Effeuille mes rêves

Définition du rêve moite

Ce matin, je me suis réveillée à 5h, avec un étrange souvenir en tête.

Étrange dans le sens où je n’ai pas pu me rendormir une fois qu’il était là. Il m’a mise mal à l’aise. Pourtant ce n’est pas un mauvais souvenir en soi.

Une petite tranche de ma deuxième vie datant mon époque primaire. Chez la dame qui me gardait, après les cours, en attendant que mes parents viennent me chercher. Ça fait tellement longtemps que je ne me souviens plus des détails : est-ce que mes parents m’y déposaient le matin aussi, car ils devaient partir très tôt travailler ? Est-ce que j’y restais le mercredi ? D’ailleurs est-ce que j’avais école à l’époque le mercredi ?
Je sais que j’y étais quand j’étais malade en tout cas, ces journées-là sont… gravées assez fortement en moi. Et puis il y a quelques petites scènes qui resurgissent de temps en temps, sporadiquement. Agréables ou moins. Ce matin, elle était juste… bizarre.

Quand j’ai eu mon bac, je suis retournée deux ou trois fois voir cette dame et sa famille. J’étais - je suis - tellement reconnaissante, j’ai conscience qu’elle a participé à mon éducation, et je l’aime et l’aimais beaucoup.
Et puis quand je suis devenue une loque totale… J’ai arrêté d’y aller. Je ne savais pas si ça leur faisait vraiment plaisir, je ne savais pas quoi raconter… J’ai envoyé une carte postale ou deux, mais plus rien ensuite.

Je commence les cours un tout petit peu plus tard, ce matin, alors ça m’énerve de m’être réveillée aussi tôt ! !

Je vais en profiter pour faire les courses, j’imagine… Mais bon. Le sommeil ça devient compliqué en ce moment, alors que ça faisait des mois que j’étais parvenue à me stabiliser grâce au Somactifs. Tout mon équilibre mental quotidien en dépend, de la qualité de ce sommeil.
Bon, ok, y’a eu quelques dérapages… mais si j’ai sauvé ce que j’ai réussi à sauver, c’est parce que je dormais bien.

Enfin, "bien"... Je dormais d’un sommeil réparateur. Qui parvenait la plupart du temps à étouffer les cauchemars, et les restes implicites de rêves moites, imprégnés dans mon inconscient au matin. C’est pas facile de faire une vraie bonne nuit, depuis quelques années, tout comme mes journées ne sont "pas faciles" (euphémisme). Mais bon, je tenais, et c’est le principal.

Mais le Xanax a tout déréglé.

J’ai commencé à en prendre tous les jours après l’épisode aux urgences. La psychiatre a répondu à ma question angoissée sur la dépendance que, puisque j’en avais manifestement besoin, il fallait continuer à en prendre parce qu’on était pas à une semaine près.

Sauf que depuis, deux semaines sont passées. Et à cause de la folie de mes examens méga importants et difficiles, je vais devoir annuler tous mes rendez-vous médicaux de la semaine.
Et cela fera trois semaines que je prends du Xanax matin et soir.

J’ai essayé de ne pas en prendre samedi. Juste pour voir si j’allais avoir besoin d’un sevrage. Bah oui. J’ai super mal dormi : j’ai mis deux plombes à m’endormir, et au réveil je me sentais… comme après un rêve très moite.

Faut ptêtre que j’explique ce que j’appelle un "rêve moite". Il s’agit d’un rêve (dans le sens : production onirique nocturne) qui n’est pas réellement un cauchemar mais qui n’est pas loin, et qui au matin laisse une sensation… de moiteur de l’esprit. Plus ou moins forte.
C’est un arrière-goût de cauchemar, si on veut. Je ne me réveille pas en hurlant à la mort, le cœur battant et en sueur, mais c’est l’étape juste avant. Et en général, ça me colle au moral pendant une bonne partie de la journée, ensuite.

Y’a énormément de choses à dire sur les rêves moites. Le plus troublant, c’est quand je ne m’en souviens pas : je sais que j’en ai fait un, et je passe ensuite toute une matinée "moite", à mi-chemin entre la crise d’angoisse et la crise de dépression, sans arriver à me souvenir de l’élément du rêve qui a déclenché ça.
Parfois, aussi, j’acquiers durant la nuit la certitude que l’un des éléments du rêve est réel. Par exemple, je rêve que les canards ont été décrété ennemi public numéro un, et le lendemain quand je me lève, quand je me prépare, quand je vais en cours, je ne capte pas que c’est impossible, ou que c’était juste un bout de rêve, et je vis ma vie en prenant cet élément en considération, sérieusement.

J’exagère à peine avec le coup des canards. Y’a des jours, franchement, ça allait loin… et ça ne me travaillait pas plus que ça, c’était juste acquis.

Bon, à midi je mange avec Maëlle. La journée va être super longue parce qu’on a "stage" après. Et plus tard dans la semaine, j’ai un vrai stage (les "stages" sont mes périodes de travail en alternance, en gros, tandis que les vrais stages bah ce sont ceux que tout le monde connait, qui ne durent qu’une matinée ou une aprèm).