Effeuille mes rêves

Dogmes bancals

L’astuce, c’est que la société a été - du début à la fin - constituée par l’Homme.

C’est son rôle. Sa raison d’être. Logique.

Un nombre infini d’idées a été généré. Infini car il y en a eu, il y en a à chaque instant, et il y en aura encore. C’est cette image, l’infini, techniquement : une ligne qui s’étend au loin dans le brouillard et qui ne se connaît pas de fin. Quel que soit ce qui l’attend là-bas.

De la première à la dernière qui tisse les fils de notre histoire commune, nous n’avons qu’une réalité.
Ce Trampoline que j’ai eu dans cette configuration-là des évènements est désormais acquis et plus rien ne peut revenir en arrière.
Plus rien.
Il y a un nombre incalculable d’autres tournures où j’aurais pu faire partie de ceux qui doivent aller au rattrapage. Mais ici, ce n’est pas le cas. Donc cela n’existe pas. Alors qu’il y a sept jours à peine cela était plus qu’incertain ; je ne pouvais malgré tous mes efforts prédire l’avenir. Ou le modeler à mon exigence - comme j’ai essayé de le faire toutes ces années durant.

Même si je me sens extrêmement instable quant à l’acquisition de ce sésame de la liberté, rien ne changera ce qui s’est produit hier. Ni avant-hier. Ni la semaine dernière.

Aucun Homme n’est infaillible. Personne ne détient la vérité absolue et immuable quel que soit le propos.

Et pourtant ce sont les Hommes qui sont à l’origine de la trame qui nous soutient jour après jour. Pas la Justice. Pas l’équité. Pas une divinité. Nous, nos ancêtres. Choix par choix. Minute par minute.

Donc l’entité qui est plus grande que nous tous et nous enveloppe au quotidien n’a rien de bienveillant. Tout comme elle n’a rien de malveillant. Elle a suivi un chemin ; et si les rêves sont quelque chose de merveilleux et d’inhérent à la vie, oublier cet état de fait et se comporter comme s’ils étaient eux la réalité c’est du déni à l’état pur.
Les deux mondes sont séparés. Nécessaires. Mais séparés distinctement ; avec quelques merveilleux endroits de flou dont on devrait tous profiter à l’extrême.

Il y a des milliards et des milliards de possibilités quant à ce que cette réalité - la Nôtre, qu’on l’approuve ou non - aurait pu être.
Les clichés qu’elle aurait pu élaborer, moins cruels peut-être, les catégories étranges dans lesquelles elle s’amuse à ranger les gens, moins clivantes. Mais elle est ce qu’elle est.

Débrouille-toi avec ça.

C’est cette idée que j’appelle dans mes écrits persos le pragmatisme. Une espèce de révélation que j’ai eu grâce aux livres de mon auteur préféré.
Je n’arrive pas à réellement l’attraper avec des mots et à la partager. Elle est très simple pourtant. Elle mélange réalité et rêves tout en les séparant distinctement. Eh bah oui. Avec des mots, ça ne veut plus rien dire.

32 jours avant la liberté. Mon état d’esprit lors de ces 768 heures à venir est déterminant : j’ai encore ce combat à mener. Me débarrasser définitivement de ce que je ne veux plus dans ma vie. Récupérer les miettes de qui je suis et les recoller autour de ma confiance en moi. Que j’ai perdu pendant plus d’une dizaine d’années.

Mais maintenant tout va bien. Maintenant tout va bien se dérouler.