Effeuille mes rêves

Espion insolent

J’ai presque sauté du lit ce matin tellement j’avais la rage.

J’ai encore fait un rêve moite. Et p.tin celui-là j’ai décidé qu’il ne s’en sortirait pas comme ça : je suis allée l’écrire dans les moindres détails afin de pouvoir le dénoncer à ma psychiatre ET ma psychologue !
Ça lui apprendra, à ce sale cauchemar, à revenir encore et encore m’embêter ! Je me dis qu’en faisant ça, c’est comme si finalement c’est moi qui gagne la partie ; même si au réveil je me sentais mal à cause de lui. Et toc.

Pareil, j’ai entamé la journée avec la hargne. "Allez, je vais en cours, et ça a intérêt à passer vite parce que j’ai pas que ça à faire ! Et j’ai encore mes saletés d’examens/orauxdifficilesdelamort qui continuent, j’ai du BOULOT bon sang !".

J’ai sauté le petit déj' pour écrire ce rêve. Ce que je ne fais jamais d’habitude pour avoir des forces pour la matinée. Là, tant pis, y’a des priorités.
J’avais déjà faim en sortant de chez moi mais tant pis encore, je savais que j’allais devoir tenir jusqu’à midi, parce que je ne supporte pas de manger devant les autres. Et puis heureusement le cours a fini plus tôt, oui.

Après les oraux y’aura énormément d’examens théoriques qui vont me prendre la tête. Puis de nouveaux oraux, réellement décisifs. Jusqu’à juin. Et le temps qui ne passe pas, mais fuit.

J’aime beaucoup lire le journal de Sara. J’aime beaucoup Sara aussi. Mais son journal me fait plus particulièrement réfléchir par rapport aux voyages.
Voire réfléchir à ma place aussi. En fait, je culpabilise beaucoup de ne pas voyager etc etc mais pas parce que j’ai envie de voyager, au contraire parce que je ne le veux pas. Je veux vraiment faire mes études, et je sais ce que ça implique, quels sacrifices elles me demandent pour pouvoir les concilier avec "les choses dans ma tête". Ces mêmes choses dans ma tête qui impliquent que je ne peux pas faire tout ce que je veux quand je le veux.

Mais c’est ok. Enfin, je veux dire que tout ce qui fait la richesse des voyages, c’est le fait de découvrir le monde, apprendre de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes… voir de nouveaux horizons surtout. Élargir sa pensée.

Or, pendant longtemps, j’ai culpabilisé de ne pas voyager à cause des gens qui mettaient leurs voyages en avant - par leurs récits, leurs photos ou autre - mais qui n’en avaient rien retiré derrière. Juste le plaisir de frimer.

Mais ce que je comprends grâce à Sara, c’est que les vrais voyages ne sont pas de la frime. Elle, elle ne frime pas. On voyage à l’intérieur aussi, et c’est le principal.

Du coup, je ne culpabilise plus. Ça m’a aidé à faire la paix avec moi-même. Alors merci à toi, Sara, si jamais tu passes par là.
Ok, je ne voyage pas, ok ma vie n’a peut-être pas l’air super palpitante, mais je fais de mon mieux pour faire au mieux. Même si je ne pars pas à l’autre bout du monde vivre des trucs de dingue, j’essaie quand même de m’enrichir tous les jours intérieurement du mieux que je peux.
C’est modeste, certes, et si ça ne vaut pas la beauté de paysages inconnus ou les frissons de l’aventure… eh bien tant pis. Ce n’est pas grave après tout, ça ne fait pas de moi quelqu’un d’incomplet.

Le seul "voyage" (avec mille guillemets) que je vais me permettre, c’est celui pour aller rencontrer Mirys dans une semaine. Et ça me suffit, je veux dire avec tous les examens et tout… Bon c’est sûr je ne vais pas bien loin, mais tant pis c’est comme ça. Et puis je prends le train alors ça compte, haha !
En plus, c’est ma première rencontre réelle avec quelqu’un d’abord rencontré sur Internet !

Par contre, le truc méga flippant… Enfin "méga flippant". J’ai téléchargé l’application calendrier Google parce que la nouvelle école a décidé de ne plus rien imprimer parce que ça coûtait trop cher (pourtant, hein, j’ose même pas dire à quel point je paye cher mes années mais le cœur y est...) et donc qu’on aurait l’emploi du temps sur Internet.
Donc j’ai synchronisé l’emploi du temps avec l’application… et je me suis aperçue que l’application avait enregistré mon voyage en train ET ma réservation à l’hôtel.

...

Mais j’t’ai rien demandé moi ! D’où tu m’espionnes ? ? Franchement, ça m’a dégoûtée ! Bon ok ce matin j’étais particulièrement énervée, mais cette histoire ça date de plusieurs jours. C’est dingue. Ce petit ton prétentieux de "je te rends service" alors qu’en fait nan c’est juste de l’espionnage pur et dur.

Et là je m’énerve contre un téléphone qui comprend rien du tout à ce qui se passe et qui ne fait que des mises à jour automatiques… J’vais aller manger quelque chose, je crois que ça vaut mieux.