Effeuille mes rêves

"DES FRAISES ?! En cette saison ?!"

Immersion professionnelle. Je me prépare depuis DES SEMAINES pour faire du travail correct, et qu’est-ce que je récolte ?

Des tartines !

Ohé ohé ; j’entends quoi ? Des tartiiiiiines !

Une nulle. L’école ne m’a rien reproché et n’a rien à se reprocher. C’est moi, toujours moi. Moi qui suis mauvaise, moi qui perds mes moyens même dans les situations les plus banales.

Moi qui travaille H24, qui en suis à planifier mon temps de petit déjeuner et la dépense de mon énergie dans la journée, pour bien travailler.

Je foire.

Toujours et inéluctablement. Et puis mon attitude sociale, n’en parlons même pas. Je suis incapable d’articuler quoi que ce soit de sensé, malgré les milliards de perches amicales qu’on m’a tendu ces derniers jours.

Quoi qu’on en dise. Je suis… Non, je ne vais pas écrire stupide. J’ai quand même envie de continuer mon programme du "tu vis avec toi-même pour le reste de ta vie, alors agis en tant que tel !". Fais les choses comme tu voudrais qu’elles soient. Bon. Je n’y arrive pas ? Eh bien j’ai fait de mon mieux. Le reste n’est pas important. Je ne l’oublie jamais, après tout, que je ne suis qu’une goutte d’eau dans un océan. Et une goutte d’eau plutôt polluée. Je ne me prends pas pour quelqu’un d’autre.

Pour quelqu’un de - osera-t-elle le dire ? - propre. (Oui).

Les autres ne comprennent pas pourquoi je les admire. Ils sont adorables ! Ils s’étonnent quand ils me voient travailler autant, tout le temps. Ils me complimentent même parfois ! Je les remercie et change de sujet. Je n’aime pas parler de mon cas (ici, bien sûr, c’est différent ; même verbe mais pas même action en réalité).
Mais au fond, j’ai envie de leur dire que ce sont EUX qui sont trop forts ! Ils parviennent à rester décontractés, cools, droits dans leurs chaussures là où je panique et suis à deux doigts de la combustion spontanée MÊME LORSQUE TOUT VA BIEN.

Le pire, c’est qu’on continue à me faire confiance. C’est une histoire de mots mal choisis, tout ça, une image fausse que je vous renvoie. Arrêtez, pitié. Le jour où vous me verrez telle que je suis, ça va me faire beaucoup trop mal.

Mais nouvelle Aloha. J’ai mis à jour mon journal. J’ai écrit ce que je pense. Maintenant : je vais passer à autre chose. À la suite. Thé glacé et fraises en guise de goûter tardif / repas du soir.

Oh mais que vois-je. Une fraise tordue. Elle a un "chapeau vert" (oublié le nom...) sur les deux extrémités. Elle ne correspond pas aux critères esthétiques qui vont de soi quand on pense à une fraise. Elle est étrange. Elle est détraquée. Peut-être non comestible. Elle est mon amie. J’hésite à l’adopter.

Tiens, y’en a une autre. Deux, trois, quatre… Euh ? J’ai peut-être acheté des fraises génétiquement malmenées aussi ?

Peu importe. Avec de la chance, les OGM vont me faire pousser un cerveau.