Ça y est. On y est. Je ne la déteste plus : je la hais.

Cela signifie donc que quoi qu’il se passe à présent, mon avis est fixé. Quand on a dépassé ce stade, avec moi, faut y aller fort. Mais une fois qu’on s’y est embourbé, c’est quasi-définitif.
À moins d’un gigantesque changement ou effort de sa part. Mais ce n’est pas actuel. Et Paula m’a dégoûtée de ces âmes que je crois en peine et veux aider alors qu’elle ne sont en réalité que des parasites qui refusent toute compassion. Toute volonté de s’améliorer. Toute action pour me respecter moi et mes convictions durement acquises.

Avoir besoin d’aide ne justifie pas déchiqueter la santé mentale de tous ceux qui vous entourent.

Non ?

Je ne sais pas. En fait… Je doute encore. Non pas sur mes sentiments. Légitimes ou pas, ils sont là. Mais je ne pense pas avoir raison.

J’ai simplement atteint un stade où je m’en moque éperdument.

Je hais Cathel. La maladie biaise certes mon jugement, mais il n’y a qu’une personne qui me déclenche régulièrement des crises. Et cette fois, on ne peut pas dire que je ne fais pas d’effort pour les contenir. Je ne peux littéralement rien tenter de plus. À part concrétiser ce désir ardent et secret de suicide que Cathel génère en moi.

Mais non. Je ne lui cèderai pas.

J’ai encore une fois réfléchi à la situation. J’ai dit que je ne pouvais pas la dégager violemment de ma vie. Comme j’en rêve parfois. ; mettant sèchement de côté l’opinion de mon cœur tout mou. Je l’ai envisagé. Mais sérieusement, dans les conditions actuelles, c’est impossible.
Je suis liée à elle.

Ce matin, j’étais simplement déprimée à cause d’un cours très très ennuyeux. Qui titillait ma dépression. Et une heure plus tard, je sombrais à nouveau dans une crise profonde - une de celles qui sont ancrées en moi et dont je sais que je ne me débarrasserai pas facilement.
Par une seule phrase de Cathel. Je te respecte et je suis tellement désolée de ces problèmes que tu as chez toi. Mais tu n’es pas une amie. Tu contribues à ma destruction.

Je vais aller me chercher quelque chose à manger en ville. J’ai besoin d’un truc caloriquement satisfaisant et culpabilisant. Et peut-être que je sècherai le prochain cours. Demain matin. Je ne sais pas encore. Les immersions professionnelles (ce soir et demain soir) je suis obligée d’y aller. Mais je sens que je vais dépasser le quota d’absence. Tant pis. Je suis déjà OBLIGÉE de cacher cette foutue dépression à tout le monde, à longueur de temps (parce que quand on me dit "Avec nous, tu peux être toi-même et être naturelle, assumer ce que tu ressens", je me suis rendue compte que ce n’est pas vrai : au mieux je génère de la pitié). Parce que RÉELLEMENT, même en expliquant, personne ne comprend. Et ce n’est pas leur faute. Mais je n’ai aucun répit. Jamais.

Même le directeur, avec qui j’avais pris un rendez-vous pour le supplier de m’aider, m’a rejetée. Il ne m’a même pas écoutée. il a fait semblant de comprendre, comme tout le monde. Et là où j’attendais un soutien - une ébauche de piste pour trouver une solution, même si c’est moi qui dois la mettre en œuvre ce qui est normal - ben rien.

Dans cinq mois. Ce matin, je disais cela pour un cours qui a mis mes nerfs à rude épreuve. Maintenant je sais que ma vie en dépend.