Effeuille mes rêves

Encerclée de moments embarrassants

Oh là là.

Oooooh là là là là là là.

Ça va pas du tout.

J’ai dit que les choses se passaient bien à Toonville. C’est globalement le cas. Mais évidemment TOUT ne se déroule pas à la perfection.
Le monde est toujours le monde. Les règles de la vie et les lois universelles n’ont pas changé parce que j’ai décidé de voir mon existence sous un angle nouveau.

Souvent, je dis ou fais des bêtises en stage. Je n’assume pas toujours mais j’essaie de relativiser et de continuer à avancer.
Souvent dans la vie en fait je dis ou fais des choses stupides. Mais j’avance. J’inspire un grand coup, je me dis "et puis zut, t’as connu pire et de toute façon t’es la maladresse et la bizarrerie incarnées". Et j’avance.

Oh. Bon. Sang.

Mais le traquenard dans lequel je suis tombée ce soir... !

Le moment que je redoutais est arrivé. Un Moment Social. Et pire que ça en fait. Parce que non seulement mes colocs ont voulu faire une soirée crêpes (oui je balance même les détails, foutue pour foutue si on me reconnaît...), mais ils ont invité le prof qui nous encadre pendant le stage ET le monsieur-haut-placé-dans-la-hiérarchie-où-je-bosse-et-réputé-ceci-est-un-nom-de-code-trop-long super sympa qui travaille avec nous.

Je me suis montrée quelques minutes pendant le début de la phase (même pas la phase en entier) (qui dure longtemps quand même) de préparation.

Mais après je suis allée prendre ma douche. Ai mis en place l’opération "je sors de la salle de bain en catimini en pyjama sans être vue". J’ai fermé sans bruit ma porte à clé.

Et j’ai éteint toutes les lumières.

Me suis cachée sous les couvertures.

Je tape sur le clavier uniquement quand j’entends parler ou une porte claquer.

JE SAIS QUE C’EST GRAVE.

J’ai hésité à faire un effort parce que je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas être malpolie, je le jure, mais physiquement et mentalement je ne peux pas. Je ne veux pas.

J’apprécie tous ces gens.
Mais je ne veux pas faire de soirée. Je veux dormir. Parce que j’aime ça. Ça me rend heureuse, et demain je me lève pour travailler et je veux être en forme. Parce que j’ai beaucoup beaucoup de choses à apprendre. Et la moindre heure de sommeil compte.

La soirée sera peut-être excellente, enrichissante, ou stressante. Peu importe. Je ne veux pas.

Faire un effort pour faire un effort. Non.

Je suis fatiguée et je fais tout pour ne pas angoisser. J’essaie de maîtriser ma vie. Être tranquille dans ma chambre me repose, me fait énormément plaisir, je savoure l’instant. Aller à la soirée et me demander pendant trois heures si je ne dis pas de connerie, si je ne dérange pas untel qui veut attraper du sel, pourquoi je ne parle pas, pourquoi je ne dis rien d’intelligent, ETC, ne m’attire pas. Du tout.

J’ai construit ma routine toute seule. Pour préserver ma santé. J’ai construit mon bonheur seule et chaque fois que j’ai écouté mes envies ça m’a aidée.

Mais je ne veux pas être mal vue. Je ne veux pas être malpolie ou manquer de respect à qui que ce soit.

Je ne veux pas être méprisée. Même ici. Ça peut être un moment extraordinaire dans mon existence que je chérirai toute ma vie… ou pas.

Mais je n’ai pas envie de tenter.

Et je prie pour ne pas être jugée. Frères humains de l’autre côté de la porte, sentez mes ondes non agressives. La paix et l’amour.

La compréhension.