Effeuille mes rêves

De la chance

Je m’étais dit que je ferais la forte et que je n’écrirai pas, mais après tout c’est mon journal je fais ce que je veux !

Mes résolutions de hier flanchent déjà. Bon, d’accord, j’exagère un peu. C’est un tout petit ébranlement. Je ne suis pas rongée par l’angoisse ce matin. J’ai juste pas franchement envie d’aller en cours (cours difficile n°2), et la sortie du lit a été une véritable bataille intérieure.
Je ne suis pas angoissée, je le répète, mais je suis… oui, je ne peux pas nier que je suis un peu stressée. J’ai appliqué tout ce que j’ai dit hier mais il reste des miasmes de stress encore. J’ai pourtant un plan d’attaque, envisagé tous les scénarios possibles, mais je reste anxieuse. Le nouveau médicament du psychiatre il me fait rien du tout. Je lui en parlerai lundi, je crois qu’il me l’a donné en sachant que ça ne marcherait pas (sur Internet, la plupart de ceux qui l’ont testé disent que ce n’est qu’un placebo… je crois au pouvoir du placebo, mais y’a certains cas où faut reconnaître qu’il est dépassé).

Maintenant que j’y pense, le cours de cet après-midi ne m’enchante pas non plus.
Mais bon ! Quand on en sera là, les choses iront déjà un peu mieux.
J’espère vraiment que le détail qui m’angoisse pour ce matin va se régler gentiment. J’ai eu de la chance jusqu’à maintenant. J’ai conscience que ça ne sera pas forcément le cas pendant les quatre années qu’il me reste à faire…

Croisons les doigts.

Pff, ça fait du bien d’expulser tout ça ! D’autant plus qu’il n’y a que ici où je peux le faire aussi librement (même si je m’autocensure sur quelques points précis par paranoïa). Ça me rappelle l’horrible constatation que j’ai faite hier. Dans ma fac, en fait, tout se sait. C’est effrayant. Les gens savent tout de la vie de tout le monde, je comprends pas comment c’est possible...
Du coup, ça m’inquiète. Ma vie à moi, elle peut être mal interprêtée, elle peut dégoûter certaines personnes (j’ai entendu de ces réactions étranges contre les personnes dépressives avant d’en faire une...). Ma psy m’a bien dit de ne parler de mes angoisses à personne, sauf peut-être à Vaea ou Cathel une fois de temps en temps si elles sont disposées à m’écouter, mais surtout pas régulièrement. Le problème, c’est que mes angoisses sont limites toute mon existence ! ! J’veux dire, dans ma vie, y’a une grosse grosse part qui est dédiée à la guérison. Les docs que je vois, les médocs que je prends, les thérapies, les crises… Je ne peux pas occulter tout cela - je n’en parle pas comme ça à n’importe qui non plus mais je veux dire que ma vie c’est surtout ça en ce moment : une reconstruction laborieuse, et je ne peux pas le nier.
Ça me mine un peu, cette ambiance. Savoir que je ne peux compter sur personne là-bas, que c’est la jungle. Je déteste de ce genre d’environnement ; pour moi tout le monde il est beau, tout le monde il doit être gentil, mais tous ne sont visiblement pas bien intentionnés.
C’est naze.

Aaaah surtout que hier il s’est passé un truc qui m’a bien énervée !
Un gars a gravé sur une table "Aloha + Cathel"... Il plaisantait avec elle, moi j’étais à l’autre bout et je me concentrais pour bosser donc j’étais absolument pas dans le délire, et voilà. La maturité du mec, j’vous jure. Ça me fait royalement ch!er. Pourquoi 98% des gars de mon âge sont aussi stupides ? Nous on doit faire des efforts pour tenir la distance sur tous les niveaux et eux pendant ce temps ils font quoi... ? RIEN pour évoluer. Ça me met dans une rage pas croyable.
Bref, là, c’est la colère qui prend la parole. Mais voilà quoi, c’est chiant. Je déteste ce genre de trucs ; au lycée on m’a fait le même coup et les rumeurs les plus débiles du monde ont couru sur moi et Paula. Ce n’étaient que des blagues puériles sans conséquences, mais ça m’a fait beaucoup de mal.
Et bien entendu, pas moyen de faire partir ces inscriptions… Alors après le cours, folle de rage, j’ai foutu du blanco dessus. J’ai peur pour ça aussi parce que la femme de ménage risque de péter un câble et de le signaler à la direction et si jamais ils demandent à la personne de se dénoncer… Non sérieux, Aloha, calme-toi… J’vais aller fermer les yeux cinq minutes avant d’y aller. CROISONS LES DOIGTS je le répète.