Effeuille mes rêves

Écrit dans le bus

Comme toujours quand une journée commence mal, la suite empire.

Je ne viens pas exprès écrire ça pour me poser en victime.
C’est là encore un message direct à la future moi. Celle qui relira ces écrits dans quelques années ; de cela je suis profondément persuadée, même si je n’en connais pas la raison.

Aloha.

Tu as probablement changé de pseudo, d’ailleurs, depuis un bon moment même. Tu ne sais peut-être même plus pourquoi tu as choisi ce nom : Aloha Somnium. Ha. MOI OUI !

Bref, on verra ça plus tard. Sache déjà que tous ces jours de moi que tu lis, plusieurs entrées à la fois probablement, tu en prends connaissance en masse. Moi je les vis, littéralement au jour le jour. T’en as conscience évidemment, mais c’est important de le noter quand même. Comme je tiens avant de VRAIMENT me lancer à te rappeler que nous sommes tous des êtres subjectifs, soumis à leur vécu. On peut agir pour aller là où on veut dans la vie, bien sûr, ce n’est pas de ça dont je parle. Le truc, c’est que faut accepter que je ne serais pas la même personne si j’étais née à la place d’une autre. Je n’aurais peut-être même que du mépris si j’avais découvert ce journal. Alors même si je te saoule Future-Moi, j’espère que tu auras ça en tête et que tu ne me jugeras pas.

DONC.

Je ne peux pas te donner de détails, mais je peux te donner mon analyse des choses
Oui, j’ai 24 ans, il y a plein de choses que tu aurais fait différemment et peut-être que ce tutoiement à travers le temps t’horripiles. Désolée. Mais on ne peut pas dire que je n’ai pas travaillé sur moi pour en arriver là.

Je ne peux pas TOUT expliquer, avec tous les détails qui me passent en tête, parce que c’est impossible. Fais moi confiance s’il te plaît ; surtout que si mon intuition est bonne tu es dans une période difficile au niveau de tes ressentis de la clarté de tes pensées ou du minimum vital de pragmatisme nécessité.

Pour des raisons qui sont très certainement en grande partie ma faute, tu as vécu l’enfer dans tes études supérieures.

Tous les psychiatres et thérapeutes que tu as vu te l’ont confirmé.
Je leur ai donné des éléments objectifs (pas tout ce qui se passe en vrai donc) et ils ont tiqué sévèrement. T’as posé des questions et, non, tu n’exagères/dramatises pas.

Là dessus, on se met bien d’accord.

Tu sors d’un cours… Non, je ne peux pas le dire.
Disons que depuis 8H ce matin, tout ce qui peut te rendre folle de rage et réveiller la douleur de la dépression que tu as pourtant très bien compris comment combattre est arrivé.

Et c’est dur.

Oui ça l’est. Ce n’est peut-être pas le pire au monde, mais c’est une véritable torture. Tellement mentale qu’elle en devient physique.
Je suis dans un état de tension permanent… Comme tout le monde me diras-tu, mais non justement. Ma tête brûle. Mon esprit brûle mais pas d’inspiration, il est en train de mourir. J’en suis à vivre, quand j’entends des histoires de gens qui se sont suicidés pour cause de surmenage (et là EN PLUS j’ai peur pour Maman), leur histoire. Je me suicide tous les jours.

Mais tu me lis, là, maintenant. J’ai fini l’école même s’ils me donnent envie de vomir, de m’arracher les yeux et les cordes vocales, d’assassiner les directeurs, et de m’enfermer pour toujours dans une bibliothèque.

On sait toi et moi que je ne suis pas un héros. Une héroïne. Une fille courageuse ou particulièrement douée.
J’ai ici juste la chance d’avoir ouvert un journal intime en ligne.
On n’a que ce qu’on a. Mais on va faire avec. Tu me lis, donc écoute moi : je l’ai fais déjà donc tu peux le faire aussi.

VIS.

Ne t’enferme pas dans quelque chose qui t’oppresses. Tu as déjà fait ta part pour ça. C’est bon. AFFIRME ce que tu veux, je t’en supplie !

Je fais tout ça pour toi. Je t’en prie. Ne gâche pas cet élan que je t’offre. Ces idées que j’ai eu du mal à recueillir. N’oublie pas.

Ne m’oublie pas.

Je t’embrasse.