Effeuille mes rêves

Espoir vicieux

Bon.

Voilà.

Typiquement le genre d’exemple qui fait que j’ai envie de faire comme dans "Once Upon A Time" : m’arracher le cœur. Pour ne plus rien ressentir. Plus rien, et surtout plus de cette connerie d'ESPOIR de merde.

J’me suis barrée du cours. Plus le prof parlait, moins j’assumais. Moins j’assumais ma présence ici, mon futur métier, les maigres envies que j’ai eu et qui se sont subitement volatilisées… Qui m’ont abandonnée, comme je suis abandonnée et trahie par mon propre destin.

Ça sonne mélodramatique, hein ? Ben ça l’est. Je n’ai pas la force d’être forte. De marcher sur mes problèmes et de les piétiner. Si jamais la direction apprend que ça ne va pas, je vais me faire virer. Si jamais ils zieutent mon taux d’absentéisme…

"Nan mais au moins, t’as lâché l’affaire Jareth, c’est bien !" me direz-vous. Ben pas du tout. J’ai pas arrêté de le regarder. Je le regarde surtout quand je vais mal, j’ai remarqué, c’est drôle non ? Quand je vais bien, je me focalise sur le cours, sur ce que j’ai envie de faire, ou sur les gens avec qui je traîne. Mais quand je vais pas bien je le regarde à m’en brûler les rétines et je ne suis plus capable que d’écouter la tornade à l’intérieur de ma tête qui me hurle combien je suis invisible et insignifiante à ses yeux ET DONC aux yeux du monde. Comme s’il était le témoin de ce que devait penser le monde de moi. Ça explique pourquoi je bugue comme ça sur lui. Je l’ai inconsciemment nommé ambassadeur de l’image publique et intime d’Aloha Somnium.

Des conneries tout ça.

Encore une fois, c’est pas ce mec le problème. Si j’étais capable d’assister normalement à mes cours, je serais certainement capable d’oublier ce mec.

Je veux me griffer. Sans déconner, je veux là maintenant tout de suite m’arracher la moitié du ventre pour me punir d’être aussi insupportablement inapte à la vie.
Mais j’ai dit au docteur que j’essaierai sa méthode. Alors je vais le faire - au moins une fois. Au moins une fois parce que j’imagine qu’un jour quelque qui se sent pas bien me lira et se demandera si se griffer ça ne l’aiderait pas - NON ÇA N’AIDE PAS, ne fais pas ça !

Le docteur m’a dit de faire du sport jusqu’à épuisement total, pour faire partir la douleur, sur le même principe de "la douleur physique éclipse la douleur morale". Donc voilà je vais essayer parce que ça me semble plus intelligent que de me pointer demain avec des balafres partout et de devoir répondre à des questions gênantes (oui parce que dans ma filière, je peux me griffer n’importe où ça se verra).

Non mais vraiment, c’est pas le fait que j’aie aucune volonté face à Jareth qui me tue, parce que le problème ce n’est pas lui. Je le sais depuis le début mais je suis incapable de trouver la véritable cause de mon p.tain de mal-être alors je projette tout sur lui. Il me fait de la peine, s’il savait ce qui se passe dans ma tête… Moi si je rendais fou/folle quelqu’un de cette manière j’me sentirais pas bien. Mais je dis pas que je veux qu’il se sente pas bien, hein, je veux juste pas qu’il le sache parce que justement voilà quoi bref ta gueule Aloha ! !

Non ce qui me met VRAIMENT en rogne c’est que - et cette fois vous êtes tous témoins - à chaque fois que je tente de relever la tête, même avec une toute petite minuscule résolution comme celle de ce matin, et ben VLAM je me prends une énormissime claque dans la tête ; et pas une petite tape pour te rafraîchir la joue, nan, une bonne grosse mandale qui t’arrache la caboche et qui au passage t’enlève chaque morceau de joie/fierté/volonté que tu t’es cassé le chocolat à construire ou ramener à la vie. À CHAQUE FOIS. CHAQUE P.TAIN DE FOIS.

Alors je veux bien chercher des solutions, trouver la force qui est en moi, et tout, mais là maintenant ça suffit quoi j’ai dû tenter ça des centaines de fois et ça ne marche jamais !  !  !

Tomber neuf fois se relever dix, je veux bien, mais quand tu continue à tomber toujours plus bas, chaque jour encore plus, et qu’en plus tu te fais des bleus des fractures des infections urinaires etc etc etc CE N’EST JUSTE PLUS POSSIBLE.

Alors ouais je suis en pétard parce que ma vie c’est parti pour être ça, et c’est une opinion complètement objective que je présente là parce que je suis dans cet état depuis mes 12 ans et j’en ai 22 et les choses ne cessent d’empirer.

Alors l’espoir et moi, c’est terminé.

Je continuerai à en avoir parce que c’est dans ma nature. Mais je sais qu’il me frappera encore par derrière. L’espoir, ce n’est plus une possible porte de sortie, c’est une barre de fer qui m’attend en souriant vicieusement.