Effeuille mes rêves

De l'intérieur

Je viens de remarquer un truc.

C’est toujours quand je pense pouvoir m’en sortir que je rechute.
Quand je pense que tout va bien se passer que je m’en prends plein la tête.

Le mois de mars par exemple. Il était censé bien se dérouler. Pas de gros évènements trop lourds à gérer. Et pourtant…

Je ne veux pas me complaire dans le noir. Je ne veux pas susciter de pitié ou d’agacement. Je note tout ça… rien que pour moi. Pour extérioriser. La douleur, oui, encore. Pardon. Mais les mots ne peuvent pas restranscrire à quel point je suis fatiguée à l’intérieur. Je me bats, je n’en donne peut-être pas toujours l’impression, mais je ne cesse de me battre. Pour améliorer les choses et/ou apprendre à vivre avec. Mais le combat se termine toujours de la même manière pour moi : une grande claque.

Combien de temps que je n’ai pas gagné significativement ? Ma dernière grande victoire sur moi-même, elle remonte à quand ?

Je ne veux pas être jalouse. Mais… Oui, si je dois être totalement honnête ici, peut-être devrais-je commencer par avouer que je le suis un peu. Tous les gens que j’ai rencontré… Quand ils ont un problème… Ce problème peut être minime ou vraiment très gros, il dure une certaine période, mais ensuite il se résout. La vie n’est pas bloquée chez eux.

Ça peut être long, parfois, ça prend un long moment, mais ça finit toujours par partir. En plusieurs mois quand c’est vraiment long. Même en plusieurs années parfois. Mais même cette frontière-là, celle des années, je l’ai dépassée, et pour moi rien ne bouge.

Je sais que je ne devrais pas dire ça mais je me sens comme un monstre. Je me sens punie et pestiférée. Je vois chez les autres la souffrance qui s’éteint un beau jour, ils sont délivrés, parfois très très heureux, et ils l'oublient petit à petit. Et ensuite, quand je parle avec eux… Non, là je pense à Sonny. Ce cas précis ne concerne que Sonny. Sonny qui quand ses problèmes sont réglés ignore les miens. Ça m’a fait plus mal que ce que je ne croyais. Je découvre encore de nouvelles couches blessées dans cette histoire.

Mais ce n’est pas la question.

Je suis contente pour eux, bien entendu. Mais je ne parviens pas à chasser cette idée de ma tête : pourquoi je ploie encore sous le poids de cette douleur ? Une douleur qui n’a pas toujours une origine discible. Je ne peux pas toujours dire pourquoi j’ai mal, mais c’est si fort que simplement l’oublier et passer à autre chose m’est impossible.

Je jure que c’est vrai…

Des années que ça dure. Des années qu’un à un, les espoirs que je fonde en ma libération s’évaporent. Je comprends même pas comment je peux en avoir encore, de l’espoir.
Y’a pas de mots pour raconter ce que c’est de voir tout ce qui vous tient encore en vie vous être arraché de l’intérieur.

Mais allez, cette semaine devrait normalement être une super semaine !

L’ennui, c’est que maintenant ça m’angoisse tout autant que les mauvaises. Vu tout ce qui s’est passé avant, à chaque fois que je me disais que ça allait être génial…
Oui, je sais que c’est ridicule. Mais si vous me lisez régulièrement mettez-vous à ma place deux minutes. Je DÉTESTE chouiner, je vous jure que j’ai ça en horreur, et pourtant les mots (qui ne me délivrent plus, qui n’ont plus de goût) sont tout ce qui me reste pour mettre une distance entre moi et… Ça.

Je sais qu’il faut rester optimiste et machin et tout. Mais ça, ça marche quand les choses ne sont pas bloquées. Quand les problèmes se résolvent effectivement au bout d’un moment.

Mais bon. Je dis ça mais je vais quand même ignorer ma peur. Continuer à vivre en me disant que tout va bien se passer.

Rendez-vous à la prochaine claque.

P.S : Ne me détestez pas d’écrire ces choses.