Effeuille mes rêves

Devenir folle

Vraiment pas le moral ce soir.

Je suis désolée. Je vous jure que j’essaie d’aller bien mais je n’arrive pas à aller à l’encontre de mes sentiments. Je n’arrive pas à les contrôler.

Je n’aurai jamais rien d’une héroïne. Ne serai jamais une gentille, et donc jamais heureuse. Ça fait très manichéen comme phrase, très stupide, très gamin, très tout ce qu’on veut de péjoratif, mais c’est dans ma tête et je ne peux l’en chasser.
Je suis complètement perdue.

Une fois encore mes études sont remises en cause.
Tout comme le sujet duquel je n’ai pas le droit de parler mais auquel je fais malgré tout plein d’allusions prouvant ainsi que je suis incapable de tenir une promesse faite à moi-même.

Je déprime franchement. Si j’avais de l’alcool, j’me pèterais la gueule. Du coup, je suis soulagée de pas en avoir. Bref.

Sentiment de vide absolu. Tout est vain, la vacuité qui règne sur ma vie est affolante. Je sais qu’il y a pire comme problèmes, que certaines personnes sont vraiment dans la mouise et tout et je suis désolée pour elles, mais ma tête, toute cette souffrance dans ma tête… comme si tout allait exploser…

Suis-je en train de basculer dans la folie ?
On n’a pas besoin de bonne raison pour devenir fou après tout. Je ne parviens plus à écrire, j’ai perdu ça. Comme j’ai perdu chaque miette de joie de vivre que j’avais durement acquise jusque-là. J’ai tout perdu. Non, en fait je n’ai jamais rien gagné, j’ai seulement voulu me le faire croire afin de m’ôter cette culpabilité et cette accusation m’enfintuastoutpourêtreheureuseettunel’espas?t’esqu’uneconnasse. J’veux plus vivre. J’vois pas l’intérêt. J’ai tout misé sur ma réhabilitation et j’ai échoué. Je ne me suis pas remise sur pieds, je me suis écroulée. La dépression sera toujours la plus forte, la volonté tout ça ce sont des conneries.

J’veux plus vivre. Mais j’peux pas en finir. Alors je tape sur ce clavier pour oublier la douleur si forte - SI FORTE -, pour oublier le vide qui me coule et me coule et me coule pour m’entraîner dans les profondeurs du trou noir que je suis, pour oublier que j’ai le gène anti-bonheur, que j’ai la mort au coeur, que j’ai gâché la vie que mes parents m’ont offerte et par extension gâché la leur.

Je ne suis qu’un parasite. Une petite merdeuse sans nom. Je suis une page anonyme sur Internet qui soulève le mépris de ceux qui la liront.

Je suis la personne que je hais le plus au monde. Incapable de changer, incapable de changer… Je ne suis pas une gentille. Y’a que les méchants qui ont un coeur aussi noir, non ? Mon Dieu, tout est si noir… j’aurais pourtant tellement voulu être lumière.
C’est dégueulasse, dégueulasse, dégueulasse. Tout ce gâchis pour eux, pour ceux qui ont cru en moi.

J’vais aller me tailler le bras.