Effeuille mes rêves

Elle est sous Xanax // L'horreur et le dégoût

Ma mère est sous Xanax…

J’ai passé le seuil de l’inquiétude, je flippe totalement ! Mais qu’est-ce que je peux faire ? Je fais de mon mieux pour l’aider et ne plus me reposer sur elle, mais… ce n’est visiblement pas assez. J’ai l’impression d’être une mauvaise fille. Bien entendu, tout ne tourne pas autour de moi, elle rencontre des difficultés au travail et c’est ce qui motive principalement cette prise de médicaments anti-dépresseurs (elle prend de l’Effexor en plus) mais au fond de moi il y a une voix qui me répète sournoisement que si j’étais vraiment quelqu’un de bien, je trouverai un moyen de lui éviter ça.
Pour la femme qui m’a mise au monde. Ce serait le minimum. Mais j’en suis incapable...
Ça me fait peur : peur qu’elle sombre, peur qu’elle devienne accro, peur qu’elle souffre. Surtout peur qu’elle souffre. J’ai goûté à la souffrance mentale, c’était il y a si peu longtemps, je sens encore ce que ça fait. Et de tout mon coeur je refuse que ma maman le ressente elle aussi ! Je ne veux pas. Mais je n’ai pas le choix… Je sais qu’on a tous des moments durs dans la vie, des passages à vide, des cailloux dans les godasses, mais j’ai encore cette vision naïve qui me dit que ma mère mérite d’aller bien. Dans la vie, on n’a pourtant pas toujours ce que l’on mérite. C’est moche. Comment s’y raccrocher en constatant cela ?

Je tente de me focaliser sur ce que je peux faire. Sur ce que je dois faire. De petites réussites, jour après jour, ma nouvelle sortie avec Cléo, ma super séance d’hypnose (même si le fait que j’aie rêvé d’un bébé tigre signifie apparemment que mon inconscient - ce traîte - désire fonder une famille… grrrr !), ma reprise du sport, ma petite virée à la plage…

S’il vous plaît, ne me dites pas à quel point je suis minable d’écrire tout cela.
Je vous assure que je le sais déjà.
J’expulse de la seule façon que je connais : la plainte morveuse.
Je sais que c’est pénible pour vous à lire, et je m’en excuse. Sincèrement. J’ai peur que quelqu’un commente ceci et ne me dise tout ce que je m’insulte déjà à moi-même ; s’il vous plaît n’en faites rien. Je ne le supporterai pas.
Bon, et histoire d’être claire, je ne prétends pas que tout le monde me lit et va vouloir commenter, mais rien que d’imaginer ce que vous pouvez penser de moi en cet instant me rend MALADE. Je me rends malade.

Je vais aller lire le Stephen King que j’ai entamé, ça va m’empêcher de radoter là-dessus. Le Fléau. Le livre qui, depuis que je l’ai ouvert, me fait regarder avec terreur tous ceux qui éternuent autour de moi.
Bref, comme d’habitude, mon esprit a déraillé et la même pensée tourne en boucle en boucle et fait des ronds sans cesse… Qu’elle soit vraie ou fausse n’est en fait pas important, elle est juste LÀ. Comme un roman de Stephen King, quand on y pense : elle s’insinue en moi et va grignoter chaque pan de ma conscience, jusqu’à me laisser croupir dans l’horreur et le dégoût.