Effeuille mes rêves

Des miasmes

Je suis enfin rentrée.

Maintenant que j’y suis, c’est pas si terrible. C’est pendant le trajet que j’ai pas arrêté de pleurer.

J’ai peur. Si vous saviez comme j’ai peur…

Je sais que ça ne parlera à personne. Qu’on va dire que j’aime juste me créer des soucis imaginaires. Mais c’est un anniversaire spécial aujour… bon, pas aujourd’hui précisément, mais dans la période qui vient quoi. C’est la période où j’ai commencé ma descente aux enfers l’an dernier. Où j’ai pété un câble et déclenché une dépression avant de tout lâcher. On s’en débarrasse pas comme ça en claquant des doigts, malgré tout ce qu’on peut dire, c’est pas que dans la tête.

J’ai des restes.

Je suis désolée pour moi-même de pas être capable d’être plus forte.
De relever la tête et de dire telle une héroïne guerrière : "C’est du passé tout ça".

Parce que c’est là que le bât blesse : ce n’est pas sûr que ça soit fini.

Un an plus tard, tout est possible. Je suis un nouveau chapitre sur lequel on peut écrire trois éventuels scénarios : soit je m’en sors haut la main et je démarre une nouvelle vie, soit je replonge et je quitte tout pour de bon parce que je ne pourrai redoubler une fois encore.
Et puis il y a le scénario surprise. Celui que nous réserve la vie quand on dit : "il y a deux possibilités". Bon ou mauvais, on ne peut pas savoir.

J’ai tellement peur.

J’ai pris un quart de Lexomil. Joyeux anniversaire là encore, ça faisait plus de six mois que j’avais arrêté je crois.

J’ai un creux dans le coeur, ce trou vide dont j’ai déjà parlé… ça me fait physiquement mal.
En fait, c’est peut-être pour ça que j’ai été si triste quand j’ai lu l’écrit de Stfu. Parce que je comprenais TROP bien. M’enfin bon, on va pas dériver là-dessus, une fois de plus…

Ma tête me serre. Comme un étau. Les mauvais souvenirs qui remontent à la surface sont indescriptibles - HEUREUSEMENT que je ne loge pas du tout au même endroit que l’an passé, j’aurais pas tenu sinon c’est sûr.

Il faut que ça change, ce n’est pas possible de me laisser comme ça…

Tous ces gens qui m’ont aidée, qui sont gentils avec moi, si je n’arrive pas à sortir la tête de l’eau - voire à sortir du lac pour courir après les petits canards - l’auront fait pour rien.
Et c’est pas tolérable.

Miracle, miracle, miracle, je t’en prie, viens !

Y’a forcément une sortie pour moi. Forcément. Pitié. Forcément…