Effeuille mes rêves

Éludie

Je croyais que le Trampoline passé ma colère s’étiolerait elle aussi. En fait : non.

Elle a ressurgi en discutant ce matin. Avec les personnes que je côtoie tous les jours à l’école. Celles avec qui (j’ai calculé !) je passe plus de temps qu’avec tous les membres de ma famille PLUS les moments où je suis seule avec moi-même.

Mes moments préférés ; nous en reparlerons dans cet écrit plus tard.

Ils étaient tous libérés d’un poids, ça se voyait. Et ça se comprend très bien ! Ils riaient et disaient à quel point ils se sentaient soulagés d’en avoir terminé avec l’examen.
Voire les examens si personne ne change d’avis avant juillet.

J’ai souri et ai écouté. Hoché la tête. C’est vrai que ça fait du bien cet affranchissement de pression ! Il est indéniablement présent. Et savoureux.
Mais.
Voilà, rien de plus : mais.

Donc : mais je n’ai pas répondu. Si eux le vivent comme ça, tant mieux. Ce n’est toutefois pas mon cas. Il n’est pas question de maladie, de caractère, d’obstination ou de négativité constitutionnelle. C’est quelque chose de plus que personnel. Intime. Qui ne concerne que moi.

D’où mon silence. Des sourires, oui, mais pas de mots qui les suivent.

Mon compte à rebours (J - 33) n’a jamais eu pour finalité l’examen. Ça a toujours été la date de fin de cours/immersions. Je ne l’ai jamais caché.
Je n’ai cependant pas cherché à alimenter le débat. C’est intime comme je l’ai dit. Et on m’a prouvé à plusieurs reprises qu’il vaut mieux faire ces choses dans son coin. Que c’est trop farfelu pour être spontanément discuté dans le sens où je me rétame à chaque fois que j’essaie de me confier là-dessus. Donc je ne l’évoque plus.

C’est vrai après tout. Qui ne se sent comblé que quand il planifie 100% de ses journées ? Et qui dépense le plus gros de son temps à des choses qui sont à ses yeux vitales mais pas à ceux des autres (lire, écrire, méditer, etc etc) ? Ça se conçoit plus que facilement.

Je pensais que ça passerait crème, avec du silence, mais tout le monde m’a encouragée à dire quelque chose. Ce qui part d’une très belle intention, d’ailleurs. Après tout : oui ! C’est fini ! Plus de raison de stresser !

En partie, oui c’est vrai.

Mais il y a BEAUCOUP d’autres choses dont j’ai arrêté de discuter avec les gens de l’extérieur (et même quelques-unes encore dont je ne parle même pas avec ma famille). Il y a une raison à ça. Je ne les blâme de rien du tout ; c’est simplement que jamais je n’ai réussi à trouver les mots pour expliquer. C’est entièrement de ma faute.

En revanche, ce qui est de ma faute réside aussi sous la bannière de ma responsabilité ; celle que j’ai envers moi-même. Ma vie, mes choix. Zéro influence normalement.

Et ça non plus, pas grand-monde ne le comprend.

Ni ne l’accepte. Quand je réponds franchement (quand je mens carrément ça se voit beaucoup trop) mais que j’élude ce qui m’arrange. Ce qui ne concerne que moi. Mes choix. Cette vie que je rebâtis de A à Z.

Des reproches, donc. Encore. Ce n’est pas grave, simplement ça n’est pas agréable. Je vais donc passer à la vitesse supérieure et SYSTÉMATIQUEMENT fuir toutes les questions concernant mon temps libre en dehors des cours/immersions.
Me dérober à toute allusion à pourquoi est-ce que je suis si pressée de me retrouver seule chez moi (au mieux). Toute ma vraie vie, en fait, celle que je déguste véritablement sans stress et avec le cœur plein de joies et de projets.

Systématiquement.

Même sur mes journaux je ne suis pas très précise. Tout bonnement parce que faire + tout écrire me demanderait le double d’heures de mes journées.
C’est du temps que je tamise à l’écart de tout et de tous. Du temps dont il ne restera rien. Car toutes les journées finissent par passer. Mais ce temps vivra avec moi tout le reste de ma vie. Je le sens, au jour le jour, je travaille pour le long terme (MON long-terme) et je me sens mille fois mieux.