Effeuille mes rêves

De la pâte à modeler

Bien sûr, il ne s’est rien passé d’extraordinaire.

Enfin pas d’extraordinaire surnaturel. Pas d’illumination existentielle. Pas de visions sur le secret du bonheur, de trucs comme ça, de l’amour de la vie de la mort des cacahuètes etc etc. Pas de découverte bouleversante. Pas de rencontre inattendue.

J’ai fait six heures de train pour traîner une trentaine d’heures avec une bonne amie qui vit loin. Parce qu’une occasion s’est présentée. Les billets de train étaient à un prix idéal.

J’y suis allée. Même si j’ai dû racler le fond de mon compte en banque pour ça.
Même si je savais que j’allais stresser pour telle convention sociale à adopter. Telle autre. Telle autre. Et encore telle autre. Ah et aussi… ouuuuh mais en fait quand on vit en société TOUT est une convention sociale ; qu’est-ce qui t’a pris d’accepter de partir comme ça sans réfléchir franchement t’es pénible Aloha et maintenant t’as l’air maligne tu fais comment ?

Et ben je fais que j’ai laissé couler les moments où je me sentais décalée. Tant pis.
Je ne serai pas bien perçue aujourd’hui par le monde extérieur. TANT PIS.

Et devine quoi ? La vie continue ! Wouh ! Si ça se trouve, personne ne t’a trouvée bizarre en plus.

Alors il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Mais il y a un résultat.

Ainsi, aujourd’hui, je suis de nouveau motivée pour replonger dans ma vie. Que j’adore. En réalité. Comme elle est. Avec son absence de voyage. Ses bafouilles. Ma routine d’ermite solitaire. Mon superbe chambre étudiante.

Tout comme si j’avais eu des vacances, alors que je me suis évadée le temps d’un week-end. Discrètement. Facebook et compagnie n’en sauront rien. Ils n’existent pas pour moi.

Et tant pis si les émotions ne se transmettent pas avec les mots. C’est pas moi qui vais changer ça. Tant pis si quelqu’un ne comprend pas ce que j’essaie de lui exprimer. Tant pis.
Je modèle ma vie avec de la pâte à modeler et je m’éclate. Même si aucun composant n’est extraordinaire. Ou d’une couleur variée. Je fais souvent la même figure. Mais je l’aime.