Effeuille mes rêves

Et ça essaie de positiver

Humiliée. Rabaissée. Chacun de mes gestes critiqué et chaque faute sursoulignée, gravée dans le marbre.

Je retiens ma respiration tous les jours, à longueur de temps, pour ne pas bouger et faire ce qu’ils veulent.
Et au moment où j’inspire très brièvement, uniquement pour survivre, je me fais fusiller.

J’en peux plus.
J’en peux plus. Ils sont en train de nous tuer.

Quand on essaie d’arranger les choses avec de la bonne volonté, on se fait gifler. Encore et encore et encore.
Alors forcément, c’est humain, on arrête. Ça brûle et on ne comprend pas. Il y a autre chose derrière qui part en lambeaux. La dignité. L’honneur. La raison. C’est arraché petit à petit mais sans jamais de marque physique visible. On ne laisse pas de traces : vous n’avez pas de preuves, vous ne pouvez rien contre nous. Nous vous dominons.

On se fait tabasser de tous les côtés pour tous les prétextes.
Alors on attend que ça passe. On se laisse faire, les nerfs effilochés. Et là :

"VOUS ÊTES VRAIMENT DES INCAPABLES ! DES FAINÉANTS ! On vous donne tout pour y arriver et vous restez là à nous regarder avec vos yeux vides. Vous ne méritez pas cette profession. De toute façon les français sont râleurs et les jeunes incompétents et jamais motivés".

Qui a raison ?

Les étudiants sont connus pour ne pas se défoncer au travail et aimer y aller tranquillement. C’est connu. Nous ne comprenons pas ce que les "adultes" vivent, ils agissent toujours pour une bonne raison.

Il y a quelque chose de malveillant dans tout ça.
Mais je n’ai pas voix au chapitre. Je n’ai pas de voix tout court. Chaque fois que j’ouvre la bouche pour trouver des mots pour clarifier tout ça, des âneries sortent. Je suis broyée par l’angoisse.