Effeuille mes rêves

De (long) fil en aiguille (pointue)

Je recherche timidement la vraie vie.

Les jours passent et se succèdent, et le temps est l’éternel marionnettiste de toute cette mascarade. Je révise, le temps passe. Je stresse pour les exams ou les cours, le temps passe. Je regarde un épisode, je fais du sport, je lis un bon ou un moins bon bouquin, le temps passe.
Le temps passe, le temps file, le temps se courbe et se déroule à sa guise.

Et moi j’attends.

J’attends la vraie vie.

Il y a du potentiel, dans cette nouvelle configuration. Je suis dans une grande ville maintenant, donc disons que ça bouge un peu plus. Plus de possibilités. Je vis seule et rentre le week-end, donc il y a du mouvement et de l’indépendance dans ma vie.

Mais j’ai l’impression que ça ne suffit jamais.

L’impression qu’il va falloir attendre encore des années pour rencontrer quelqu’un. Mourir quinze fois entre temps. Je ne veux pas de cet avenir, lent et inanimé*.

Sonny m’a fait du mal mais je l’aime toujours et la respecte toujours. C’est le genre de fille qui rayonne de joie de vivre. Il lui arrive toujours plein d’aventures, qu’elle prenne le bus ou reste en chaussettes tranquille chez elle. Elle attire la vie, tout simplement. Bonnes choses et mauvaises surprises, mais elle déborde de vitalité, c’est une fille pétillante.

J’admire énormément ce trait de caractère chez elle. Et mon admiration n’est absolument pas ternie par cette petite période où j’ai choisi de m’éloigner.
J’aimerais que les choses se débloquent pour moi aussi. Pas forcément qu’il m’arrive tous les jours des trucs de dingue, mais quelque chose d’un peu plus fluide que la maladie, la stagnation permanente, la mort dans mon cœur, le temps qui s’étire et ronronne ; dans une autre dimension.

J’vais essayer de voir Vanina vendredi. Suis un peu crevée, pas trop envie de sortir, mais elle est une amie précieuse et elle me manque.

Je repense aux sacrifices que j’ai fait pour mon école, et ça me donne le tournis. "Travailler intensément en permanence" est peut-être le premier sur la liste, mais loin d’être le seul. Ne serait-ce que par ses innombrables conséquences.
Ma santé mentale est dans un état si ravagé que je ne sais même plus comment on fait les choses les plus simples de la vie. Comment on rencontre des gens, comment on se comporte, comment on construit des projets.

Bien sûr, j’ai des projets. Pas faramineux, mais enfin des projets. Seulement… il leur manque une touche de magie.

Ok, j’avoue, j’écris cet article juste après avoir vu le dernier épisode de "Once Upon A Time". Mais même dans la vraie vie, y’a de la magie. Les coïncidences, les hasards, les petites choses qui s’éparpillent dans notre quotidien comme une colonie de papillons colorés, tous différents. C’est réel.

Mais hors de ma portée, toujours hors de ma portée. Les séances avec ma psychiatre m’apaisent, mes séances avec ma psychologue me font du bien, mais ma vie elle reste toujours immuable. L’univers sourd à mes suppliques.

"Arrête de supplier", dirait-on dans ce cas, "et ne pense plus à tout ça". Tu t’étouffes eh bien ne pense pas à l’air qui te manque ? Tu te noies et ne penses pas à l’eau qui te submerge ? Brûlure, déchirure, torsion, foudroiement, néant, souffrance et souffrance et souffrance éternelle. Éternelle…

        * C’est grâce à un(e) diariste de JI que j’ai découvert Ycare, merci car j’adore ses textes.