Effeuille mes rêves

Et mon esprit

Je suis capable de rationaliser en partie mon état d’esprit actuel.
Avec un peu de recul, on accomplit beaucoup. Quand on passe d’une dictature à une utopie aussi (ma colère contre l’école gronde encore, ça s’entend dans mes propos oraux ; mais du calme, ne pas y penser).

J’ai remarqué cette tendance à suivre des gens…
C’est plutôt cool ; je ne critique absolument pas les réseaux sociaux. Je réfléchis simplement à leur sujet. Simplement. Parce que je suis simplette.

J’ai quelques abonnements Youtube, par exemple. Dont j’aime bien regarder les vidéos à leur sortie. Pas trop d’abonnements sinon j’ai l’impression de perdre du temps à admirer d’autres vivre. L’équilibre trouvé était bien tenu ; jusqu’à récemment en tout cas.
Une youtubeuse que j’apprécie a fait une belle vidéo sur son beau bullet journal. Et si j’ai d’abord été contente de voir ce concept repris sur des chaînes françaises (je m’intéresse à la chose depuis quelques mois déjà, via Pinterest notamment), je me suis surtout rendue compte que quelque chose me tracassait.

En observant avec dévotion les fragments qu’elle avait choisi, je me suis dit : "Beh ? Je fais exactement pareil. Mais quelle est cette différence que je ressens entre cette fille et moi ?".

Et j’ai trouvé. Les réseaux sociaux, c’est une mentalité particulière quand même. Bonne/mauvaise, j’en sais rien. Je m’en fiche.

Mais on y acclame les gens. Pour leur quotidien.

C’est aussi gentil que ça.
Ça les rend beaux et touchants. Quand j’ai vu les productions de cette personne, j’ai au début eu un élan de découragement. "Je me bats pour les mêmes choses dans ma vie, nous avons quasiment les mêmes hobbies. En plus, j’ai dû gérer une école remplie de dictateurs. Rien n’a été facile ces derniers mois. Mais je préfère rester en retrait. Pourquoi ? Les choses - les mêmes que d’autres vivent dans la lumière - me paraissent si compliquées voire assombries… Et les réseaux sociaux ne m’attirent pas. Peut-être que je passe à côté de quelque chose de vraiment merveilleux ?".

Ensuite, je me suis dit que j’étais quand même un peu bête parce que JI… Ce n’est pas un réseau social à proprement parler. Mais je m’expose tout autant - voire plus.

Et être acclamée me dérangerait très vite. L’orgueil est le péché capital que je dois combattre le plus régulièrement. Je m’en suis rendu compte quand je suis entrée au lycée : si j’avais été une de ces filles populaires, je ne suis pas sûre que j’aurais réussie à ne pas être odieuse avec les autres.

Mais c’est ce que vit la génération de mon âge. Les réseaux sociaux, je veux dire. Et j’en suis totalement coupé. Je ne sais pas si je le regretterai à long terme.
Et je trouve ça un peu… eh bien, absurde de m’interroger là-dessus.

Mon projet actuel par exemple. Pour rien au monde je ne le détaillerais et l’exposerais à la vue de tous. Même ici ! Ici, je peux en parler légèrement… coder, insinuer, effleurer… mais pas plus.
J’ai l’impression de perdre des morceaux de moi. L’impression que je vais devenir vieille à trente ans, car je ne suivrai d’ici là plus aucune des avancées technologiques. Dans une semaine tout pile, ma vingtaine se limitera à 5 années. À dépenser selon mon choix. Les meilleures années de ma vie. Je les vois défiler alors que je suis cachée. Heureuse, enfin, mais cachée.

Revenons au sujet. Être acclamé, ça a l’air sympa. On a l’air de se sentir plus fort au quotidien. Et - un détail qui m’a fait rire - c’est que "nous" sommes tous des stars aujourd’hui.
Ça, je trouve que c’est une évolution vraiment géniale. Quand on ne dérive pas vers les abus, bien sûr, comme dans tout. Mais tout le monde peut devenir une star maintenant. On a tendance à vouloir savoir des choses sur les gens qu’on suit et qui sont beaucoup suivis presque autant que sur les chanteurs, acteurs, etc.

Cette pensée me met vraiment en joie. Cela souligne le potentiel unique de chaque être humain. Ça me plaît. Cela reste arbitraire, car les circonstances de la vie peuvent pousser une personne au lieu d’une autre, mais demeure très encourageant à mes yeux.

Très enthousiasmant.

Ou peut-être que ma liberté nouvelle me fait dérailler.

Cette personne, pour en revenir à son exemple, est complimentée et encouragée par des centaines d’inconnus, alors que nos agissement et nos valeurs se ressemblent.
J’imagine que mon euphorie à ce propos signifie que je suis en accord avec moi-même, avec ce que je veux. Être acclamée, c’est un bonus. Un bonus non vital.

J’ai connu aussi un pur moment de nostalgie. J’ai fait une liste de tous ces films des années 80/90 qui sont cultes pour ma génération ; mais vont-ils disparaître poussés par les références de la nouvelle ? Ce serait un processus naturel, rien à redire là-dessus.
Mais ma tendresse pour eux me titille. Pourtant, aucun film dit culte, quelle que soit l’époque, n’est en soi-même plus qu’un (bon) film. Chacun ses goûts, et tout se renouvelle continuellement. Le passé n’était pas un temps meilleur que le présent.

Pourtant. On ressent de la nostalgie, parfois. Ça n’a aucun sens. Et ça continue à tourner.

Voilà où j’en suis dans mes réflexions du moment. Je suis tellement heureuse, à simplement lire, écrire, jouer. À tel point que - alors que je suis volontairement isolée de tout et de tous - je me demande si mon cœur va le supporter.