Effeuille mes rêves

De qui ?

Ça vient de moi.

C’est sûr. C’est moi qui ai un problème. La critique trop facile ? Peut-être. La rancœur mal placée ? Possible. Et j’en suis désolée.

Mais quelque part… Quelque part, je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux au ciel toutes les deux minutes. Pendant les quatre heures qui viennent de passer - douloureusement.

Mon exam' est en fin de semaine. Alors quand on est coincé à l’école avec rien à faire ? Y’a que moi qui trouve ça logique d’utiliser ce temps pour RÉVISER ?
Pour se conforter ? S’imprégner des détails qui vont faire notre métier ? Oui, l’idéal à mes yeux serait carrément de prendre un peu de temps toutes les deux heures pour méditer. Mais bon. C’est trop demander, je le sais. Mais réviser, bon sang, j’ai l’impression d’être la seule à en avoir besoin !

Non : il y a le prof' aussi. Qui dit que c’est important. Mais bien en mode Culpabilisation, hein. Vous êtes vraiment nuls, à mon époque c’était pas pareil du tout. Vous manquez de motivation.

Désespoir. Eh ! Eh ho ! Je fais ce que je peux pour garder la tête à la surface, mec. Mais je fais ce que je peux dans l’ambiance qu’il y a, aussi.

Ce que font les autres ne me regardent pas. Par contre, quand on m’empêche de faire ce que moi je juge indispensable pour moi-même… ça m’enrage.

Ce n’est pas comme si j’étais le genre de fille à saouler tout le monde quand ça l’arrange ! Quand je vois que quelqu’un veut être tranquille, je le respecte.

Ce n’est pas parce que je ne dis rien que dans ma tête c’est l’encéphalogramme de la grenouille…

M.rde quoi. Je n’ai pas vos facilités, moi ! Mon seul remède contre le stress, c’est de bosser. De me sentir au point. Or avec le niveau de confiance en moi que j’ai… Ça vient pas tout seul. Du tout.
Ma seule volonté actuelle, c’est de changer de vie. Obtenir mon diplôme et sortir de ce cercle vicieux de pessimisme qui m’entoure. Mais après avoir entendu Cathel et Stojan parler de mariages arrangés, de catholicisme extrémiste (eux ne le sont pas, mais leurs familles...), de problème illogiques, de parents abusifs…

Je les plains. D’un côté. Ils vivent avec des gens difficiles - pas étonnant qu’ils soient eux-mêmes… maussades. Tout le temps.

Mais j’ai tellement envie de changer tout ça… De trouver quelque chose d’autre dans le monde. D’autres personnes, entre autres, oui j’ai honte de le dire.

"Ah là là. Et pendant ce temps, Aloha elle est sérieuse, regarde. Elle révise. Ça me met une angoisse !".

Oh pardon. Mais c’est la raison pour laquelle je me suis isolée dans mon coin dès le début, en même temps. C’est vous qui venez à chaque fois. Et je vous aime bien… Mais je veux juste travailler.
Pas comme une forcenée. À la cool. Mais travailler ce que j’ai prévu et besoin de travailler !  !

Surtout que j’ai attrapé ce sale rhume que j’évite pourtant très soigneusement (et jusqu’à présent avec un succès triomphant) pour être en forme lors de ma performance orale. D’une heure, quand même. Y’a plus, y’a moins, mais ce n’est pas la question : c’est le temps où il faut que je démontre une force de concentration bien plus grande que moi. Une force totalement annihilée par le stress. D’où mon combat pour le chasser définitivement de ma ligne de mire, celui-là.

Sauf que quand on me tousse dessus, hein, je ne peux pas éviter les microbes. Et quand on vient s’installer à côté de moi pour raconter des blagues de fesse pendant trois heures… Bah non, désolée, ça ne me fait pas rire. Les blagues de cul, quand elles sont drôles, elles me font rire. Il se trouve que c’est rarement le cas.

Et puis les clichés, les "ouais ils nous aident pas alors on les aidera pas !", les ragots, les tricheries…

C’est ça que je ne comprends pas. Tout le monde pense pareil ! Mais si. Tout le monde dit un jour un truc du genre : "Ouais, alors moi j’aime parler de choses vraiment intéressantes avec les gens. C’est à ça que servent les rencontres. Le superficiel, tu vois, je m’en fous. C’est pas ce que j’attends de la vie".

Grosso modo. Tout le monde !  !  ! Mais alors pourquoi on pense loin mais on montre peu ?

Pourquoi on pense du bien et ça se traduit par du mal (dans le sens "qui finit par aller de travers", pas dans le sens dichotomique) ?

Cette contradiction est trop énorme pour mon cerveau. Preuve que je n’ai rien d’exceptionnel. Une part de faute m’incombe probablement. Il paraît qu’on est la résultante des cinq personnes avec qui on traîne le plus. Hum. J’vais pas laisser tomber tout le monde du jour au lendemain, ce serait stupide. J’aime bien ma vie comme elle est. Je ne vais pas plaquer tout ce qui va bien et me plaît pour renouveler toutes mes relations, j’ai travaillé trop dur pour avoir ce que j’ai aujourd’hui.

Mais il est vrai que… les amis… eh ben, j’ai pas énormément de chance de ce côté-là. Enfin, un peu, si. Un bon peu. Mais au final les cinq personnes qui me gravitent le plus autour, ce ne sont jamais celles qui me correspondent vraiment.

Donc je me demande : ne serait-ce pas moi qui aurait un problème ?

Bon, allez. Je suis vidée de toute énergie et motivation, du coup.