Effeuille mes rêves

Diplôme Ultime de la Naze : major de promo

Je suis une ratée. C’est officiel.

Enfin, il n’y a pas encore la note, mais mon attitude est nullissime. Pas d’autre mot. Mais que sont les mots de toute façon ? Que sont-ils pour moi ? Même eux me vomissent.

Je l’ai travaillée, pourtant, cette préparation à la prestation examinatrice. Dur. Mentalement, physiquement, psychiquement, j’ai TOUT fait au mieux.
Mais tout est parti en vrille au dernier moment.
L’histoire qui se répète. Sans cesse. J’ai envie de me… scarifier, ouais. Je suis tellement en colère contre moi. J’ai envie de me punir. Je ne le ferai pas. Par respect pour… tous les gens que ça saoule, tout simplement.

Quand ça se sait, ça gêne les gens. Ils ne savent pas quoi dire. Alors quitte à être un échec sur pattes, autant épargner le poids de ma néantise aux autres.

Mais ce soir il faudra quand même supporter les regards pleins de pitié quand la note sera annoncée publiquement. Également de la part de ceux qui bossent peu.

Je le sais, je le vois, je n’ai pas besoin de note pour graduer ma stupidité. Mon échec. Encore une fois. Comme à chaque oral important. Les mots m’ont lâchées. Quand bien même je les ai apprivoisés intensément pendant plusieurs semaines. Quand bien même je les croyais farouches mais ne faisant pas de favoritisme. Ces traîtres se sont désistés au dernier moment, alors que j’avais carrément réussi à me persuader que je pouvais le faire.

J’en ai marre. De moi.

J’avais ÉNORMÉMENT bossé ce coup-ci. Je ne pouvais pas faire plus. Et pour que je dise ça, c’est que vraiment je me suis investie à 200%. J’aurais dû réussir.

Mais ce n’est pas le cas.
Quelqu’un était là pour m’observer et me noter et malgré mes semaines entières de préparation à ce moment précis… j’ai échoué. Lamentablement.
Tout s’est soudainement accumulé. Cette saleté de rhume, la négativité extrême de Cathel, la panique de Maëlle, l’apparition bien inattendue et impressionnante de Jareth, ce petit caillot dans mon cerveau qui a bloqué ma cargaison de ressources mentales et respiratoires…

Et bien sûr, tous ceux que j’ai consolé juste avant et qui m’ont dit - par habitude - que ça irait bien pour moi ont réussi. Et se sont trompés sur mon compte.

Tant mieux pour eux, hein. Mais qu’on arrête de me dire que je suis comme eux. Je suis un DÉCHET radioactif. QUoi qu’il se passe. C’est mon destin. Je ne suis pas humaine, en fait. Les extraterrestres existent. Coucou ! Mes parents extraterrestres qui ont immigré sur Terre pour apprendre des humains m’ont trouvée tellement indigne d’eux - qui finalement ne tuent personne mais nous admirent - et de cette nouvelle espèce qu’ils respectent qu’ils m’ont jetée dans un caniveau.

Je me demande s’il ne faudrait pas que je fasse une annonce. "Bon alors ça fait six ans que vous passez à côté, par gentillesse probablement, donc voici la solution : je suis NULLE".

Ce n’est pas parce que je me tais que je suis intelligente. Ce n’est pas parce que je souris que je suis une bonne personne. Ce n’est pas quand j’essaie que je réussis… Alors à quoi bon. Ce n’est même plus une question. Juste une sentence.