Effeuille mes rêves

Éraflée

Je suis une épave ce soir.

J’ai l’impression de sombrer très distinctement vers la folie. J’ai envie de hurler et de me lacérer le visage. Je ne comprends pas comment fait le monde pour tourner alors que je suis dans un tel état… comment l’aberration que je suis peut-elle exister ? Comment peut-elle avoir l’effronterie de se tenir parmi vous ?

Je suppose que je devrais prendre rendez-vous avec le psychiatre. Maintenant. Parce qu’il y a un mois de délai. Lui dire que je suis devenue folle, ça y est. Je ne sais honnêtement pas si c’est le cas - je ne sais plus voir ce qui est du domaine du normal et du domaine du fou, réellement fou.

J’ai peur de retourner en cours. Peur de péter un câble, peut-être devant tout le monde. Que ça disjoncte dans ma tête et qu’un beau jour je m’assois sur une chaise, je souris à ceux qui arrivent et me saluent, et que je me mette à hurler. Pour ne plus jamais m’arrêter.

Comment décrire cette peur ? Le mot PEUR est gravé dans mes tripes. Il est au climax de son intensité, ce n’est pas la peur qu’on a quand on regarde un film d’épouvante à Halloween, quand on est pas bien parce qu’une situation inconfortable se présente, c’est la peur qui sait qu’elle joue son existence. C’est de ma vie dont il s’agit, bordel, je ne suis pas une inconnue en train de pianoter sur son clavier...................... je suis morte de trouille et rongée par un mal-être que je n’arrive pas à apprivoiser même après tout ce temps…

Hier j’ai essayé de trouver une image ciné adaptée pour ce que je ressens. Les ténèbres qui dévorent tout, et tout ça, ce MAL stocké en moi qui fait son nid tout doucement vers mon coeur, qui m’englue progressivement pour me noyer… J’ai vu le film Thor 2 et c’est plus ou moins ça. J’ai finalement trouvé mon image, dommage qu’au final ça ne m’aide absolument pas.

J’ai peur pour ma famille. Si je deviens folle, qui s’occupera d’eux ? Ils survivront bien sûr mais ils s’inquièteront, ils culpabiliseront même peut-être, je ne veux pas qu’ils souffrent.

Mais je sens que je perds vraiment pied, que les pédales s’emmêlent, ou peu importe l’expression.

Je vois des signes négatifs de partout. Je ne sais plus quoi faire. Au fond, rien n’a changé, les choses trouvent même ENCORE le MOYEN d’EMPIRER !  !  !  !  ! !
On en est à un stade où ça ne devrait même plus être possible pourtant. Pourtant je pars toujours à la dérive. Je n’arrive plus à m’accrocher à une branche, à une petite île perdue, tellement mes mains sont écorchées et baignées du sang des espoirs perdus qui les ont éraflées.

Je vais téléphoner (lundi, puisque demain c’est dimanche.......................) à la secrétaire. Lui dire de demander au psychiatre de me rappeler. NON. Je ne peux pas faire ça. S’il me demande de venir le voir pour changer le traitement ? J’ai des journées de cours remplies à bloc et le soir je dois travailler. Je ne peux pas me permettre de faire autant de route… Sinon je n’y arriverai pas (je galère déjà à un niveau qu’il est difficile de battre...).

La nuit va passer. Elle passe toujours. Et le lendemain en général je suis calmée, mais j’appréhende toujours la prochaine tempête qui ne manque jamais de survenir. Je suis détruite…