Effeuille mes rêves

Dimensions

(La flemme d’éditer mon dernier écrit. Alors j’en poste un autre).

Je reviens rapidement sur mes stages : ce qui me stresse, en fait, c’est de ne pas me sentir prête quand j’y vais.

Quand je travaille, jamais je ne suis sûre de moi. Mais c’est un vrai handicap, hein, les profs m’ont dit que c’était à un point catastrophique et je passe les détails.
Je n’en parle pas souvent parce que - je pense que ça n’est pas un scoop, déjà - et puis je n’arrive pas à y changer quoi que ce soit.

Je m’excuse tout le temps d’exister. S’il n’y avait pas autant de conséquences, je me supprimerais juste pour arrêter d’avoir l’impression d’être un boulet tout le temps et pour tout le monde. L’impression de piquer sa place à quelqu’un de bien.

(Un lapin peut-être... ? Ok, pas drôle, j’ai rien dit).

Je n’arrive pas à croire que je sois une étudiante quasi diplômée.

Une presque professionnelle. Que quand je parle à des gens de 12-14 ans ils me voient non plus comme une égale adolescente mais comme une adulte… Ou une portion d’adulte. Une personne plus âgée, plus avancée dans la vie, avec des problèmes complètement différents.
Ou en tout cas qu’ils se sentent aussi détachés de ce que je vis, de ce que je leur dis, que moi à leur âge quand un "vieux" me parlait. J’aimais bien quand les adultes me parlaient, mais je n’imaginais pas me trouver à leur place un jour… Enfin si, je le savais que ça arriverait, mais je n’arrivais pas à l’imaginer.

La question "où tu te vois dans cinq ans ?" a toujours été très mystique pour moi.

Sensation d’irréalité. J’ai souvent eu l’impression d’être tout le monde à la fois. Et là, au contraire, je m’aperçois que ma vie n’est qu’à moi et que je m’éloigne fatalement, quels que soient les choix que je fais ou ne fais pas, de l’espèce de grosse gélatine de conscience neutre qui serait le point commun fondamental de chaque être humain - voire vivant.

Le truc qui fait que je comprends qui tu es, ce que tu vis, comme si je le vivais aussi.

Ainsi, les mots que je transcris ici, avec mes tripes et des images pleines d’émotions singulières, n’ont pas forcément la profondeur à laquelle je pense pour les yeux qui les déchiffrent.

Et c’est bizarre pour moi.

J’ai lu il y a quelques temps (mais je ne me rappelle plus où...) qu’on avait quelque chose comme six dimensions dont s’occuper dans notre vie.
La vie sentimentale en est une.
Les relations sociales + la vie familiale une autre.
Ensuite il y a la vie professionnelle.
La vie spirituelle.
Le bien-être général. Peut-être.

Et il m’en manque une. L’ouverture au monde ? L’intellect ? Je ne sais plus.

Bref, je repense à ça à cause de ce que j’ai écrit sur Jareth. Pas la dernière-révélation-que-même-les-séries-américaines-n’oseront-pas-copier, mais TOUT ce que j’ai écrit sur lui.
Aucune de ces dimensions ne peut être vide. Celle professionnelle par exemple : on a un travail, ou on n’en a pas, ou on a un CDD, ou on enchaîne les petits boulots… mais il y a forcément quelque chose. Le bien-être. On se sent bien, on se sent mal, on se sent vide pourquoi pas, mais on se sent quelque chose. Parce qu’on est vivant, on est obligé.

Donc moi ma vie sentimentale se rapproche du néant. Et ça, ça n’est normalement pas possible.

Donc au lycée, j’ai meublé avec Blaireau numéro 1 (suis méchante ; je l’appelle comme ça mais c’était un brave type au fond).
Et dans mes études supérieures je suis passée à Blaireau numéro 2.

Ce n’est que de la logique. Ce ne sont que des pensées qui sont là pour que ma dimension existe.

Voilà.

Parce que je m’en veux vraiment d’avoir autant écrit sur lui. Je déteste lire ce genre d’écrits. Les écrits qui donnent une vision d’une fille qui n’arrive pas à avoir une vie sans qu’il y ait, peu importe comment, un homme dedans.
HORRIBLE, ça. C’est contre tous mes principes.
Et là, ça me fait l’effet inverse de ce que je disais plus haut. Je parlais de la sensation de se sentir englué ou détaché du fondement commun de toute vie. Eh bien, là, j’ai l’impression d’être une personne qui n’est pas censée exister. En ruminant de cette manière, je me dis que ce n’est pas moi. Ce n’est pas ce que je veux. Du tout. Mais c’est quand même là ; et ça me laisse alors perplexe.

Incontrôlable.

Mais bon !

Jareth c’est vraiment fini maintenant. J’en parlerai peut-être encore un peu quand je l’éviterai (pour dire que je l’ai évité) mais quand je pense à lui maintenant je ne peux plus le faire comme avant.
Ça a brisé quelque chose. ET TANT MIEUX !

Je me demande comment la vie va m’aider à remplir cette dimension, du coup. Je ne me sens pas légitime à (c’est-à-dire pas assez bien pour) rencontrer quelqu’un. Alors j’imagine que ça sera une situation plus originale. Nous verrons cela.